Plus de 500 ONG francophones unies pour un traité plastique ambitieux

6 août 2025

Par: Comité national contre le tabagisme

Dernière mise à jour : 5 août 2025

Temps de lecture : 5 minutes

Plus de 500 ONG francophones unies pour un traité plastique ambitieux

Alors que s’ouvrent à Genève les dernières négociations du traité mondial contre la pollution plastique (INC-5.2), plus de 500 organisations francophones de la société civile, issues de plus de 40 pays et territoires, ont signé une lettre ouverte appelant les gouvernements à adopter un texte ambitieux, centré sur la réduction massive de la production de plastique.

Unies pour la première fois à cette échelle, les ONG francophones affirment d’une seule voix que le statu quo n’est plus tenable et que seule une action résolue, contraignante et équitable pourra enrayer les dommages environnementaux, sanitaires et sociaux causés par les plastiques.

Une lettre ouverte au message clair : produire moins, polluer moins

La lettre ouverte signée par plus de 500 organisations de la société civile francophone appelle à un changement de paradigme dans la manière dont les plastiques sont produits, utilisés et réglementés. Elle affirme avec force une idée simple mais essentielle : plus on produit de plastique, plus on pollue. Face à l’échec du recyclage comme solution systémique, les signataires réclament une approche fondée sur la réduction à la source.

Le texte énonce plusieurs priorités structurantes que les États sont invités à intégrer dans le futur traité :

  • Des objectifs juridiquement contraignants de réduction de la production de plastique, en particulier pour les plastiques à usage unique et les plastiques non essentiels, afin d’enrayer la croissance continue des volumes produits à l’échelle mondiale ;
  • L’élimination progressive des substances toxiques ajoutées aux plastiques, responsables de multiples impacts sur la santé humaine, la faune et les écosystèmes ;
  • Une transition juste, qui garantisse la prise en compte des droits, des besoins et des moyens de subsistance des travailleuses et travailleurs impactés par les changements à venir, notamment dans les secteurs informels de la collecte ou du tri ;
  • La reconnaissance du droit à un environnement sain, pour toutes les populations, en particulier les communautés les plus vulnérables et les plus exposées à la pollution plastique ;
  • Un suivi et une transparence renforcés dans la mise en œuvre du traité, avec une implication significative des communautés locales, des scientifiques et des ONG dans les mécanismes de gouvernance.

La lettre insiste également sur la nécessité de rompre avec le modèle économique du jetable, qui repose sur une logique d’extraction, de production, de consommation rapide et d’élimination. Cette logique, portée par les grandes entreprises de la pétrochimie et de la plasturgie, est identifiée comme l’un des principaux moteurs de la crise écologique actuelle.

En affirmant qu’un monde libéré de la pollution plastique est possible, la société civile francophone appelle à dépasser les demi-mesures et les fausses solutions — comme le recyclage systématique ou les plastiques dits « biosourcés » — pour engager une transformation structurelle, fondée sur la sobriété, la réutilisation et la justice sociale.

Un contre-pouvoir face aux lobbies industriels : une mobilisation à renforcer

Alors que les négociations du traité sur la pollution plastique entrent dans leur phase décisive, les industries concernées – en particulier la pétrochimie, les producteurs de plastiques et le secteur du tabac – déploient des moyens considérables pour affaiblir l’ambition du futur texte. Plusieurs centaines de représentants de ces secteurs ont été accrédités pour participer à la session de Genève. Leur objectif est clair : préserver un modèle économique fondé sur la production de masse, en promouvant des solutions de substitution insuffisantes, comme le recyclage ou les plastiques dits « alternatifs », et en contestant les objectifs de réduction à la source.

Dans ce contexte, la mobilisation coordonnée de la société civile francophone constitue un contre-pouvoir essentiel. Elle permet de recentrer le débat sur l’intérêt général, la santé publique et la justice environnementale, en réponse à l’influence croissante des acteurs industriels.

Le Comité national contre le tabagisme (CNCT) est signataire de cette lettre ouverte et s’engage pleinement aux côtés des organisations environnementales et de santé pour défendre un traité ambitieux. Il réaffirme notamment la nécessité d’interdire les filtres de cigarettes, qui représentent un flux massif de pollution plastique sans aucun bénéfice pour la santé, et de garantir l’exclusion de l’industrie du tabac des négociations, en conformité avec les principes de la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac (CCLAT).

Dans cette dynamique, la lettre ouverte reste accessible à la signature de toutes les organisations de la société civile francophone mobilisées pour la protection de l’environnement, de la santé, du climat ou des droits humains. Elle constitue un levier collectif pour renforcer le poids des ONG dans les négociations internationales et exiger un traité à la hauteur des enjeux.

La consultation et la signature de la lettre sont possibles en ligne : Lettre ouverte pour un traité plastique ambitieux – version francophone


©Génération Sans Tabac

AE

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