Un institut propose des solutions basées sur l’IA pour lutter contre le tabagisme dans l’ASEAN

27 août 2025

Par: Comité national contre le tabagisme

Dernière mise à jour : 27 août 2025

Temps de lecture : 5 minutes

Un institut propose des solutions basées sur l’IA pour lutter contre le tabagisme dans l’ASEAN

Le Lowy Institute, un centre de recherche australien, a souligné l’importance d’harmoniser les infrastructures numériques entre les pays membres de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN) afin de permettre une utilisation efficace de l’intelligence artificielle (IA) dans la lutte contre le tabagisme[1]. Dans un article publié le 12 août 2025 sur son site, l’institut rappelle que le tabac reste l’une des principales causes de décès évitables dans la région, qui compte environ 120 millions de fumeurs.

L’intelligence artificielle, un levier potentiel pour le contrôle du tabac en Asie du Sud-Est

L’IA pourrait jouer un rôle clé dans des domaines tels que la détection du trafic illicite à partir de données douanières, la personnalisation des programmes de sevrage à partir de données de santé anonymisées ou encore l’identification des stratégies marketing en ligne grâce au traitement du langage naturel. Toutefois, ces solutions ne peuvent être déployées efficacement que si les pays de l’ASEAN disposent d’un système harmonisé de saisie et d’échange de données.

L’un des principaux obstacles relevés concerne la diversité des systèmes de données entre les pays de la région : certains, comme Singapour et la Thaïlande, disposent de dossiers de santé entièrement numériques, tandis que d’autres moins avancés, comme le Cambodge, le Laos et le Timor oriental, s’appuient encore sur des registres papier. Ces disparités représentent à la fois un défi et une opportunité pour la coopération régionale.

Si tous les pays de l’ASEAN à l’exception de l’Indonésie ont signé et ratifié la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac, les législations nationales en matière de protection des données et les capacités techniques varient considérablement, rendant difficile le partage d’informations à l’échelle régionale.

Vers un cadre régional harmonisé et interopérable

Pour répondre à ces enjeux, le Lowy Institute recommande à l’ASEAN de mettre en place une architecture commune d’échange de données, reposant sur un modèle partagé. Un système basé sur le standard FHIR (Fast Healthcare Interoperability Resources) permettrait notamment d’unifier la représentation des données liées au statut tabagique, aux résultats des traitements et aux mesures de contrôle du tabagisme.

La réalisation d’une stratégie de lutte antitabac pilotée par l’IA passe également par l’harmonisation des lois de protection des données personnelles, l’investissement dans les infrastructures numériques de base, le développement de normes techniques communes et la mise en œuvre de programmes de renforcement des capacités, notamment en associant des systèmes avancés à ceux des pays moins développés.

En s’engageant vers un cadre interopérable et cohérent, l’ASEAN pourrait dépasser les approches nationales fragmentées pour adopter une stratégie régionale prédictive et coordonnée, accélérant ainsi la transition vers un avenir sans tabac.

Dans le monde, l’IA est de plus en plus envisagée comme un outil de lutte antitabac aux nombreuses applications, comme la surveillance de l’âge des acheteurs, la détection des pratiques de marketing illégal ou l’accompagnement au sevrage tabagique. Lors de la World Conference on Tobacco Control, qui s’est tenue à Dublin du 23 au 25 juin 2025, les participants ont souligné le potentiel de l’IA, par exemple pour combler les lacunes réglementaires, fournir des données exploitables aux autorités sanitaires et renforcer les capacités des pays à faibles ressources. Des expérimentations menées en Afrique ou en Asie montrent que l’IA peut faciliter l’identification de violations, produire des rapports automatisés et alimenter des actions de sensibilisation ou de plaidoyer fondées sur des données tangibles.

Ce contrôle est d’autant plus important que l’industrie du tabac et du vapotage utilise déjà largement l’IA elle-même pour promouvoir ses produits et ses intérêts. Par exemple, Philip Morris International (PMI) a utilisé l’IA pour prédire les comportements d’achat dans des campagnes pour IQOS, afin d’optimiser leur communication selon le profil psychographique du client, JUUL Labs a investi dans des outils d’analyse prédictive pour identifier les canaux les plus efficaces pour toucher les jeunes adultes, et British American Tobacco (BAT) déploie des outils d’analyse et d’optimisation de contenu pour ses marques de vapotage sur des marchés émergents où la régulation est plus souple.

©Génération Sans Tabac

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[1]VietnamPlus, Lowy Institute proposes AI-based tobacco control solutions for ASEAN, publié le 14 août 2025, consulté le 21 août 2025

Comité national contre le tabagisme |

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