Une enquête sur le vapotage en Irlande du Nord révèle l’ampleur du problème chez les jeunes
21 mai 2025
Par: Comité national contre le tabagisme
Dernière mise à jour : 21 mai 2025
Temps de lecture : 5 minutes
Une nouvelle étude révèle qu’en Irlande du Nord, près de la moitié des élèves de terminale vapotent. Cette enquête, menée par l’Agence de santé publique (Public Health Agency - PHA), a porté sur plus de 7 500 jeunes âgés de 11 à 18 ans, dans 91 établissements du secondaire. Les autorités de la PHA qualifient désormais ce phénomène de « problème de santé publique urgent ». Les auteurs du rapport, intitulé "Comportements liés au vapotage chez les jeunes en Irlande du Nord", se sont penchés sur l’utilisation des cigarettes électroniques, les perceptions des jeunes à leur sujet, et ont également intégré des données sur la consommation du tabac[1].
En Irlande du Nord, un tiers des étudiants vapoteurs se mettent ensuite à la cigarette
L’étude révèle que 98 % des jeunes interrogés connaissent le vapotage, 15 % vapotent actuellement, dont 46 % des élèves de Terminale, contre 4 % en 5e. 76 % des vapoteurs n’avaient jamais fumé auparavant et 33 % de ces non-fumeurs ont ensuite essayé la cigarette. 75 % des e-cigarettes sont partagées[2].
Si 40 % des jeunes vapoteurs ont signalé des effets secondaires (maux de tête, vertiges, essoufflement, toux, baisse de la condition physique, anxiété/stress, nausées, accélération du rythme cardiaque, fatigue), 64 % ont tenté d’arrêter, 55 % ont réussi temporairement, 35 % souhaitent arrêter et 14 % aimeraient un accompagnement.
Concernant le tabagisme, 9 % des élèves ont déclaré avoir fumé une cigarette - 5 % des répondants étaient des fumeurs au moment de l’enquête et parmi eux, 26 % ont déclaré fumer quotidiennement. 46 % étaient des fumeurs réguliers, 16 % des fumeurs occasionnels et 39 % des fumeurs expérimentaux.
Le tabagisme est plus présent au lycée (17 %) qu’au collège (5 %), plus courant dans les zones défavorisées (12 %) que favorisées (7 %). 51 % des jeunes ont déclaré qu'un membre de leur famille immédiate avait déjà fumé des cigarettes. Pour la grande majorité des fumeurs, l'expérience de la cigarette a commencé à l'adolescence, mais 14 % ont essayé leur première cigarette à l'âge de 10 ans ou moins.
Les acteurs de santé se disent préoccupés par la situation nord-irlandaise
Elaine Wilmot, responsable de la veille sanitaire à la PHA, a expliqué que le vapotage chez les jeunes est principalement expliqué par la curiosité, l’effet de groupe ou la popularité pour « avoir l’air cool ». Les jeunes obtiennent facilement des vapes, souvent par l’intermédiaire de leurs amis ou de leur famille.
Bien qu’ils soient conscients de certains risques à court terme (tels que la toux, une gêne respiratoire, des maux de tête, des vertiges…), beaucoup sous-estiment les effets de la nicotine, notamment le risque de dépendance ou d’aggravation de troubles de santé mentale comme l’anxiété et la dépression.
La présence du vapotage à l’école, en particulier dans les toilettes, rend le phénomène difficile à contrôler et contribue à le banaliser. Les réseaux sociaux jouent également un rôle majeur, en présentant le vapotage comme une activité attrayante, souvent mise en scène par des influenceurs ou célébrités, au détriment d’une information claire sur les dangers liés à la nicotine.
Colette Rogers, responsable de la stratégie de lutte contre le tabac à la PHA, rappelle l’importance de sensibiliser les familles et la communauté éducative[3]. Elle insiste sur le rôle fondamental des parents et tuteurs, qui doivent engager des discussions ouvertes et précoces avec les jeunes sur les risques du vapotage, sans attendre que des problèmes apparaissent. Elle souligne également qu’« Il est important d'informer les jeunes qu'indépendamment de ce qui leur a été dit, même par un ami proche, le vapotage n'est pas cool et qu'ils ne devraient pas commencer à utiliser ces produits car les effets à long terme sur la santé ne sont pas encore totalement connus. Ces résultats nous aideront également à aborder la question du vapotage en Irlande du Nord et des services mis en place pour aider les gens à arrêter [de fumer et vapoter]. ».
Cette étude intervient quelques semaines avant l'entrée en vigueur, le 1er juin 2025, de l'interdiction de la vente et de l'offre de produits de vapotage à usage unique en Irlande du Nord. Andrew Muir, ministre de l’Environnement et de l'aménagement du territoire, avait annoncé cette date en décembre 2024 afin de la faire coïncider avec une interdiction similaire dans le reste du Royaume-Uni.
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[1]Wilmot E, Hagan A, “PHA publishes youth vaping research”, Health Intelligence Unit, Public Health Agency, avril 2025, https://www.publichealth.hscni.net/sites/default/files/2025-05/Behavioural%20Insights%20into%20Youth%20Vaping%20in%20NI_0.pdf
[2]Public Health Agency, PHA publishes youth vaping research, publié le 15 mai 2025, consulté le 16 mai 2025
[3]Fitzmaurice Maurice, Northern Ireland vaping survey lifts lid on scale of problem among young people, Belfast Live, publié le 15 mai 2025, consulté le 16 mai 2025