Le lobbying de l’industrie du tabac au Parlement européen s’est amplifié depuis 2024

Les eurodéputés ont déclaré quatre fois plus de rencontres avec des représentants des secteurs du tabac et de la nicotine au cours des deux premières années de la législature actuelle que pendant l’ensemble du mandat précédent, selon une analyse de données réalisée par POLITICO. Depuis l’entrée en fonction du Parlement européen à l’été 2024, plus de 400 réunions ont été déclarées, contre environ 100 entre 2019 et 2024. Ces données, recueillies par Smoke Free Partnership, une coalition d’ONG antitabac, proviennent du registre de transparence de l’Union européenne, dans lequel les parlementaires sont tenus de déclarer publiquement leurs rencontres. Environ 75 % des réunions recensées depuis 2024 ont impliqué des élus de groupes politiques de droite : le Parti populaire européen (PPE), les Conservateurs et réformistes européens (ECR) et les Patriotes pour l’Europe.

Cette augmentation intervient alors que l’Union européenne prépare la révision de plusieurs textes relatifs aux produits du tabac et de la nicotine, notamment les règles encadrant leur commercialisation et leur publicité, ainsi que la fiscalité. Les mesures européennes de lutte contre les cancers et les maladies cardiovasculaires constituent également des sujets de discussion. Plusieurs eurodéputés s’inquiètent de l’accès de l’industrie aux responsables politiques pendant l’élaboration de mesures destinées à prévenir les maladies et les dépendances liées à ses produits. Tilly Metz, élue des Verts/Alliance libre européenne, juge notamment préoccupant que les industriels rencontrent davantage les parlementaires que les ONG et associations engagées dans la lutte contre le tabagisme.

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