L’INCa lance une campagne sur les réseaux sociaux pour sensibiliser la Génération Z aux risques de cancer

5 avril 2025

Par: Comité national contre le tabagisme

Dernière mise à jour : 1 avril 2025

Temps de lecture : 5 minutes

L’INCa lance une campagne sur les réseaux sociaux pour sensibiliser la Génération Z aux risques de cancer

Du 2 au 30 avril 2025, l’Institut National du Cancer (INCa) déploie une campagne de sensibilisation à destination des 18-25 ans, principalement sur TikTok et Snapchat. Baptisée La fausse piste, cette opération de prévention entend alerter la Génération Z sur les comportements à risque pouvant favoriser le développement de certains cancers.

En parallèle, une campagne d’information à destination de leurs aînés, les 25-49 ans, sera relayée à la télévision, en ligne, et dans les maisons de santé tout au long de l’année[1].

Des données préoccupantes sur la santé des jeunes adultes

La campagne repose sur quatre vidéos courtes, au format immersif et narratif, qui abordent des thématiques familières aux jeunes adultes : le bien-être physique, la performance, les économies, ou encore l’apparence. Chacune des vidéos propose un scénario centré sur une « solution miracle » – un produit, une astuce ou une tendance – qui semble répondre à ces préoccupations, avant de dévoiler que ces promesses peuvent dissimuler des comportements à risque. Le message est clair : les « fausses pistes » ne protègent pas la santé, contrairement à des choix durables comme ne pas fumer, réduire sa consommation d’alcool, bien manger et pratiquer une activité physique régulière. Adopter une alimentation équilibrée, pratiquer une activité physique régulière, réduire sa consommation d’alcool et arrêter de fumer sont autant de comportements qui apportent des bénéfices concrets sur la santé au quotidien. Selon l’Institut National du Cancer, ces habitudes ont également l’avantage de contribuer à la réduction du risque de développer un cancer à moyen terme.

Cette approche utilise les codes, les formats et les canaux de communication des jeunes. L’INCa entend ainsi rendre ses messages plus accessibles et impactants, dans un contexte où la perception des risques reste souvent abstraite pour cette génération.

La campagne intervient alors que plusieurs signaux épidémiologiques préoccupants sont rapportés : selon les données de l’INCa, l’incidence de certains cancers (sein, cerveau, rein, colorectal) est en augmentation chez les adolescents et jeunes adultes. Par ailleurs, environ 40 % des cancers seraient évitables grâce à des modifications du mode de vie. En mettant l’accent sur la prévention dès le plus jeune âge, l’INCa cherche à inverser cette tendance.

Une communication des autorités sanitaires nécessaire face aux stratégies de l’industrie du tabac

Cette communication des pouvoirs publics sur les canaux numériques est d’autant plus nécessaire que certaines industries, notamment du tabac, y déploient une stratégie de communication particulièrement offensive. De récentes études menées par l’Alliance contre le tabac (ACT)[2] et le Comité national contre le tabagisme (CNCT), ont mis en évidence l’utilisation croissante des canaux digitaux par les fabricants de produits du tabac et de la nicotine pour promouvoir leurs dispositifs, notamment auprès des jeunes. Ces enquêtes pointent notamment le recours à des influenceurs sur Instagram ainsi que des campagnes publicitaires payantes, pour mettre en avant des produits tels que les dispositifs de vapotage ou les sachets de nicotine. Ces produits apparaissent régulièrement dans des contenus aux codes esthétiques léchés, associés à des styles de vie modernes et urbains. L’aspect addictif de ces produits est généralement passé sous silence, tout comme leurs effets potentiels sur la santé. Cette absence de mise en garde contribue à entretenir une perception banalisée, voire positive, de leur consommation, en particulier chez les jeunes publics, cibles privilégiées de ces stratégies marketing indirectes.

Dans ce contexte, la mobilisation des institutions de santé publique sur les réseaux sociaux constitue un levier stratégique de prévention. Ces plateformes numériques, désormais centrales dans l’accès à l’information des jeunes générations, jouent un rôle déterminant dans la construction des représentations et des comportements. Il est donc essentiel que les autorités sanitaires y déploient des messages de santé publique clairs, scientifiquement validés et adaptés aux usages et aux codes de ces canaux. Ces campagnes s’inscrivent dans un ensemble de mesures coordonnées visant à réduire la consommation de produits du tabac et du vapotage. Elles complètent des dispositifs structurants tels que les politiques fiscales dissuasives, le renforcement de la réglementation encadrant la commercialisation de ces produits, ainsi que le respect strict des interdictions protectrices, en particulier celles destinées à limiter l’exposition et l’accès des jeunes.

©Génération Sans Tabac

AE


[1] Communiqué, Prévention des cancers : l’Institut national du cancer s’empare des codes de la génération Z pour la sensibiliser aux facteurs de risques évitables, publié le 27 mars 2025, consulté le 1er avril 2025

[2] Génération sans tabac, France : plus de 200 influenceurs ont promu la nicotine sur Instagram depuis 2019, publié le 13 mars 2025, consulté le 1er avril 2025

Comité national contre le tabagisme |

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