Le ministre belge de la Santé veut interdire tous les arômes de cigarette électronique, à l’exception du tabac

22 novembre 2025

Par: Comité national contre le tabagisme

Dernière mise à jour : 24 novembre 2025

Temps de lecture : 4 minutes

Le ministre belge de la Santé veut interdire tous les arômes de cigarette électronique, à l’exception du tabac

En Belgique, le Vice-Premier Ministre et ministre de la Santé et des affaires sociales, Frank Vandenbroucke, souhaite interdire l’ensemble des arômes de cigarettes électroniques, à l’exception de l’arôme tabac[1]. Cette proposition s’appuie sur un nouveau rapport du Conseil supérieur de la Santé et vise tant à limiter l’attrait des produits de vapotage pour les jeunes qu’à prévenir l’initiation à la nicotine.

Des arguments de santé publique s’appuyant sur le voisin néerlandais

Selon le ministre, les arômes sucrés et fruités contribuent à attirer les mineurs et masquent les risques liés au vapotage. Des enquêtes récentes indiquent une augmentation notable de l’expérimentation et de l’usage régulier de la cigarette électronique chez les élèves, avec près d’un tiers ayant déjà essayé ce produit et une utilisation hebdomadaire environ quatre fois plus élevée qu’en 2020. En outre, 6 % des jeunes Belges vapotent quotidiennement.

« La vape est une invention d’une industrie criminelle qui veut rendre une nouvelle génération d’enfants dépendants de la nicotine », a déclaré M. Vandenbroucke. « Les nombreux arômes camouflent l’énorme nocivité du produit. »[2].

Le Conseil supérieur de la Santé, qui exprimait auparavant des réserves sur une interdiction totale, estime désormais qu’un cadre plus strict est nécessaire, considérant que la protection des jeunes doit primer sur l’argument selon lequel certains arômes pourraient aider au sevrage.

Le ministre cite l’exemple des Pays-Bas, où seuls les arômes tabac sont autorisés depuis janvier 2024. Neuf mois après l’entrée en vigueur de la mesure, près de 30 % des utilisateurs auraient déclaré vapoter moins et plus de 20 % auraient cessé sans reprendre la cigarette classique.

Toutefois, il souligne qu’aux Pays-Bas, des produits aromatisés illégaux continuent de circuler, comme sur les réseaux sociaux comme Snapchat où ils sont à portée de clients mineurs, ce qui souligne la nécessité d’une application rigoureuse de toute future interdiction et la prise en compte des modalités de vente au détail pour rendre cette disposition pleinement effective. Aucune date d’entrée en vigueur n’a pour l’instant été annoncée en ce qui concerne la Belgique, mais le ministre souhaite avancer rapidement.

Une décision ancrée dans un contexte de lutte antitabac et de dépendance à la nicotine plus vaste

Ce projet s’inscrit dans une série de mesures déjà prises par le gouvernement au cours des cinq dernières années qui ont en vue la protection des jeunes. Ainsi, le gouvernement belge a introduit en 2023 un ensemble de mesures concernant spécifiquement les produits du vapotage dont l’interdiction des designs et slogans « tape-à-l'œil »[3], et interdit les cigarettes électroniques jetables ou « puffs » depuis le 1er janvier 2025. D’autres dispositions concernent l’ensemble des produits du tabac et autres produits à la nicotine non thérapeutiques comme la suppression de l’étalage des produits dans les lieux de vente depuis le 1er avril 2025. Enfin, est prévue l’interdiction de fumer et vapoter en terrasse à partir de 2027.

La Belgique, à travers sa « Stratégie interfédérale 2022-2028 pour une génération sans tabac », s’est fixée un objectif de consommation quotidienne à moins de 6 % chez les 15-24 ans d’ici 2028, avant d’atteindre presque 0 % de nouveaux fumeurs d’ici 2040. D’après Tobacco Atlas, 22,9 % des Belges de 15 ans et plus et 3,9 % des Belges de 10-14 ans fumaient en 2022, le tabagisme causant en tout 11,2 % des décès nationaux.

Si l’Alliance pour une société sans tabac a pu regretter l’absence de dispositions plus ambitieuses par manque de consensus transpartisan, le ministre a affirmé qu’il n’y avait pas, selon lui, de futur pour l’industrie du tabac en Belgique.

Frank Vandenbroucke est d’ailleurs présent à 11e session de la COP de la CCLAT qui se tient du 17 au 22 novembre à Genève. Cette dernière doit tout particulièrement aborder de nouvelles dispositions en vue d’une génération sans tabac et plus particulièrement lutter contre le désastre environnemental des produits du tabac.

©Génération Sans Tabac

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[1]Belga News Agency, Health minister plans major vape flavour ban to protect young people, publié le 19 novembre 2025, consulté le même jour

[2]RTL Info, Frank Vandenbroucke veut interdire tous les arômes de vape en Belgique… sauf un : « Une invention d’une industrie criminelle », publié le 19 novembre 2025, consulté le même jour

[3]Génération sans tabac, Belgique : la moitié des détaillants de vapotage vendent des produits illicites, publié le 13 janvier 2025, consulté le 19 novembre 2025

Comité national contre le tabagisme |

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