ASH appelle le gouvernement britannique à taxer l’industrie du tabac en tant qu’industrie nocive

28 juillet 2026

Par: Comité national contre le tabagisme

Dernière mise à jour : 27 juillet 2026

Temps de lecture : 5 minutes

ASH appelle le gouvernement britannique à taxer l’industrie du tabac en tant qu’industrie nocive

Le nouveau Premier ministre britannique Andy Burnham a annoncé son intention de réduire de 20 % les taxes professionnelles appliquées aux pubs, clubs et salles de musique, en finançant notamment cette mesure par une révision des exonérations accordées à certaines entreprises jugées nocives et moins contributives, parmi lesquelles les boutiques de vapotage non réglementées[1]. L’organisme antitabac ASH exhorte le gouvernement à aller plus loin en taxant également et surtout l’industrie du tabac.

La taxation des boutiques de vapotage dans la ligne de mire du Premier ministre

L’annonce du premier ministre britannique de taxer plus spécifiquement les boutiques de vapotage intervient dans un contexte où ces commerces font l'objet de critiques croissantes au Royaume-Uni : certains habitants associent leur développement au déclin des centres-villes et s'inquiètent de possibles liens avec des activités illégales, notamment la vente de produits illicites ou le blanchiment d'argent. Le gouvernement britannique a ainsi confirmé que « Les changements annoncés aujourd'hui [en matière de réduction de la taxe professionnelle] seront intégralement financés, notamment grâce à un réexamen des aides accordées aux entreprises qui ne contribuent pas positivement à la vie locale, comme les boutiques de cigarettes électroniques. »[2].

ASH appelle le gouvernement à compléter cette mesure par une taxation des cigarettiers

Pour ASH, si l'objectif est de faire davantage contribuer les secteurs ayant un impact négatif sur la société, l'industrie du tabac devrait également être concernée. L'association défend depuis plusieurs années la mise en place d'une contribution spécifique prélevée sur les bénéfices des fabricants de tabac, en accord avec les bonnes pratiques et recommandations de la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac (CCLAT).

Selon ses estimations, cette mesure pourrait générer environ 5 milliards de livres sterling (5,8 milliards d’euros) sur cinq ans. Ces recettes pourraient financer des dispositifs d'aide à l'arrêt du tabac et d'autres politiques publiques.

En parallèle, le Groupe de recherche sur la lutte antitabac de l'Université de Bath a récemment évoqué la possibilité d’une taxation des cigarettiers sur le principe « pollueur-payeur » : faire baisser les prix de gros du tabac les plus élevés tout en compensant cette baisse par une hausse des droits d’accise, afin de maintenir le prix moyen du tabac à un niveau stable. Selon les chercheurs, cette approche permettrait de réduire la marge de fixation des prix par l’industrie, plutôt qu’à faire porter l’effort financier sur les seuls consommateurs et les détaillants.

Le très lourd fardeau sanitaire et économique du tabac au Royaume-Uni

ASH rappelle que le tabac reste la première cause de décès prématurés évitables au Royaume-Uni, avec environ 80 000 décès annuels liés au tabagisme. Selon les données de la structure, le coût annuel du tabac pour la société en Angleterre atteindrait 44,8 milliards de livres sterling (52,4 milliards d’euros).

L'organisation estime par ailleurs que l'industrie du tabac contribue peu à l'économie britannique, avec environ 5 000 emplois directs, tandis qu'une société sans tabac pourrait générer jusqu'à 135 000 emplois supplémentaires grâce à une réorientation des dépenses des ménages susceptibles de générer beaucoup plus de création d’activités.

Selon une enquête citée par ASH, 77 % des adultes britanniques seraient favorables à une contribution financière spécifique de l'industrie du tabac pour compenser les coûts liés à ses activités. Cela est d’autant plus nécessaire dans un pays qui se dit ambitieux en termes de lutte contre le tabac et la nicotine, avec la récente adoption du Tobacco and Vapes Bill. Cette dernière prévoit en effet une interdiction de vente de tabac générationnelle aux personnes nées après 2009 mais aussi le  renforcement possible de restrictions concernant les produits de vapotage.

Cette demande de taxation forte de l’industrie du tabac correspond, au-delà du cas britannique, à un mouvement mondial résultant notamment de l’ampleur des dégâts causés par cette industrie actuellement externalisés sur les sociétés et leurs contribuables. Ainsi en juin 2026, dans le cadre du mouvement « Make Big Tobacco Pay », des ONG, experts juridiques et organisations de la société civile de plusieurs continents se sont mobilisés afin de demander une plus grande responsabilisation de l’industrie du tabac pour les conséquences sanitaires, environnementales et économiques associées à ses produits.

©Génération Sans Tabac

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[1]If Andy Burnham is looking to tax businesses that ‘do not make a positive contribution to society’, he should start with big tobacco, Action on Smoking and Health, publié le 23 juillet 2026, consulté le 24 juillet 2026

[2]James Rodger, Andy Burnham confirms vape crackdown under his government with 72-hour rule, Birmingham Live, publié le 24 juillet 2026, consulté le même jour

Comité national contre le tabagisme |

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