Les provinces canadiennes appelées à intensifier la lutte contre les arômes dans le vapotage
21 avril 2026
Par: Comité national contre le tabagisme
Dernière mise à jour : 20 avril 2026
Temps de lecture : 5 minutes
Une députée a déposé à l’Assemblée législative de l’Alberta une proposition de loi visant à interdire les produits de vapotage à usage unique aromatisés, à l’exception des saveurs tabac, dans un contexte de préoccupation croissante concernant l’attrait du vapotage chez les jeunes. Cette initiative n’est pas isolée alors que plusieurs provinces canadiennes ont déjà adopté des restrictions similaires. Parallèlement, une coalition d’organisations de santé publique a appelé à une interdiction plus large des arômes dans tous les produits de vapotage au niveau fédéral, en lien avec la progression de leur usage chez les adolescents et les enjeux de santé associés. Elle a également souligné les limites de la réglementation actuelle.
Une proposition de loi en Alberta contre les puffs aromatisées
Une députée du Parti conservateur uni (PCU), Chelsea Petrovic, de la circonscription de Livingston-Macleod, a déposé à l’Assemblée législative de l’Alberta une proposition de loi visant à interdire la vente de produits de vapotage à usage unique (ou « puffs ») aromatisés, à l’exception des saveurs tabac[1]. Selon l’élue, cette initiative répond à une préoccupation croissante concernant l’usage du vapotage chez les jeunes, avec pour objectif de réduire le risque de dépendance à la nicotine dès le plus jeune âge. La proposition devra être étudiée en commission puis adoptée en séance publique avant toute éventuelle entrée en vigueur, sans garantie à ce stade d’un soutien du gouvernement provincial.
La députée indique vouloir adopter une approche qu’elle juge équilibrée, maintenant la possibilité pour les adultes d’utiliser le vapotage comme alternative au tabac, tout en réduisant son attrait auprès des mineurs.
Plusieurs acteurs de santé publique estiment que l’initiative constitue une avancée, tout en la jugeant partielle. Les Hagen, directeur d’Action on Smoking & Health Canada (ASH Canada), plaide pour une interdiction plus large des arômes de tous les produits de vapotage, ainsi que l’interdiction totale des produits de vapotage à usage unique.
Sarah Butson, directrice de l’Association pulmonaire du Canada, souligne par ailleurs que les arômes jouent un rôle important dans l’attractivité des produits auprès des adolescents, et appelle à une interdiction plus globale. Elle rappelle également que le vapotage est associé à des risques pour la santé respiratoire et cardiovasculaire.
En cas d’adoption, le texte entrerait un an après sa date de promulgation. L’Alberta rejoindrait ainsi plusieurs provinces canadiennes ayant déjà mis en place des restrictions similaires, dont le Québec, la Nouvelle-Écosse, le Nouveau-Brunswick et l’Île-du-Prince-Édouard.
Une coalition de santé publique en Ontario demande une interdiction plus large des arômes et additifs
En parallèle, une nouvelle campagne d’affichage à Ottawa, menée par ASH Canada, la Coalition québécoise pour le contrôle du tabac et Médecins pour un Canada sans fumée, a alerté sur la hausse du vapotage chez les jeunes, estimant qu’environ 50 000 élèves du secondaire auraient commencé à vapoter depuis mai 2025, selon des données du gouvernement du Canada exploitées par des organisations de santé[2].
À l’échelle fédérale, le Canada a déjà interdit certains arômes, à l’exception du menthol, dans les produits du tabac, mais la réglementation ne s’étend pas aux produits nicotiniques sans tabac comme les cigarettes électroniques. Une réforme proposée en 2021 visant à n’autoriser que la menthe et le menthol dans les arômes et additifs du vapotage n'a toujours pas été finalisée.
La coalition des groupes de santé demande ainsi à la ministre fédérale de la Santé, Marjorie Michel, de prendre des mesures pour réglementer le secteur et protéger la santé des jeunes Canadiens : « Bien que nous reconnaissions pleinement que la ministre Michel a hérité de la crise du vapotage chez les jeunes du gouvernement précédent, elle est en fonction depuis près d’un an », a déclaré Cynthia Callard, porte-parole de Médecins pour un Canada sans fumée.
L’existence de législations différenciées selon les provinces contribue également à une application plus difficile de la mesure d’interdiction dans les territoires où elle a été adoptée. Un récent suivi de Santé Canada met en évidence des cas répétés de non-respect de la réglementation par l’industrie du vapotage, notamment la vente de produits aromatisés, en particulier en ligne, dans des provinces où ils sont interdits.
Les organisations de santé appellent donc à un renforcement de la réglementation nationale, incluant une restriction plus large des arômes et des éléments jugés attractifs pour les jeunes consommateurs : design coloré, fonctionnalités connectées, éléments ludiques. La coalition des trois groupes de santé a adressé un courrier aux parlementaires pour demander une action fédérale rapide : interdiction des arômes et additifs dans tous les produits de vapotage sans exception au niveau fédéral, interdiction de la vente de ces produits entre les provinces et en ligne, et mise en œuvre de protocoles de collaboration entre Ottawa, les provinces et les territoires afin d'améliorer le respect des interdictions provinciales et territoriales.
AD
[1]Eve Côté, Une députée conservatrice veut s’attaquer à la vente de vapoteuses aromatisées, Radio-Canada, publié le 18 avril 2026, consulté le 20 avril 2026
[2]Communiqué de presse, Bus shelter ad highlights 50,000 high school students who’ve started vaping since Federal Health Minister Marjorie Michel took office, and demands national ban on flavoured e-cigarettes, Action on Smoking & Health (ASH Canada), Coalition québécoise pour le contrôle du tabac, Physicians for a Smoke-Free Canada, publié le 17 avril 2026, consulté le 20 avril 2026