France : le tabagisme en recul, le vapotage en hausse
31 mai 2026
Par: Comité national contre le tabagisme
Dernière mise à jour : 29 mai 2026
Temps de lecture : 5 minutes
En 2025, le tabac continue de reculer en France, mais le vapotage progresse fortement, selon le bilan publié par l’OFDT à l’occasion de la Journée mondiale sans tabac[1]. Le document montre aussi une hausse des traitements d’aide à l’arrêt et un recours accru aux dispositifs d’accompagnement. Derrière ces tendances, le marché reste structuré par des disparités territoriales, une montée des nouveaux produits nicotiniques qui entretiennent la dépendance et des défis persistants pour la santé publique.
Un marché du tabac diversifié et globalement en baisse
Les volumes de tabac vendus dans le réseau des buralistes ont chuté de 8,2 % en 2025 par rapport à 2024 et ont représenté 30 165 tonnes en France continentale. Les ventes de cigarettes reculent de 8,7 %, celles de tabac à rouler de 9,6 %, celles de tabac chauffé de 22,9 % et celles des cigares de 2,4 %. En revanche, les autres produits du tabac (narguilé, tabac à pipe, à tuber, blunts…) restent globalement stables. Leur part de marché a plus que doublé depuis 2017, passant de 3 % à 8 %. Le chiffre d’affaires global du tabac atteint 18,4 milliards d’euros en 2025 en France continentale, un niveau stable depuis 2017 (19,3 milliards en 2024 et 18,1 milliards en 2017) malgré la baisse des volumes.
Par ailleurs, l’OFDT estime que les achats hors réseau représenteraient entre 10 % et 20 % des ventes globales imputables essentiellement à des achats transfrontaliers. L’OFDT note que si le poids des départements frontaliers reste important, la baisse des ventes y est désormais moins marquée qu’auparavant. Cette évolution s’explique en partie par les hausses de taxes observées chez plusieurs voisins européens comme la Belgique qui réduisent l’intérêt des achats transfrontaliers.
Le tabagisme en baisse mais encore élevé chez les adultes et un vapotage en hausse, surtout chez les jeunes
Avec un peu moins d’une personne sur cinq qui fume en 2024, niveau le plus faible depuis 2000, le tabagisme quotidien chez les 18-75 ans a diminué mais reste important. Le rapport précise qu’en 2024, 18,2 % des 18-75 ans déclarent fumer quotidiennement, contre 25 % en 2021. Les inégalités sociales restent cependant fortes : les ouvriers fument quotidiennement plus de deux fois plus que les cadres.
Chez les adolescents, le recul est net. En 2024, 7,7 % des collégiens et 30,6 % des lycéens ont indiqué avoir déjà fumé une cigarette, contre respectivement 11,4 % et 34 % en 2022. Le tabagisme quotidien concerne désormais 0,9 % des collégiens et 5,6 % des lycéens. L’OFDT souligne que, sur quinze ans, l’expérimentation a été divisée par quatre chez les collégiens et par deux chez les lycéens.
À l’inverse, le vapotage connaît une forte expansion. Chez les adultes de 18-75 ans, en 2023, 8,3 % ont déclaré avoir vapoté dans les douze mois précédant l’enquête, 6,1 % quotidiennement contre 2,7 % en 2022. Chez les jeunes, la progression est marquée : 46 % des lycéens ont déjà essayé la cigarette électronique en 2024 contre 35,1 % en 2014. L’usage quotidien poursuit sa hausse chez les lycéens, passant de 2,8 % en 2018 à 6,8 % en 2024, ainsi que l’usage quotidien exclusif : de 0,8 % en 2018 à 4 % en 2024. Cette évolution peut s’expliquer par l’attractivité de ces produits qui augmentent l’initiation et la dépendance à la nicotine chez les plus jeunes. L’OFDT note à cet égard que les cigarettes électroniques jetables ont été interdites en France depuis février 2025, dans une logique de réduction de l’attractivité pour les mineurs.
Le rapport rappelle que le marché du vapotage s’est fortement développé, porté par la diversification des produits, des arômes et des circuits de vente. Le chiffre d’affaires du secteur a presque doublé en cinq ans passant de 830 millions d’euros en 2020 à 1,6 milliard d’euros en 2025.
Un plus grand recours au sevrage tabagique mais l’accompagnement peut être renforcé
Le bilan relève aussi une dynamique plus favorable du côté de l’arrêt du tabac. Les ventes en pharmacies de traitements nicotiniques de substitution (sous forme orales, patchs…) ont augmenté de 7 % en 2025 par rapport à 2024, ainsi qu’une hausse des volumes vendus de 58 % depuis 2019. Le nombre de bénéficiaires uniques remboursés atteint 1 197 657 en 2025, soit 1,2 % de plus qu’en 2024. Cette progression est cohérente avec la montée des tentatives d’arrêt observées dans les enquêtes récentes.
L’aide téléphonique et numérique suit aussi cette dynamique, même si les évolutions sont contrastées. Le site Tabac Info Service a enregistré 4,2 millions de visites en 2025 contre 4 millions en 2024 et environ 61 000 appels ont été traités par les tabacologues en 2025, une hausse de 5,2 % par rapport à 2024. En revanche, les inscriptions au Mois sans tabac reculent, avec 117 568 visites pour l’édition 2025, soit une baisse de 12,2 % par rapport à 2024. Ces données montrent que la demande d’accompagnement et de prise en charge existe mais qu’il faut un suivi et poursuivre la mobilisation pour l’arrêt.
AD
[1]Douchet M.-A, Tabagisme et arrêt du tabac en 2025, Paris, OFDT, coll. Notes de bilan, 20 p., publié le 27 mai 2026, consulté le 28 mai 2026