Le Kenya veut renforcer ses moyens de lutte contre les produits de la nicotine

14 juin 2025

Par: Comité national contre le tabagisme

Dernière mise à jour : 11 juin 2025

Temps de lecture : 4 minutes

Le Kenya veut renforcer ses moyens de lutte contre les produits de la nicotine

Le secrétaire d'État à la Santé, Aden Duale, a annoncé des mesures visant à renforcer la législation kényane en matière de lutte contre les produits de la nicotine[1]. À l’issue d’une réunion avec une délégation de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) à Afya House, à Nairobi, en présence du Dr. Vinayak Prasad et de plusieurs hauts responsables kenyans du secteur de la santé, dont Mary Muthoni, secrétaire principale à la Santé publique, et le directeur général de la santé, le Dr. Patrick Amoth, a indiqué que le Kenya s’efforce d’aligner ses réglementations sur les bonnes pratiques à l’international.

Renforcement de la législation kényane pour inclure les produits nicotiniques

Le gouvernement kényan entend accélérer l’adoption des amendements proposés à la loi sur le contrôle du tabac. Ces modifications visent à moderniser le cadre légal en matière de production, de vente, de publicité et de consommation des produits de la nicotine. Duale a insisté sur l’importance d’une réponse stratégique à cette menace croissante pour la santé publique.

Il a ainsi présenté à la délégation de l’OMS et des dirigeants de la santé du pays les progrès réalisés par le Kenya et a demandé un appui technique pour réviser la loi de 2007 sur le contrôle du tabac ainsi que ses textes réglementaires d'application. En effet, la législation de 2007 ne prévoyait pas les produits tels que les e-cigarettes et les sachets de nicotine[2]. Son amendement le plus récent date de 2009.

L'amendement actuellement proposé, déposé par la sénatrice Catherine Mumma, étend les dispositions de la loi relative à la lutte contre le tabagisme aux cigarettes électroniques, à leurs recharges et aux sachets de nicotine.

Il vise également à contrôler la publicité pour les systèmes électroniques d'administration de nicotine et les produits oraux modernes.

En outre, l'amendement exigera des fabricants qu'ils obtiennent l'approbation du secrétaire d'État à la santé pour la fabrication, l'importation, la distribution, le stockage ou la vente de produits de la nicotine.

Le secrétaire d’Etat à la santé a de plus souligné la nécessité d’améliorer l’application des lois à l’échelle des comtés, en renforçant les inspections, les services de sevrage, la formation locale ainsi que l’intégration de la lutte antitabac dans l’infrastructure numérique du ministère de la Santé.

Soutien de l’OMS et volonté de coopération internationale

L’OMS, représentée par le Dr. Abdourahmane Diallo, chef de mission et représentant au Kenya, a assuré son appui au renforcement des capacités du pays, notamment par le développement de laboratoires nationaux capables de vérifier de manière indépendante les produits du tabac.

Par ailleurs, l’OMS a mis en avant une initiative réussie ayant permis à plus de 9 000 agriculteurs de se reconvertir de la culture du tabac vers celle de haricots riches en fer et d’autres cultures, contribuant ainsi aux objectifs de santé et de développement économique.

Le ministre a réaffirmé l’engagement du Kenya envers la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac (CCLAT), ratifiée par le pays le 25 juin 2004, rappelant que le gouvernement a l’obligation constitutionnelle de garantir à ses citoyens le droit au meilleur état de santé possible.

Ainsi le pays avait par exemple renforcé l’application de l’interdiction de la chicha en avril 2025, visant une disparition totale de ce produit de tabac prohibé depuis 2017 mais toujours largement utilisé et vendu, notamment par les jeunes. Le Kenya, malgré ses efforts, reste fragilisé par le fort lobby exercé par les cigarettiers Philip Morris et British American Tobacco, qui cherchent à développer leurs marchés et contestent les mesures de santé publique adoptées par les pouvoirs publics.

Enfin, les cigarettiers sont régulièrement pointés dans leurs pratiques d’évasion fiscale et d’organisation de la contrebande qui affaiblissent l’économie nationale.

©Génération Sans Tabac

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[1]Kanari Jennifer, Kenya moves to strengthen tobacco control measures, The Star, publié le 10 juin 2025, consulté le 11 juin 2025

[2]Marende Nancy, WHO steps in to help Kenya with tobacco’s public health threat, People Daily, publié le 10 jun 2025, consulté le 11 juin 2025

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