Au Nigéria, une coalition appelle à réglementer fortement les produits du vapotage

13 mai 2025

Par: Comité national contre le tabagisme

Dernière mise à jour : 13 mai 2025

Temps de lecture : 5 minutes

Au Nigéria, une coalition appelle à réglementer fortement les produits du vapotage

Des parents et des acteurs de santé engagés pour la protection de la jeunesse face au tabac tirent la sonnette d’alarme face à la forte augmentation de l’usage des produits de vapotage aromatisés chez les adolescents au Nigéria[1]. La coalition Voices for Tobacco Control appelle le gouvernement fédéral à agir d’urgence contre cette tendance préoccupante.

L’appel de mères et d’acteurs de santé pour lutter contre le vapotage des jeunes

Lors d’une conférence de presse, Kenneth Kenas Anetor, porte-parole de Voices for Tobacco Control, a alerté sur la prolifération de produits de vapotage attractifs pour les jeunes, comme les e-cigarettes aux arômes de fraise, de menthe ou de mangue. « Malgré leur aspect attrayant, ces produits sont loin d'être sûrs. Ils contiennent des substances nocives comme la nicotine et le formaldéhyde qui augmentent le risque de maladies cardiaques et pulmonaires. », a déclaré Anetor[2].

Il a également précisé qu’à l’occasion de la campagne de la Journée mondiale sans tabac 2025, signée début mai à Abuja, la capitale, plus de 300 Nigérians ont signé une pétition intitulée « Protégez les enfants nigérians du vapotage », adressée au ministère fédéral de la Santé et à la Commission fédérale de la concurrence et de la protection des consommateurs (FCCPC).

Cette Journée, dont le thème est « Démasquer l'attrait » (« Unmasking the Appeal »), souligne la manière dont les industries du tabac et de la nicotine ciblent les jeunes, en utilisant des designs de produits attrayants, des arômes et des tactiques de marketing qui masquent les dangers de l'accoutumance et de la dépendance[3].

Les membres de cette coalition dénoncent la facilité avec laquelle les jeunes, parfois âgés de seulement 10 à 14 ans, accèdent à ces produits malgré la législation qui interdit leur vente aux moins de 18 ans. Selon leurs recherches, cinq millions de jeunes Nigérians seraient déjà dépendants du tabac, et 25 000 d’entre eux commenceraient à fumer chaque jour.

Les revendications pour un encadrement plus strict

Les acteurs de santé de cette coalition réclament des mesures concrètes et immédiates : application claire de l’interdiction de vente de produits de vapotage aromatisés ou non aux mineurs, réglementation stricte de leur commercialisation et de leur distribution, ainsi que des sanctions sévères pour les contrevenants.

Nimat Labaika, présidente de la Fédération des associations de femmes musulmanes du Nigéria (FOMWAN), dans l'État de Kwara, a rappelé que les compagnies de tabac visent délibérément les enfants pour pérenniser leurs ventes. Elle a appelé la FCCPC à établir des directives claires et contraignantes pour mettre fin à la vente de tabac aux mineurs.

Fumi Oseigbu, fondatrice de l’organisation Bundies Care Initiative, a insisté sur la nécessité que FCCPC non seulement élabore des politiques, mais qu’elle les fasse aussi appliquer. Selon elle, l’inaction des autorités met en danger toute une génération.

Les membres de la coalition ont également souligné l’absence de réglementation complète pour encadrer la vente et la publicité des e-cigarettes au Nigéria. Corporate Accountability and Public Participation Africa (CAPPA), une ONG locale, a rappelé que Nollywood, l’industrie du cinéma nigérienne, est encore très ciblée par l’industrie du tabac[4] pour promouvoir par ce biais ses produits.

Ils appellent à l’implication coordonnée de plusieurs institutions clés, notamment les ministères de la Santé, le Conseil national de la protection de l’environnement et le Parlement, pour établir des espaces publics sans tabac et promulguer des lois efficaces et appliquées.

L’application des dispositions de lutte contre le tabagisme prévues dans le traité international de l’OMS, la Convention cadre pour la lutte antitabac, demeure encore insuffisante et l’OMS appelle régulièrement les gouvernements à prendre des mesures dans ce domaine et à les appliquer. À cela s’ajoute l’adaptation des législations aux nouveaux produits à la nicotine mis sur le marché.

L'OMS appelle les gouvernements à prendre des mesures plus énergiques contre les produits du tabac et aussi du vapotage : à réglementer l'emballage et la conception des produits, à interdire strictement la publicité, à soutenir l'arrêt du tabac et à augmenter les taxes afin de protéger les générations futures de la dépendance à la nicotine et de ses conséquences sur la santé et les finances.

©Génération Sans Tabac

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[1]Anofi Dele, Tobacco: Mothers, advocates seek tougher laws on youth vaping, The Nation, publié le 7 mai 2025, consulté le 7 mai 2025

[2]Tope SUNDAY, Stakeholders Express Concerns Over Rising Use Of E-Cigarettes Among Teenagers, The Whistler, publié le 6 mai 2025, consulté le 7 mai 2025

[3]Guardian NG, Coalition flays FCCPC over teens’ rising access to nicotine products, publié le 7 mai 2025, consulté le 7 mai 2025

[4]Génération sans tabac, Nigéria : le tabac toujours trop présent dans le cinéma selon une ONG, publié le 26 août 2024, consulté le 7 mai 2025

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