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L’OMS confirme que l’investissement dans le sevrage tabagique est rentable

Un rapport de l’OMS[1] décrit différentes simulations qui analysent l’impact financier de l’investissement dans le sevrage tabagique reposant sur des traitements à l’efficacité fondée sur les preuves scientifiques (le conseil d’arrêt, les services d’accompagnement par téléphone et SMS et les prescriptions médicamenteuses (substitution nicotinique, bupropion et varénicline). Globalement, l’investissement de 1 US$ rapporte 7,50 US$.

Parmi les 1,3 milliard de fumeurs que compte la planète, seuls 30% ont accès à des dispositifs de prise en charge de l’arrêt du tabac. Selon l’OMS, plus de 60 % des fumeurs déclarent vouloir arrêter et plus de 40 % ont tenté de le faire au cours de l’année écoulée. Cependant, du fait du pouvoir addictif majeur de la nicotine, peu de fumeurs arrivent à arrêter en l’absence d’une aide efficace.

Des bénéfices sanitaires et économiques conséquents

Pour la période 2021-2030, l’investissement dans ces pays de 1,68 US$ par habitant dans le sevrage tabagique conduirait 152 millions de fumeurs à arrêter définitivement, avec au total 2,7 millions de vies sauvées d’ici 2030.

Ainsi, la mise en œuvre du conseil d’arrêt et la proposition d’accompagnement par ligne téléphonique et SMS pourraient conduire d’ici 2030 à 88 millions d’arrêts du tabac définitifs avec 1,4 million de vies sauvées, et la prescription de traitements médicamenteux à 65 millions d’arrêts et 1,3 million de vies sauvées.

Comme les bénéfices liés à l’arrêt se poursuivent sur de nombreuses années, au moment où les ex-fumeurs atteignent l’âge de 65 ans, chaque dollar investi aura rapporté 7,50 US$.

L’efficacité des traitements médicamenteux est particulièrement rentable

Les traitements médicamenteux de l’addiction au tabac comprennent principalement les thérapies de substitution nicotinique (TSN) qui sont disponibles sous plusieurs formes : cutanée (patchs), buccale (gommes, pastilles, sprays, inhalateurs…) et nasale (spray).  Ils permettent de contrôler en grande partie les symptômes de manque, sous réserve de prescrire une dose de nicotine suffisante et adaptée à chaque fumeur, sachant que les TSN sont parfaitement tolérés. À côté des TSN peuvent être prescrits deux médicaments sans nicotine : la varénicline et le bupropion.

Si les prescriptions médicamenteuses ont un cout plus élevé, leur efficacité se traduit par un retour sur investissement très rentable à long terme[2].

Ainsi, l’OMS recommande aux pays à revenu faible ou intermédiaire, l’investissement, dans un premier temps, dans la promotion du conseil d’arrêt et des lignes téléphoniques et SMS de soutien, puis, au fur et à mesure que les ressources et les capacités des pays augmentent, des investissements complémentaires dans les traitements médicamenteux sont à envisager afin de sauver des vies humaines, tout en sachant que ses investissements sont financièrement rentables.

Mots clés : OMS, sevrage, arrêt tabac, traitements nicotiniques de substitutions, accompagnement

©Génération Sans Tabac

AE


[1] . It’s time to invest in cessation: the global investment case for tobacco cessation. Geneva: World Health Organization; 2021. Licence: CC BY-NC-SA 3.0 IGO.

[2] It’s time to invest in cessation: the global investment case for tobacco cessation. Methodology and results summary. Geneva: World Health Organization; 2021. Licence: CC BY-NC-SA 3.0 IGO.

Comité National Contre le Tabagisme |

Publié le 1 décembre 2021