Une étude américaine révèle que le vapotage double le risque de maladies pulmonaires graves, même sans antécédents de tabagisme
15 mai 2025
Par: Comité national contre le tabagisme
Dernière mise à jour : 13 mai 2025
Temps de lecture : 4 minutes
Une nouvelle étude publiée par l’Université d’Oxford révèle que le vapotage multiplie par plus de deux le risque de développer une maladie pulmonaire grave[1]. Cette étude longitudinale a démontré que les personnes qui vapotent, même sans avoir jamais fumé, ont 2,29 fois plus de chances de développer une broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO).
Le vapotage présente un risque accru de maladies pulmonaires
L’étude a été menée aux États-Unis et pendant plus de trois ans, 249 190 personnes ont été suivies parmi lesquelles 67,2 % étaient des femmes, 52 % des Blancs non hispaniques, 21,5 % des Noirs non hispaniques. Les résultats indiquent que l’utilisation exclusive de cigarette électronique, par rapport à la non-utilisation, n'était pas significativement associée au diabète sucré de type 2, à l'athérosclérose ou à l’insuffisance cardiaque. En revanche, l’utilisation de cigarettes électroniques était significativement associée à une broncho-pneumopathie chronique obstructive et pour les personnes des tranches d’âges de 30 à 70 ans, un lien a été observé avec l’hypertension artérielle.
L'utilisation exclusive de cigarettes combustibles et l'utilisation duale étaient fortement associées à tous les risques avec des niveaux de risques assez proches sauf pour celui d’athérosclérose pour lequel l’utilisation duale présente un risque significativement plus élevé que celui lié à l’utilisation exclusive de cigarettes combustibles.
Le Dr. Stuart Jones, pneumologue, explique que cette recherche est l’une des premières à mettre clairement en évidence les risques à long terme du vapotage seul[2]. Contrairement à de nombreuses études précédentes, où les participants avaient souvent un passé de fumeurs, celle-ci s’est concentrée uniquement sur des utilisateurs exclusifs de cigarettes électroniques. « C’est donc la première grande étude à prouver de manière claire que le vapotage seul peut entraîner une BPCO », précise-t-il.
Les preuves de la nocivité du vapotage s’accumulent
Selon d'autres recherches, les fumeurs exclusifs présentent un risque trois à cinq fois plus élevé de développer une BPCO, ce qui suggère que le vapotage seul demeure une alternative moins risquée que le tabac. « Le taux de diagnostic de la BPCO est plus élevé chez les fumeurs que chez les vapoteurs, donc le vapotage reste moins dangereux… mais les effets négatifs [du vapotage] à long terme sont bien réels », souligne le Dr. Jones.
Un autre aspect préoccupant concerne cependant les utilisateurs dits « duals », c’est-à-dire ceux qui fument et vapotent en même temps. Ces derniers présentent un risque encore plus élevé que les fumeurs exclusifs. « Le problème majeur concerne ceux qui font les deux : fumer et vapoter… ils sont les plus exposés car ces deux pratiques endommagent les voies respiratoires de manière différente, et combinées, les effets se cumulent », explique-t-il.
Letitia Harding, la directrice générale de la Fondation néo-zélandaise de l'asthme et des maladies respiratoires, a réagi à ces résultats en expliquant que « le vapotage n'est pas inoffensif - il ne l'a jamais été - et cette étude montre qu'il provoque des lésions pulmonaires irréversibles à long terme. […] L'industrie du vapotage utilise les mêmes tactiques que celles employées par Big Tobacco il y a plusieurs dizaines d'années, et il en résulte une nouvelle génération d'adolescents dépendants de la nicotine qui, nous le savons maintenant, risquent de développer une maladie respiratoire qui durera toute leur vie. »[3].
Les preuves de la nocivité des produits de vapotage s’accumulent au fil des recherches scientifiques, une étude américaine ayant encore récemment alerté sur les effets des concentrations de nicotine dans les e-cigarettes jetables. De même en Afrique du Sud, des professionnels de santé viennent de lancer l’alerte sur les dangers du vapotage pour la santé mentale des adolescents.
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[1]John Erhabor, Zhiqi Yao, Erfan Tasdighi, Emelia J Benjamin, Aruni Bhatnagar, Michael J Blaha, “E-cigarette Use and Incident Cardiometabolic Conditions in the All of Us Research Program”, Nicotine & Tobacco Research, 2025, https://doi.org/10.1093/ntr/ntaf067
[2]RNZ, Vaping doubles risk of serious lung disease, even without smoking history – study, publié le 2 mai 2025, consulté le 12 mai 2025
[3]New Zealand Doctor, Vaping causes incurable lung disease, groundbreaking study shows, publié le 2 mai 2025, consulté le 12 mai 2025