La Belgique interdit les arômes de cigarettes électroniques

7 mai 2026

Par: Comité national contre le tabagisme

Dernière mise à jour : 5 mai 2026

Temps de lecture : 5 minutes

La Belgique interdit les arômes de cigarettes électroniques

La Belgique interdira à partir du 1er septembre 2028 les arômes attractifs dans les cigarettes électroniques, à l’exception de l’arôme de tabac, afin de prévenir l’initiation ou encourager l’arrêt du vapotage chez les non-fumeurs, surtout les jeunes. La mesure a été validée par le Conseil des ministres sur proposition du ministre de la Santé publique, Frank Vandenbroucke[1], qui souhaite étendre à l’Union européenne de telles mesures préventives.

Un objectif de santé publique avec en point de mire la protection des jeunes

Le gouvernement dit vouloir limiter le vapotage chez les jeunes et prévenir l’entrée d’une nouvelle génération dans la dépendance à la nicotine. Selon le ministre, les arômes rendent les produits plus attractifs et peuvent masquer leur nocivité. Le cabinet du ministre a pris pour exemple les cigarettes électroniques jetables ou « puffs », interdites en Belgique depuis le 1er janvier 2025, qui contenaient des substances dangereuses telles que des pesticides ou du plomb, tout en ayant par exemple un goût et un parfum de menthe, de pomme, de pop-corn ou de framboise. Cela corrobore les résultats d’une récente étude américaine de la CDC Foundation, le « Tobacco Epidemic Evaluation Network » (TEEN+), qui a mis en garde sur les arômes de vapotage qui constituent un facteur important d’initiation et de sous-estimation des risques chez les jeunes. L’interdiction des cigarettes électroniques jetables n’a par ailleurs pas signifié la fin des arômes attractifs utilisés pour les autres dispositifs de vapotage.

Or, une enquête conduite en 2024 par le SPF Santé publique dans 902 points de vente répartis sur l’ensemble du territoire belge a mis en évidence un non-respect massif de l’interdiction de vente de produits du tabac et du vapotage aux mineurs : 54 % des commerçants acceptent de vendre ces produits à des mineurs, confirmant leur très forte accessibilité. En l’absence de contrôles efficaces et sanctions dissuasives pour les vendeurs, la disparition des cigarettes électroniques jetables et une simple interdiction de vente des cigarettes électroniques aux mineurs ne sont donc pas suffisantes pour combattre l’épidémie nicotinique.

La volonté de s’inscrire dans une dynamique européenne et mondiale

En prenant cette mesure, le Conseil des ministres suit l’avis du Conseil supérieur de la Santé (CSS), ajoute le ministre. En effet, en novembre 2025, le CSS a recommandé de réduire drastiquement le nombre d’arômes autorisés pour les cigarettes électroniques. Il avait notamment souligné que, lorsque des mesures sont prises, la protection des jeunes devait toujours primer sur les préférences gustatives des utilisateurs adultes. Le Conseil a également jugé important que la Belgique harmonise sa politique avec celle des pays voisins, afin d’éviter autant que possible les achats transfrontaliers. La Belgique s’aligne ainsi sur les Pays-Bas, où seul l’arôme de tabac est encore autorisé depuis le 1er octobre 2023, a expliqué le cabinet : « aux Pays-Bas, il est d’ailleurs déjà apparu qu’une telle mesure faisait reculer le vapotage, certainement chez les jeunes. Une évaluation réalisée dans ce pays par l’Institut national pour la santé publique et l’environnement (RIVM) a montré que deux cinquièmes des utilisateurs vapotaient moins. 22 % ont même déclaré avoir totalement arrêté grâce à l’interdiction des arômes. ».

Le communiqué officiel précise que cette décision s’inscrit dans la politique de « génération sans tabac » de la Belgique, consistant à atteindre une prévalence tabagique adulte inférieure à 5 % d’ici 2040, alignée sur les objectifs de l’Union européenne.

Au-delà, le ministre entend « poursuivre la lutte » contre la cigarette électronique en Europe, en pleine période de révision des règles européennes sur le tabac et les nouveaux produits à la nicotine. En mars 2026, le ministre belge avait demandé à l’UE de limiter les ingrédients autorisés dans les produits de vapotage, de généraliser l’interdiction des arômes sauf celui du tabac et d’interdire les puffs chez les vingt-sept États membres. Le texte de la Commission européenne concernant la réglementation des produits du tabac et du vapotage est attendu d’ici la fin de l’année.

Ce mouvement va bien au-delà de l’Europe puisque d’après l’un des derniers recensements disponibles, la Belgique serait le vingtième pays dans le monde à interdire totalement ou en majeure partie les arômes attrayants de vapotage[2], sans compter qu’au moins 46 pays interdisent les produits du vapotage à la commercialisation.

©Génération Sans Tabac

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[1]Adrien Mouchet, « Il faut y mettre un terme » : une interdiction va toucher la cigarette électronique, les jeunes vapoteurs particulièrement visés, RTL Info, publié le 30 avril 2026, consulté le 4 mai 2026

[2]Global Center for Good Governance in Tobacco Control, E-CIGARETTE BAN & REGULATION: Global Status as of May 2025, publié le 4 juin 2025, consulté le 4 mai 2026

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