La vente automatisée de tabac et autres produits de nicotine au cœur des débats en Allemagne et en Suisse

8 juillet 2026

Par: Comité national contre le tabagisme

Dernière mise à jour : 7 juillet 2026

Temps de lecture : 4 minutes

La vente automatisée de tabac et autres produits de nicotine au cœur des débats en Allemagne et en Suisse

Plusieurs affaires récentes en Europe germanophone ont relancé les interrogations sur la vente automatisée de produits de tabac et autres produits de la nicotine[1]. Parents, enseignants et riverains s'interrogent notamment sur l'accès des mineurs à ces produits, l’inefficacité des dispositifs de vérification de l'âge et l'implantation de distributeurs automatiques à proximité des établissements scolaires étant tout particulièrement pointées. Ces différents cas illustrent l'attention croissante portée par les autorités et les acteurs locaux aux modalités de commercialisation de ces produits, et la nécessité de réglementer davantage leur vente.

Des préoccupations liées à la proximité des établissements scolaires

En Allemagne, plusieurs distributeurs automatiques commercialisant des cigarettes électroniques ont suscité des réactions au niveau local. À Cottbus (Brandebourg), un distributeur installé à une cinquantaine de mètres d'un établissement scolaire proposait notamment des cigarettes électroniques, des boissons énergisantes et d'autres produits de consommation. À Itzehoe (Schleswig-Holstein), des enseignants ont également exprimé leurs préoccupations concernant un distributeur proposant des cigarettes électroniques et des produits alimentaires.

Ces situations ne concernent pas un seul opérateur mais soulèvent une question commune : au-delà du respect des obligations légales, l'installation de distributeurs automatiques à proximité des établissements scolaires accroît la visibilité et l'accessibilité de ces produits auprès des jeunes.

La vérification de l'âge au centre des enjeux

En Suisse, un distributeur automatique installé à Wabern, près de Berne, a été signalé pour avoir vendu des cigarettes, des cigarettes électroniques et des sachets de nicotine sans contrôle de l'âge des acheteurs.

Or, tant en Allemagne qu'en Suisse, la vente de produits de tabac, de cigarettes électroniques et de sachets de nicotine est interdite aux mineurs. Les distributeurs automatiques ne constituent donc pas un canal de vente échappant à la réglementation, mais leur conformité dépend de leur capacité à empêcher effectivement les achats par des personnes mineures. Les dispositifs de vérification d'identité, du contrôle de l'âge via une carte de paiement ou d'autres systèmes électroniques sont loin d’être pleinement efficaces.

Une commercialisation associée à des produits de consommation courante

Les cas recensés mettent également en évidence la commercialisation de cigarettes électroniques et de sachets de nicotine aux côtés de produits de consommation courante, tels que des sodas, des snacks ou des boissons énergisantes, particulièrement prisés par les jeunes et qui sont également problématiques en termes de santé publique.

En outre, bien que les produits nicotiniques soient soumis à une réglementation spécifique, leur présence dans des distributeurs proposant également des produits alimentaires contribue à les intégrer dans un environnement de consommation quotidien et à renforcer leur visibilité, notamment auprès des adolescents. Cela participe d’une stratégie délibérée de banalisation des nouveaux produits nicotiniques de la part des industriels, qui face au déclin du tabagisme classique, cherchent à créer de nouvelles dépendances précoces.

Un potentiel renforcement des exigences applicables aux distributeurs automatiques serait moins efficace qu’une interdiction totale

Plusieurs évolutions réglementaires possibles ont été mentionnées à la suite de ces incidents, notamment un encadrement plus strict de l'implantation des distributeurs à proximité des écoles ou des lieux fréquentés par les jeunes, un renforcement des dispositifs de vérification de l'âge, ainsi qu'une responsabilisation accrue des exploitants en matière de surveillance et de conformité.

Toutefois, la solution la plus simple et efficace demeure l’interdiction totale de ce mode de distribution pour les produits de tabac et de la nicotine, une mesure tout particulièrement recommandée dans les directives d’application de la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac (CCLAT). Dans le cadre de la révision des directives notamment sur les produits du tabac (TPD) et la publicité du tabac (TAD), il serait ainsi opportun d’exhorter les États membres de l’UE, dont l’Allemagne, à porter une mesure d’interdiction de la distribution automatisée englobant tous les produits anciens et nouveaux. En effet, si la commercialisation au détail relève de la compétence des États membres, l’existence même des distributeurs automatiques constitue une violation des interdictions publicitaires et promotionnelles.

©Génération Sans Tabac

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[1]Vape Vending Machine Concerns Rise in German-Speaking Europe as Schools and Age Checks Come Into Focus, 2Firsts, publié le 6 juillet 2026, consulté le 7 juillet 2026

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