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Grand Est : lancement d’une formation gratuite sur le sevrage tabagique pour les professionnels de santé

L’agence régionale de santé (ARS) du Grand Est et l’université de Lorraine viennent d’ouvrir une formation au sevrage tabagique, baptisée Fast. Destinée aux professionnels de santé en exercice ou au futurs professionnels de santé, elle est disponible sur une plateforme gratuite. Le projet est développé conjointement par les universités du Grand Est : Lorraine, Strasbourg et Reims Champagne-Ardenne.

Cette formation est financée par l’ARS Grand Est à hauteur de 630 000 euros dans le cadre du fonds de lutte contre les addictions (FLCA). Le projet est co-porté par la Faculté de Pharmacie, la Faculté de Médecine Maïeutique et Métiers de la Santé et le Collégium Santé de l’Université de Lorraine, en partenariat avec les associations impliquées dans la lutte contre le tabagisme dans le Grand Est (Grand Est Sans Tabac – GEST, Grand Est Addiction – GEA) et le CHRU de Nancy. Les associations de professionnels de santé (URPS, FEMAGE) et les Ordres, concernés par la formation, ont été directement associés à ce projet.

Gratuite, cette formation à distance d’une durée totale d’environ 3h, peut être arrêtée et reprise à tout moment, pour s’adapter à l’emploi du temps des utilisateurs.

Une majorité de fumeurs souhaitent arrêter  

En France, l’enjeu du sevrage tabagique reste essentiel où la consommation de tabac stagne à un niveau très élevé avec 31,8% des adultes français de 18-75 ans se déclarant fumeurs dont 24,5% quotidiennement. La région du Grand Est est la troisième région en France où l’on fume le plus. Une situation qui s’explique pour partie par la présence de plusieurs pays frontaliers où les prix du tabac sont bien inférieurs à ceux en France. A cela s’ajoute le poids dans la région des catégories sociales plus vulnérables pour lesquelles la prévalence tabagique est plus élevée.

Les bénéfices de l’arrêt de la consommation de tabac sont importants et ce, quel que soit l’âge du fumeur : arrêter de fumer à 30 ans améliore l’espérance de vie de 10 ans, arrêter à 50 ans améliore l’espérance de vie de 4 ans, arrêter à 60 ans améliore l’espérance de vie de 3 ans.

La proportion de fumeurs souhaitant arrêter de fumer est élevée : on estime que six fumeurs sur dix désirent arrêter. Cependant, une minorité seulement y parvient sans prise en charge. Or cette prise en charge par un professionnel de santé augmente ainsi de 70% les chances de réussir son sevrage, soulignant les enjeux de l’offre de soins à ce niveau.

Les professionnels de santé, en première ligne pour accompagner le fumeur dans l’arrêt

Depuis 2016, la prescription de traitements nicotiniques de substitution (TNS) est ouverte aux chirurgiens-dentistes, aux infirmiers et aux masseurs-kinésithérapeutes, en plus des médecins et des sages-femmes. Ainsi de plus en plus de professionnels de santé sont désormais habilités à prescrire les traitements de substitutions nicotiniques. Cependant ceux-ci demeurent encore trop peu formés à la prise en charge du sevrage tabagique. Pour le professeur Yves Martinet, président du Comité national contre le tabagisme et l’un des quatre experts ayant coordonné le projet FAST, tous les professionnels de santé doivent aborder de manière systématique le statut tabagique de leur patient : « cela fait indirectement partie de leurs cursus en formation initiale mais compte tenu de l’importance du problème sanitaire que le tabagisme représente, c’est tout à fait insuffisant comme formation initiale »[1]. C’est pour répondre à ce manque et pour augmenter le niveau de connaissances et de savoir-faire des professionnels que la formation a vu le jour. Elle s’appuie sur des outils pratiques (vidéos, quizz, illustrations et interventions d’experts) adaptés aux besoins spécifiques des professions de santé ciblées pour l’accompagnement à l’arrêt de la consommation de tabac des patients fumeurs.

Il est important que ces derniers soient sensibilisés à la question du sevrage tabagique pour proposer des solutions adaptées en s’appuyant sur les principales stratégies reconnues comme efficaces : le conseil d’arrêt, l’entretien motivationnel, les thérapies cognitives et comportementales et les traitements médicamenteux (substituts nicotiniques en particulier).

Mots-clés : sevrage tabagique, arrêt du tabac, formation, professionnels de santé, Grand Est, université de lorraine, ARS

©Génération Sans Tabac

AE


[1] L’université de Lorraine lance une formation sur l’arrêt du tabac à destination des professionnels de santé, France bleu lorraine, publié le 11 avril 2024, consulté le 16 avril 2024

Comité national contre le tabagisme |

Publié le 19 avril 2024