Singapour va sévir contre le vapotage, le traitant comme un problème de drogue illégale
22 août 2025
Par: Comité national contre le tabagisme
Dernière mise à jour : 20 août 2025
Temps de lecture : 4 minutes
Le gouvernement singapourien prévoit de renforcer significativement les mesures contre le vapotage. Le Premier ministre Lawrence Wong a annoncé, lors de son discours du 17 août 2025 à l'occasion de la fête nationale, que des peines de prison pourraient désormais être appliquées aux vendeurs, tandis que les usagers feront l’objet de mesures de supervision et de programmes de réhabilitation[1].
Vers un durcissement de la législation sur le vapotage, jugé dangereux
Bien que le vapotage soit interdit à Singapour depuis 2018, et qu’en vertu des lois actuelles, la possession, l'utilisation ou l'achat de cigarettes électroniques soient passibles d'une amende maximale de 2 000 dollars singapouriens (1 335 euros), les autorités sanitaires (HSA) ont saisi pour plus de 41 millions de dollars singapouriens (27 millions d’euros) de dispositifs de vapotage illicites et de composants associés entre janvier 2024 et mars 2025, contre seulement 95 460 dollars (64 000 euros) en 2019.
L’émergence de produits comme le Kpod, une variante de cigarette électronique contenant des substances telles que l’étomidate, un agent anesthésiant, ou de la kétamine, inquiète particulièrement les autorités.
Durant le premier semestre 2025, 28 cas de cigarettes électroniques contenant de l’étomidate ont été détectés, soit près de trois fois plus qu’en 2024. Des tests aléatoires ont révélé que près d’un tiers des dispositifs saisis contenaient cette substance. Des experts médicaux ont indiqué que l’inhalation d’étomidate via le vapotage peut entraîner une anxiété accrue, des crises convulsives et des comportements erratiques qualifiés de « zombie ». Le gouvernement veut prévenir l’apparition potentielle de drogues encore plus puissantes et plus dangereuses que ces produits à l’avenir.
Aussi, les autorités envisagent de classer l’étomidate comme substance contrôlée de classe C en vertu de la loi sur l’usage abusif des drogues (Misuse of Drugs Act), la considérant comme une drogue comparable à la cocaïne. Actuellement régie par la loi sur les poisons (Poisons Act), les produits du vapotage à la nicotine n’entraînent qu’une amende pouvant atteindre 10 000 $ SGP (6 674 euros) pour les usagers et jusqu’à deux ans de prison pour les vendeurs. Une fois reclassée, des peines de prison, des mesures de supervision et des programmes obligatoires de réhabilitation pourront être imposés. Les récidivistes seront passibles d’une peine d’emprisonnement, tandis que les trafiquants encourront jusqu’à 20 ans de prison et de la flagellation.
Prévention et sensibilisation dans tout le pays
Outre le renforcement des lois, le gouvernement prévoit également une vaste campagne de sensibilisation sur les dangers du vapotage, menée conjointement par les ministères de l’Intérieur et de la Santé. Cette initiative débutera dans les écoles, les établissements d’enseignement supérieur et durant le service national. Les autorités rapportent une hausse notable des cas impliquant des élèves : entre janvier 2024 et mars 2025, environ 2 600 étudiants ont été signalés à la HSA par leurs établissements pour usage de vapotage, contre 800 en 2022, 900 en 2023 et 2 000 en 2024.
Par ailleurs, pour encourager les utilisateurs de cigarettes électroniques à se débarrasser de leurs appareils, l'Autorité des sciences de la santé (HSA) a lancé l'initiative « Bin the Vape »[2]. Les personnes qui souhaitent se débarrasser de leurs cigarettes électroniques peuvent le faire dans l'une des poubelles rouges situées dans 23 centres communautaires désignés à Singapour.
Une caméra de vidéosurveillance est placée en face de la poubelle afin de dissuader les vols et les manipulations frauduleuses. La poubelle est verrouillée et sécurisée afin que les cigarettes électroniques ne puissent pas être récupérées une fois jetées. La HSA a également assuré au public qu'elle ne chercherait pas à identifier les personnes ayant jeté leurs cigarettes électroniques.
Des annonces complémentaires concernant ces mesures seront communiquées par les ministères concernés dans les semaines à venir.
AD
[1]Ching Shi Jie, NDR2025: Singapore to take nationwide enforcement action against vaping, treat it as drug issue, AsiaOne, publié le 17 août 2025, consulté le 18 août 2025
[2]Hannah Martens, S'pore to take tougher action against vaping & treat it like a 'drug issue', Mothership, publié le 17 août 2025, consulté le 18 août 2025