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Sniffy : le gouvernement souhaite interdire la poudre blanche au plus vite

Depuis quelques jours, certains bureaux de tabac commercialisent un nouveau produit, vendu en grammes sous la forme d’une petite poudre blanche aux vertus “énergisantes”, à consommer par voie nasale à l’aide d’une petite paille. Composé notamment de caféine et de taurine, le “Sniffy” est un clin d’œil direct à la consommation de cocaïne. Face à cette situation, le ministre de la Santé a annoncé souhaiter interdire ce produit dans les plus brefs délais. 

Commercialisé sous la forme d’une poudre blanche et essentiellement composé de produits aux vertus “énergisantes”, le Sniffy est vendu en capsules d’un gramme, à partir de 10 euros. 

Un marketing orienté vers les jeunes et les adolescents

Bien que le Sniffy soit interdit à la vente pour les mineurs, le site internet du fabricant semble prioritairement cibler les adolescents, selon un discours marketing très similaire à celui développé par les fabricants de cigarettes électroniques jetables (puffs). D’abord, aucune vérification de l’âge rigoureuse n’est effectuée par la plateforme, puisqu’il est simplement demandé à l’internaute de renseigner sa date de naissance pour accéder au site. Comme pour les puffs, la diversité des arômes sucrés et fruités est l’un des principaux arguments commerciaux utilisés par le fabricant, déclinant son produit en plusieurs saveurs : menthe, citron vert, fruit de la passion et fraise bonbon.

L’univers de la fête et de la nuit est également très présent dans le discours de la marque, qui va même jusqu’à formuler le slogan suivant : “No Sniffy, no party” (“Pas de sniffy, pas de soirée”). Enfin, alors que le produit est officiellement interdit aux mineurs, le site propose un service de livraison de ses produits, promettant une “expédition rapide et discrète”, pouvant mettre en doute la volonté du fabricant de réserver son produit à des personnes majeures. 

Le monde du sport et du travail également ciblé par Sniffy

Les jeunes ne sont toutefois pas l’unique cible de cette poudre blanche, puisque le fabricant développe un argumentaire de vente relatif au sport et au monde du travail. Sur sa page d’accueil, le site souligne que la consommation de ce produit est avantageuse à de nombreux égards :  pour la concentration, l’énergie, le boost, l’endurance et le sport. Le fabricant détaille par ailleurs l’ensemble des effets bénéfiques associés à chacun des ingrédients de son produit. Ainsi, la beta alanine est présentée comme un ingrédient associé à l’augmentation de la force et de la masse musculaire, favorable à un accroissement d’endurance, tandis que la L-citrulline est présentée comme favorisant l’élimination de toxine et réduisant l’acidité des muscles pendant l’effort. 

Le gouvernement annonce vouloir interdire le produit dans les plus brefs délais

Suite à la publication de plusieurs articles et reportages sur la commercialisation du produit, le Sniffy a rapidement suscité l’indignation de la classe politique. En particulier, Catherine Vautrin, ministre du Travail, de la Santé et des Solidarités, a réagi au micro de BFMTV, rappelant le caractère “dangereux” d’un tel produit, l’attrait de ce dernier auprès des jeunes, et évoquant la possibilité d’une prochaine interdiction par les pouvoirs publics. De son côté, Frédéric Valletoux, ministre délégué chargé de la Santé et de la Prévention s’est engagé à étudier le dossier pour permettre l’interdiction du produit, qualifié de “cochonnerie”,  dans les plus brefs délais. L’intéressé a par ailleurs fustigé le comportement des acteurs économiques impliqués dans la commercialisation du Sniffy comme “rageant”, tout en déplorant la course permanente entre l’appareil réglementaire  et la créativité des “vendeurs de mort”. 

La possibilité d’une interdiction prochaine du Sniffy renvoie par ailleurs à la question des sachets de nicotine, dont le développement commercial a été rapide, et dont plusieurs organisations réclament l’interdiction. 

Un produit en vente dans le réseau des buralistes

Le président de la Confédération des buralistes, Philippe Coy, a quant à lui estimé qu’il était “impensable” que ce produit soit commercialisé par le réseau, rappelant le caractère “responsable” des débitants de tabac. Toutefois, le fabricant de Sniffy communique sur l’accessibilité de son produit, “disponible sur notre site internet et chez votre buraliste”. La responsabilité des buralistes dans la commercialisation de cette poudre est par ailleurs rapidement relativisée par Philippe Coy, qui affirme que “la plupart des mises en vente sont sur les réseaux sociaux”. Aucune donnée ne permet cependant de corroborer une telle déclaration. 

Le souci du réseau des buralistes pour la santé publique a enfin provoqué la surprise de la journaliste, estimant qu’il pouvait paraître contradictoire de la part de vendeurs de produits du tabac. Là encore, le président de Philip Coy a relativisé le danger sanitaire que constituent les produits du tabac : “je suis désolé, on vend des voitures, ça  crée des accidents de la route”. A titre de comparaison, 3170 personnes sont décédées en France d’un accident de voiture en 2023, soit 23 fois moins que le bilan annuel moyen du tabagisme dans le pays. 

©Génération Sans Tabac

FT


Comité national contre le tabagisme |

Publié le 29 mai 2024