Vapotage : les pédiatres britanniques plaident pour renforcer la protection des jeunes
31 août 2026
Par: Comité national contre le tabagisme
Dernière mise à jour : 21 août 2026
Temps de lecture : 5 minutes
Une revue de 81 études menée par le Collège royal de pédiatrie et de santé infantile (RCPCH) met en évidence des associations entre le vapotage et plusieurs effets sur la santé des enfants et des adolescents, notamment respiratoires[1]. Face à ces résultats et à la progression du vapotage chez les jeunes, les pédiatres britanniques appellent le Royaume-Uni et les autres gouvernements à renforcer les mesures visant à réduire l’attractivité et l’accessibilité des cigarettes électroniques.
Des risques pour la santé des enfants et des adolescents
Le RCPCH a examiné plus de 14 000 articles publiés, évalué 325 études en texte intégral et synthétisé les données de 81 études consacrées aux effets du vapotage chez les enfants et les jeunes jusqu’à 19 ans. Sa synthèse, publiée dans Archives of Disease in Childhood, associe le vapotage à des effets néfastes dans huit domaines sanitaires et sociaux : la santé respiratoire, la santé mentale, l’initiation au tabagisme, la santé bucco-dentaire, les allergies, le sommeil, les symptômes oculaires et les issues périnatales chez les bébés exposés in utero.
Les associations les plus cohérentes avec des effets néfastes ont été rapportées dans de vastes études transversales portant sur la toux, la respiration sifflante, les symptômes bronchitiques, l’anxiété, la dépression et les troubles paniques. Des analyses limitées, stratifiées par âge, issues d’études de grande qualité, ont montré que les associations concernant l’initiation au tabagisme, le passage d’un produit nicotinique au tabagisme et les symptômes psychiques pourraient être plus marquées chez les jeunes adolescents.
Le professeur Will Carroll, coauteur de la revue, évoque des « liens clairs » avec les symptômes respiratoires, la dépendance à la nicotine et l'initiation ultérieure au tabagisme. En effet, sur 31 études de haute et de moyenne qualité, une forte association a été observée entre la consommation passée, actuelle ou conjointe de cigarettes électroniques et l'initiation ultérieure à la cigarette ainsi que la progression vers un tabagisme quotidien établi. Les chercheurs soulignent toutefois que les effets à long terme du vapotage chez les jeunes restent encore insuffisamment documentés[2].
Le RCPCH demande de réduire l’attractivité des cigarettes électroniques
Face à ces résultats, le RCPCH estime que le vapotage ne doit pas être considéré comme une pratique anodine de l’adolescence. L’organisation appelle le gouvernement britannique à renforcer les mesures visant à réduire l’attractivité et l’accessibilité des cigarettes électroniques pour les jeunes, notamment en limitant davantage les arômes disponibles.
Cette demande intervient alors que le gouvernement britannique a lancé une consultation de 12 semaines depuis juillet sur le conditionnement, la présentation des cigarettes électroniques ainsi que leur exposition dans les lieux de vente. Les propositions prévoient notamment un emballage neutre, le déplacement des cigarettes électroniques hors de vue dans les magasins et des restrictions sur les noms des saveurs de cigarettes électroniques afin d'empêcher l’usage de noms inspirés des bonbons, des desserts et de l'alcool.
Des mesures qui s’inscrivent dans une politique anti-tabac et nicotine plus large
Ces propositions complètent le Tobacco and Vapes Bill, adopté récemment au Royaume-Uni, qui prévoit notamment une interdiction progressive de la vente de tabac aux personnes nées à partir du 1er janvier 2009. Le RCPCH considère cette réforme comme une étape importante, tout en soulignant qu’elle ne saurait constituer à elle seule une réponse aux usages de nicotine chez les jeunes.
L’organisation de santé publique Action on Smoking and Health (ASH) estime qu’environ un jeune Britannique de 11 à 17 ans sur cinq (19 %) a déjà expérimenté la cigarette électronique, et que 6 % d'entre eux utilisent actuellement la cigarette électronique, dont 2 % quotidiennement. Plusieurs acteurs de santé publique rappellent que si le vapotage seul est « moins » nocif que le tabagisme, il reste extrêmement addictif, n’est pas sans risques et les mineurs ainsi que les non-fumeurs ne devraient pas commencer.
Le gouvernement britannique indique pour sa part avoir déjà interdit les cigarettes électroniques jetables et prévu l’interdiction de la publicité et du parrainage en faveur des produits du vapotage à partir de 2027. Par ailleurs, le Premier ministre Andy Burnham souhaite accorder aux conseils municipaux des pouvoirs accrus pour restreindre les magasins spécialisés de vapotage dans le cadre de son projet visant à redynamiser les centres-villes britanniques. L’installation de ces magasins relève actuellement des mêmes règles que celles pour les cafés et les magasins et ne nécessité pas d’autorisation particulière. Andy Burnham propose de classer ces commerces dans une catégorie distincte au niveau des règles de l’urbanisme et de l’occupation des sols, afin que les conseils municipaux puissent les accepter ou les refuser au cas par cas.
De telles précautions pour protéger la jeunesse d’un produit toxique et addictif sont transposables à d’autres pays. En France, les associations de santé publique comme Contre-Feu et le Comité national contre le tabagisme militent de même pour réduire l’accessibilité et l’attrait de ces produits, notamment à travers des mesures comme la limitation voire l’interdiction des arômes, de la publicité, promotion, parrainage et de la vente en ligne, un conditionnement neutre, de grands avertissements sanitaires ou encore la réduction de certains seuils de nicotine.
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[1]Oyella P., Gilchrist F.J., Talawila Da Camara N., et al., Impacts of vaping on children and young people: a systematic review, Archives of Disease in Childhood, publié le 19 août 2026, consulté le 20 août 2026
[2]Hugh Pym, Olivia Ireland, Vapes could lead to health harms in children, doctors warn, BBC, publié le 20 août 2026, consulté le même jour