Une enquête révèle une forte hausse du vapotage des jeunes au Brésil

30 mars 2026

Par: Comité national contre le tabagisme

Dernière mise à jour : 27 mars 2026

Temps de lecture : 4 minutes

Une enquête révèle une forte hausse du vapotage des jeunes au Brésil

La dernière édition de l’Enquête nationale sur la santé scolaire (PeNSE 2024), menée par l’Institut brésilien de géographie et de statistique (IBGE) en partenariat avec le ministère de la Santé et avec le soutien du ministère de l’Éducation auprès de plus de 12,3 millions d’élèves d’établissements publics et privés, montre une progression marquée de l’usage de la cigarette électronique chez les 13-17 ans au Brésil[1]. Selon les données publiées par l’IBGE, la proportion d’adolescents ayant déjà expérimenté une e‑cigarette est passée de 16,8 % en 2019 à 29,6 % en 2024, tandis que l’usage au cours des 30 jours précédant l’enquête a triplé, bondissant de 8,6 % à 26,3 %.

Des écarts marqués selon le sexe, le type d’école et la région

L'enquête PeNSE 2024 a porté sur la consommation de tabac, celle de cigarettes électroniques et autres produits à la nicotine. Elle a abordé l’âge de l'expérimentation, l'utilisation récente ainsi que les modalités d’approvisionnement et l'exposition indirecte à ces produits.

Les résultats indiquent une expérimentation du vapotage plus fréquente chez les filles (31,7 %) que chez les garçons (27,4 %). Les élèves des écoles publiques déclarent également des niveaux plus élevés (30,4 %) que ceux des écoles privées (24,9 %). Sur le plan géographique, les taux les plus forts sont observés dans le Centre-Ouest (42 %) et le Sud (38,3 %), alors que le Nord (21,5 %) et le Nord-Est (22,5 %) restent en dessous de la moyenne nationale.

Dans le même temps, l’expérimentation de la cigarette traditionnelle a diminué, passant de 22,6 % en 2019 à 18,5 % en 2024, et celle du narguilé de 26,9 % à 16,4 %. L’IBGE estime que ces évolutions peuvent traduire un déplacement des usages du narguilé vers la cigarette électronique, en particulier parmi les élèves des établissements privés.

Nayara Varela, psychologue et responsable pédagogique du Colégio Católica Brasília, observe que la popularité du produit, la pression sociale et la facilité d'accès contribuent aussi à cette hausse du vapotage[2].

Un produit toujours promu par les industriels malgré l’interdiction de vente

Pourtant, le Brésil interdit depuis 2009 la fabrication, la vente, l’importation et la publicité des cigarettes électroniques, interdiction confirmée par l’Agence brésilienne de réglementation sanitaire (Anvisa) en 2024. Cette législation a été renforcée par la résolution RDC n°855 de 2024, qui interdit également l'utilisation de ces dispositifs dans les espaces clos et publics, tels que les écoles, les cinémas et les transports en commun.

Cependant, en dépit de ces dispositions, les fabricants de tabac et de produits à la nicotine continuent à investir massivement dans la publicité, notamment en ligne, ciblant les adolescents et les enfants pour promouvoir leurs cigarettes électroniques. Ainsi, les cigarettes électroniques continuent de se développer, alimentées par une publicité les présentant comme peu toxiques. Leurs parfums et leurs saveurs sont tout particulièrement promus et attrayants pour les jeunes et les enfants.

L’OMS rappelle que les adolescents sont beaucoup plus susceptibles que les adultes d’utiliser ces dispositifs, qui contiennent de la nicotine, une drogue très addictive, mais aussi potentiellement des substances toxiques et métaux lourds (nickel, étain, plomb). Les études scientifiques soulignent que la nicotine peut affecter le développement cérébral d’un jeune et contribuer à des difficultés d'attention, de mémoire et de maîtrise de soi à ce stade de la vie, augmentant ainsi le risque d'anxiété et de dépression[3].

De plus, s’agissant des produits du vapotage, le risque de maladies pulmonaires est d’ores et déjà établi et les risques cardiovasculaires probables. Les experts mettent également en garde contre le risque d'incitation à consommer d'autres produits du tabac et contre les conséquences environnementales d'une élimination inappropriée des dispositifs et des recharges.

Ils en appellent ainsi à une réponse globale et coordonnée, conjuguant une sensibilisation forte à l’égard de ces produits et l’application renforcée des dispositions en vigueur, notamment en ce qui concerne le commerce informel et l'environnement numérique.

©Génération Sans Tabac

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[1]Bianca Muniz, 3 em cada 10 estudantes adolescentes usaram cigarros eletrônicos alguma vez na vida, revela IBGE, Globo.com, publié le 25 mars 2026, consulté le 26 mars 2026

[2]Caetano Yamamoto, Jovem do DF lidera uso de cigarro eletrônico, Correio Braziliense, publié le 26 mars 2026, consulté le même jour

[3]Guilherme Lopes, Uso de cigarro eletrônico entre adolescentes cresce 76% no Brasil, E.M. Foco, publié le 26 mars 2026, consulté le même jour

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