Des données américaines soulignent le rôle des arômes dans la hausse du vapotage des jeunes
28 avril 2026
Par: Comité national contre le tabagisme
Dernière mise à jour : 27 avril 2026
Temps de lecture : 5 minutes
De nouvelles données de la CDC Foundation confirment le rôle déterminant des arômes dans l’initiation et l’usage des cigarettes électroniques chez les jeunes. Issues de l’étude TEEN+, elles montrent que plus de 90 % des utilisateurs ont commencé avec des produits aromatisés, majoritairement fruités. Ces résultats renforcent les préoccupations des autorités sanitaires, notamment de la Food and Drug Administration, quant à l’attractivité de ces produits pour les jeunes et appellent à un encadrement réglementaire plus strict, dans un contexte de diffusion persistante du vapotage et de forte présence de produits non autorisés sur le marché.
Les arômes, un facteur d’initiation et de sous-estimation des risques chez les jeunes
De nouvelles données ont été publiées par la CDC Foundation dans le cadre de son étude « Tobacco Epidemic Evaluation Network » (TEEN+), une cohorte longitudinale représentative à l'échelle nationale, basée sur l'adresse, qui porte sur les adolescents et les jeunes adultes et qui est menée deux fois par an depuis juillet 2022. TEEN+ permet de recueillir des estimations actualisées afin d'évaluer les comportements et les perceptions des adolescents et des jeunes adultes à l'égard des produits du tabac et de la nicotine, dans un contexte où les politiques et l'offre de produits évoluent rapidement. Le plan d'échantillonnage permet de calculer des estimations représentatives à l'échelle nationale.
L’enquête menée en 2025 auprès de 1 984 adolescents (13-17 ans) et 7 690 jeunes adultes (18-28 ans) met en évidence le rôle central des arômes dans l’usage des cigarettes électroniques chez les jeunes[1].
La quasi-totalité (92,5 %) des adolescents et des jeunes adultes ayant déjà utilisé des cigarettes électroniques ont commencé par un produit aromatisé, le fruité étant le premier arôme le plus fréquemment cité par 59,8 % des adolescents et 48,2 % des jeunes adultes.
La quasi-totalité (94,6 %) également des adolescents et des jeunes adultes, déclarant avoir utilisé une cigarette électronique au cours des 30 jours précédant l’enquête, indiquent avoir utilisé des cigarettes électroniques aromatisées au cours de cette période. Les proportions sont respectivement 96,3 % des jeunes et 94,2 % des jeunes adultes. Les saveurs de cigarettes électroniques les plus couramment utilisées par les jeunes et les jeunes adultes sont les celles aux fruits, de confiseries et desserts y compris le chocolat, la menthe ou le menthol.
L’arôme tabac est en revanche peu mentionné : 5,4 % des consommateurs avaient utilisé un produit arôme tabac au cours des 30 jours précédant l’enquête.
Un appel à réglementer davantage les arômes de cigarettes électroniques aux États-Unis
Ces résultats confirment que les arômes favorisent l’initiation et l’usage continu, en particulier chez les jeunes. Ils confortent la position de la Food and Drug Administration (FDA), selon laquelle ces produits présentent un risque important pour cette population, justifiant le contrôle et l’autorisation conditionnée des arômes attrayants à des preuves scientifiques de niveau élevé. Ainsi, un produit ne peut être autorisé par la FDA que si sa commercialisation est jugée « appropriée pour la protection de la santé publique », c’est-à-dire que les bénéfices potentiels pour les fumeurs adultes sont supérieurs sur les risques pour les non-consommateurs, en particulier les jeunes.
L’ONG Campaign for Tobacco-Free Kids appelle ainsi les autorités à des exigences strictes avant toute autorisation de mise sur le marché de produits aromatisés[2] et à renforcer les politiques publiques contre l’usage de ces produits. Bien que les États-Unis aient réalisé des progrès considérables dans la réduction de l'usage de la cigarette électronique chez les jeunes, avec une consommation entre 2023 et 2024 de cigarettes électroniques chez les élèves du secondaire passée de 7,7 % à 5,9 %, plus de 1,4 million d'élèves du secondaire continuent d'y avoir recours[3]. Par ailleurs, ces données soulignent également d’après l’ONG l’ampleur du marché des produits non autorisés : seuls 39 dispositifs ont été approuvés par la FDA, mais environ 70 % des ventes concerneraient des produits illégaux. Un renforcement des contrôles par les autorités compétentes est jugé nécessaire.
Actuellement, seuls la Californie et le Massachusetts interdisent la vente de la plupart des produits de vapotage aromatisés (hors tabac) : une loi entrée en vigueur mi-2020 a fait du Massachusetts le premier État du pays à interdire la vente au détail de produits de tabac et de vapotage aromatisés, y compris les cigarettes mentholées. Ces produits ne peuvent désormais être achetés que pour consommation sur place dans les bars à tabac agréés.
Le rôle des arômes dans l’attractivité et l’addiction aux cigarettes électroniques est pointé dans un nombre croissant de pays. Au Canada, une coalition de santé publique et un décideur politique ont décidé d’accentuer la lutte contre les arômes de vapotage. En Europe, la Belgique a encore récemment appelé l’UE à réglementer plus strictement ces produits, notamment à interdire les arômes autres que celui du tabac, à l’image de ce que les Pays-Bas ont déjà fait, afin de limiter l’attrait des jeunes pour les arômes colorés, sucrés ou fruités qui incitent à l’initiation et contribuent à l’installation de la dépendance.
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[1]CDC Foundation, Monitoring Tobacco Product Use Among Youth and Young Adults in the U.S., TEEN+ Data Snapshot, Volume 3, publié en 2026, consulté le 24 avril 2026
[2]Yolonda C. Richardson, New Data Highlight Role of Flavors in Driving E-Cigarette Use among Youth and Young Adults, Campaign for Tobacco-Free Kids, publié le 23 avril 2026, consulté le 24 avril 2026
[3]Park-Lee E., Jamal A., Cowan H. et al., Notes from the Field: E-Cigarette and Nicotine Pouch Use Among Middle and High School Students — United States, 2024, MMWR Morb Mortal Wkly Rep 2024;73:774–778, publié le 5 septembre 2024, consulté le 27 avril 2026