En France, la nouvelle édition du Défi de janvier souligne l’importance des campagnes de marketing social
6 janvier 2026
Par: Comité national contre le tabagisme
Dernière mise à jour : 31 décembre 2025
Temps de lecture : 7 minutes
Le Défi de janvier lance sa septième édition du 1er au 31 janvier 2026[1]. Il s’agit de la déclinaison française du « Dry January », né au Royaume-Uni en 2013 et depuis étendu à de nombreux pays en Europe et dans le monde, visant à encourager la baisse voire l’arrêt de la consommation d’alcool. Selon les organisateurs, cette campagne de prévention est désormais largement reconnue, y compris dans des contextes du quotidien comme les cafés et restaurants, où les alternatives sans alcool se développent. Ce type de large campagne de marketing social s’inscrit dans la même perspective que Mois sans tabac, organisé chaque année en novembre, dont l’efficacité sanitaire et économique a été particulièrement démontrée.
Une notoriété croissante, en particulier chez les jeunes adultes
En France, l'opération du Défi de janvier ne bénéficie pas d’un soutien institutionnel comme Mois sans tabac, étant portée par des réseaux régionaux et des acteurs de la société civile tels que la Société française d'alcoologie, l'Association Addictions France, la Fédération française d'addictologie, la Ligue nationale contre le cancer et la Fédération addiction.
Chaque année, le Défi de janvier rassemble 4,5 millions de Français (d’après les estimations de 2024), les invitant à interroger et mieux maîtriser leur consommation d’alcool, à leur propre rythme et en fonction de leurs objectifs personnels, alors que la France demeure fortement touchée par l’alcoolisme : l’édition 2025 du Panorama de la santé publiée par l’OCDE relève un niveau de consommation d’alcool supérieur à la moyenne internationale, avec 10,4 litres d’alcool pur par habitant, contre 8,5 litres en moyenne dans l’ensemble de l’OCDE.
Le Défi de janvier met à disposition des participants des mails réguliers de soutien et d’encouragement tout au long du mois, de l’entraide sur les réseaux sociaux et les applications Try Dry et MyDéfi. Ce dernier, développé par des professionnels de santé, permet aux participants de suivre leur consommation et de contribuer à la production de données utiles à la recherche, tout en bénéficiant d’un accompagnement informatif et pratique.
D’après une enquête de 2025 réalisée par l’institut Toluna Harris Interactive pour le collectif associatif porteur du Défi de janvier[2], plus de la moitié des Français (55 %) déclarent avoir déjà entendu parler de cette initiative, dont 37 % affirmant savoir précisément de quoi il s’agit.
Parmi les personnes qui consomment de l’alcool, une sur deux se dit prête à participer à l’édition 2026. Parmi elles, 31 % envisagent de ne pas boire du tout d’alcool, et 19 % de réduire significativement leur consommation habituelle.
Cette intention est particulièrement élevée chez les jeunes adultes : 76 % des 18-24 ans et 69 % des 25-34 ans envisagent de participer, contre 39 % des personnes de plus de 50 ans.
Les plus jeunes sont également plus nombreux à déclarer vouloir s’abstenir totalement d’alcool durant le mois de janvier.
Une démarche de santé et de bien-être aux bénéfices rapides et durables
Cette dynamique s’inscrit dans une tendance plus large de remise en question des normes de consommation d’alcool, notamment chez les jeunes générations. Des travaux de recherche récents montrent une baisse progressive de la consommation d’alcool et une attention accrue portée au bien-être, à la santé, à l’alimentation et à l’équilibre de vie.
Les motivations citées par les participants potentiels au Défi de janvier reflètent ces préoccupations : amélioration de la santé et du bien-être, récupération après les fêtes de fin d’année, ou encore défi personnel. À la différence des fumeurs et de leurs motivations à arrêter, les considérations financières apparaissent comme un facteur secondaire.
Une étude menée par la Société française d’alcoologie et d’addictologie auprès de participants à l’édition 2025 met en évidence des bénéfices rapides et durables : les résultats indiquent une amélioration de la santé mentale, de la forme physique, de la qualité du sommeil, ainsi qu’une réduction significative et prolongée de la consommation d’alcool chez une majorité des participants, sans effet de compensation ultérieur.
Ainsi, huit mois après avoir participé au Défi de janvier, 58 % des personnes interrogées déclarent avoir réduit leur consommation d’alcool[3]. Cette initiative de santé publique s’affirme aujourd’hui comme la plus performante en matière de prévention des risques liés à l’alcool.
Le Défi de janvier est également présenté comme une démarche non stigmatisante, pouvant être menée individuellement ou collectivement.
Cette action de santé publique efficace se rattache à la campagne de marketing social Mois sans tabac
À chaque novembre est organisé dans une perspective proche Mois sans tabac, encourageant au sevrage tabagique pendant un mois entier : arrêter de fumer pendant 30 jours multiplie en effet par cinq les chances de réussir à long terme.
Cette campagne est bénéfique pour la santé publique : depuis son lancement en 2016, plus de 1,4 million d’inscriptions en ligne ont été enregistrées sur le site Mois sans tabac et deux fois plus de personnes auraient fait une tentative d’arrêt liée à Mois sans tabac[4].La baisse tendancielle du tabagisme des adultes a été renforcée par ce dispositif comme le soulignent les dernières enquêtes de Santé publique France : en 2024, 24 % des adultes de 18 à 79 ans déclaraient fumer du tabac (contre 32 % en 2021), dont 17,4 % quotidiennement (contre 25 % en 2021). Cela a permis d’éviter de nombreux cas d’infections respiratoires basses, de cancers et de maladies cardiovasculaires.
Elle est aussi particulièrement coût-efficace d’après Santé publique France et l’OCDE : sur la période 2023-2050, elle pourrait permettre d’économiser chaque année 94 millions d’euros en dépenses de santé et 85 millions d’euros en améliorations de l’emploi et de la productivité[5]. Avec un coût annuel de 12,5 millions d’euros, cette campagne offre un retour sur investissement de 7 euros pour 1 euro investi, voire de 14 euros si l’on inclut les conséquences sur le marché du travail.
Cette mobilisation récurrente constitue une composante essentielle de la lutte antitabac et s’inscrit dans le cadre d’une stratégie d’ensemble, avec différentes mesures éprouvées mises en œuvre dans le cadre du Programme national de lutte contre le tabac 2023–2027, dont l’objectif à long terme est de parvenir à une génération sans tabac d’ici 2032.
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[1]France Assos Santé, Défi de janvier 2026 : on est sûr d’y gagner !, publié le 29 décembre 2025, consulté le même jour
[2]Toluna Harris Interactive, Les Français et le Défi de janvier, publié en décembre 2025, consulté le 29 décembre 2025
[3]Service de prévention et de santé au travail de la région nantaise, Défi de janvier : une pause d’un mois qui change durablement les habitudes, publié le 29 décembre 2025, consulté le même jour
[4]Santé publique France, Mois sans tabac 2025 : la 10ème édition est lancée !, publié le 6 octobre 2025, consulté le 30 décembre 2025
[5]Guignard R, Devaux M, Nguyen-Thanh V, Lerouge A, Dorfmuller Ciampi M, Cecchini M et al., Évaluation sanitaire et économique de Mois sans tabac : un retour sur investissement positif, Bull Épidémiol Hebd. 2024;(22):492-8, http://beh.santepubliquefrance.fr/beh/2024/22/2024_22_1.html, consulté le 31 décembre 2025