Le Kirghizistan renforce sa politique de lutte contre le tabagisme
16 juin 2025
Par: Comité national contre le tabagisme
Dernière mise à jour : 12 juin 2025
Temps de lecture : 4 minutes
Le gouvernement du Kirghizstan s’engage dans un renforcement majeur de sa politique de lutte contre le tabagisme en annonçant une hausse significative des taxes sur les produits du tabac, avec pour objectif de réduire leur accessibilité, notamment chez les jeunes. Dans le cadre de cette stratégie de santé publique, les autorités prévoient également d’interdire prochainement la vente de cigarettes électroniques et de tabac chauffé, dans un contexte régional marqué par une vigilance accrue à l’égard des nouveaux produits nicotinés.
Une fiscalité dissuasive pour réduire la consommation
Le ministre kirghiz de la Santé, Erkin Checheybayev, a récemment présenté une proposition visant à augmenter les taxes sur les produits du tabac, s’inscrivant dans une stratégie globale pour améliorer la santé publique, particulièrement chez les jeunes. Organisée à Bichkek le 10 juin, lors d’une réunion interministérielle en collaboration avec l’OMS et la plateforme de ressources de la Convention cadre pour la lutte antitabac spécialisée sur la taxation, cette initiative cherche à diminuer l’accessibilité économique du tabac et ainsi inciter les fumeurs à arrêter tout en dissuadant les jeunes de l’initiation[1].
Le tabac demeure une cause majeure de maladies non transmissibles (cardiovasculaires, AVC, cancers, maladies respiratoires), responsables de plus de 80 % des décès prématurés au Kirghizstan. Plus de 22 % des adultes fument au Kirghizstan, dont un homme sur deux. Parmi les 35‑69 ans, jusqu’à 30 % des hommes et 5 % des femmes décèdent de maladies attribuables au tabagisme. Sur le plan économique, le tabac pèse lourd : les seules maladies cardiaques liées au tabac coûtent à l’État 17 milliards de soms (environ 170 millions d’euros) chaque année.
Actuellement, les taxes sur le tabac représentent moins de 50 % du prix de détail, très en dessous des 75 % recommandés par l’OMS. Le ministère s’appuie sur le modèle TETSiM, présenté par des experts de l’OMS, qui démontre qu’une augmentation de 10 % du prix réel des cigarettes peut réduire la prévalence du tabagisme chez les jeunes d’environ 8 %.
Les ministères de la Santé et des Finances, ainsi que les partenaires internationaux, s’accordent sur l’importance d’une réforme progressive mais ambitieuse de la fiscalité du tabac. L’objectif est double : réduire la consommation pour préserver la santé des citoyens et accroître les recettes publiques, tout en positionnant le Kirghizstan en leader régional dans la lutte antitabac.
Vers une interdiction des nouveaux produits nicotinés
Parallèlement à l’initiative fiscale, le Kirghizstan s’apprête à interdire, à compter du 1er juillet 2025, la vente de cigarettes électroniques et de tabac chauffé, rejoignant ainsi un nombre croissant d’autres pays de la région[2]. Déjà en 2024, les autorités avaient annoncé leur intention de restreindre l’accès à ces produits, souvent promus comme des alternatives « moins nocives » mais dont les effets sur la santé sont de plus en plus remis en question. Cette interdiction s’inscrit également dans une dynamique régionale partagée avec l’Ouzbékistan[3], qui envisage des mesures similaires. En combinant une hausse des taxes et des restrictions sur les nouveaux produits du tabac, le Kirghizstan affirme sa volonté de protéger la santé publique et de prévenir l’initiation des jeunes aux produits nicotinés, conformément à la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac (CCLAT), ratifiée par le pays.
AE
[1] Sergey Kwan, Kyrgyz Health Minister Proposes Raising Tobacco Taxes to Curb Smoking, The Times of Central Asia, publié le 11 juin 2025, consulté le 12 juin 2025
[2] Génération sans tabac, Kirghizstan : Interdiction des cigarettes électroniques en 2025, publié le 28 novembre 2024, consulté le 12 juin 2025
[3] Génération sans tabac, L’Ouzbékistan et le Kirghizistan veulent interdire le tabac chauffé et les produits du vapotage, publié le 17 avril 2024, consulté le 12 juin 2025
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