L’arôme vanille des cigarettes électroniques pourrait perturber le développement embryonnaire
24 août 2026
Par: Comité national contre le tabagisme
Dernière mise à jour : 17 août 2026
Temps de lecture : 5 minutes
Des chercheurs ont appelé à mieux informer les femmes enceintes et celles qui envisagent une grossesse à propos d’un risque associé à la vanilline, un ingrédient le plus souvent associé aux arômes de vanille et fréquemment utilisé comme agent aromatisant dans les e-liquides. L’étude, menée à l’université de Californie à Riverside et publiée dans la revue Human Reproduction, a examiné les effets de cette substance sur des cellules souches embryonnaires humaines en laboratoire[1]. S’ils ne peuvent pas affirmer avec certitude que les mêmes effets seraient observés chez les femmes et leurs embryons, les chercheurs avertissent cependant que de faibles concentrations de vanilline pourraient atteindre l'embryon chez les femmes enceintes et mettent en garde contre le vapotage pendant la grossesse, en particulier si les femmes rencontrent des difficultés à concevoir ou subissent des fausses couches.
Des effets observés sur des cellules embryonnaires, à considérer avec prudence
Les chercheurs ont exposé ces cellules à différentes concentrations de vanilline et ont observé que de très faibles concentrations pouvaient altérer la capacité des cellules à se différencier en différents types cellulaires, tandis que des concentrations plus élevées entraînaient la mort cellulaire.
« Nous nous sommes concentrés sur la vanilline parce qu'elle est fréquemment utilisée dans les liquides pour cigarettes électroniques, qu'elle est souvent utilisée à des concentrations élevées et parce que nous savions que les cellules embryonnaires possédaient un canal appelé TRPV4 à leur surface qui était susceptible de se lier à la vanilline », a expliqué la professeure Prue Talbot, de l'Université de Californie à Riverside, aux États-Unis, qui a dirigé l'étude.
Plusieurs spécialistes ont toutefois souligné qu’il s’agit d’une étude préclinique réalisée in vitro. Le professeur Jacob George, de l’Université de Dundee, a indiqué que ces résultats étaient préoccupants et méritaient des recherches cliniques complémentaires, tout en rappelant qu’un effet observé sur des cellules en laboratoire ne se traduit pas nécessairement par un effet chez l’être humain.
La professeure Marian Knight, de l’Université d’Oxford, a également rappelé que les conditions d’exposition utilisées dans l’étude diffèrent de celles auxquelles un embryon serait exposé lors du vapotage maternel. Elle note que certains effets n’apparaissaient qu’à des concentrations probablement peu susceptibles d’être atteintes chez le fœtus, même si quelques effets ont été observés à des niveaux pouvant être retrouvés dans le sang maternel.
Un débat plus large sur les arômes des cigarettes électroniques
Ces résultats alimentent ainsi les inquiétudes persistantes concernant les effets potentiels du vapotage pendant la grossesse et soulignent la nécessité de mener davantage de recherches sur les substances chimiques contenues dans les liquides pour cigarettes électroniques. Selon les chercheurs, les femmes qui tentent de concevoir un enfant ainsi que celles qui sont déjà enceintes devraient être informées des risques, tandis que les organismes de réglementation devraient envisager d'obliger les fabricants des marques de cigarettes électroniques à indiquer tous les ingrédients sur leur emballage.
Récemment, la FDA a changé de direction en autorisant des arômes de vapotage en l’absence de tout argument scientifique, et en dépit d’une note scientifique de la FDA elle-même dans laquelle cette dernière rappelle que les arômes fruités et sucrés de vapotage n’offrent aucun intérêt supplémentaire pour le sevrage tabagique et sont même susceptibles d’augmenter la dépendance.
Aux États-Unis comme ailleurs, l’interdiction des arômes de vapotage comme mesure de santé publique gagne du terrain
De nombreuses organisations de santé publique militent par ailleurs pour l’interdiction pure et simple des arômes dans les produits de vapotage, sauf celui de tabac. Cette demande se fonde sur la méconnaissance de leurs effets sur la santé et sur la forte attractivité qu’ils exercent, couplés à des emballages colorés, sur les jeunes et les non-fumeurs. Aux États-Unis, plusieurs localités et États fédéraux ont ainsi déjà interdit les arômes et d’autres collectivités l’envisagent.
À l’international, cette démarche progresse également. Au Canada, cette interdiction est à l’étude dans certaines provinces et celle du Québec l’a déjà adoptée. En Europe, les Pays-Bas, la Belgique ou encore la Lettonie et la Slovénie ont déjà interdit les arômes dans les produits de vapotage, et d’autres pays ont déclaré l’envisager comme la République tchèque.
En France, les experts de santé publique comme le Comité national contre le tabagisme (CNCT) soutiennent depuis plusieurs années une telle mesure et appellent l’Union européenne à généraliser cette interdiction, dans le cadre de la révision de la directive sur les produits du tabac (TPD) qui concerne tout particulièrement les produits du vapotage.
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[1]Etemadi S., Talbot P., Nanomolar vanillin, an e-cigarette flavorant, appears to disrupt pluripotency and promote endodermal differentiation in human embryonic stem cells via TRPV4 activation, Human Reproduction, publié le 12 août 2026, consulté le 14 août 2026