Nofumadores.org demande aux partis politiques espagnols de s’engager pour la lutte antitabac
2 novembre 2026
Par: Comité national contre le tabagisme
Dernière mise à jour : 27 octobre 2026
Temps de lecture : 6 minutes
L’association antitabac Nofumadores.org a appelé l’ensemble des partis politiques espagnols à s’engager en faveur de la reprise du projet de loi antitabac, approuvé par le Conseil des ministres espagnol le 21 juillet 2026, lors de la prochaine législature[1]. Elle demande au futur gouvernement, issu des élections générales prévues le 29 novembre 2026, de relancer le projet de réforme qui avait déjà été présenté au Congrès des députés puis saisi par la commission de la Santé en septembre. L’organisation estime que cette réforme doit être considérée comme une priorité de santé publique, afin de renforcer la protection de la population face à l’ensemble des produits liés au tabac et à la nicotine. Elle identifie plusieurs axes d’action, notamment l’encadrement de la publicité, la limitation des arômes susceptibles d’attirer les adolescents et le renforcement de la protection des mineurs.
Raquel Fernández Megina, présidente de Nofumadores.org, appelle à la conclusion d’un accord politique national sur ce sujet. Selon elle, les politiques de santé publique ne peuvent rester fondées sur une réalité qui a évolué, alors que les produits et les modes de consommation de nicotine se sont diversifiés. Elle demande aux partis politiques de s’engager à reprendre les travaux déjà réalisés et au prochain gouvernement de ne pas laisser le projet de réforme sans suite. La présidente de l’association souligne également que la protection de la santé, en particulier celle des enfants et des adolescents, ne doit dépendre ni des échéances électorales ni des clivages politiques. Si la diminution du nombre de fumeurs constitue une avancée collective, elle estime qu’il serait prématuré d’en conclure que la lutte contre le tabagisme et la dépendance à la nicotine est achevée, compte tenu de l’apparition de nouvelles formes de consommation.
Une baisse du tabagisme qui ne signifie pas la fin de la dépendance à la nicotine
Nofumadores.org salue la diminution du tabagisme quotidien en Espagne, mise en évidence par l’Enquête nationale de santé 2025, réalisée par le ministère de la Santé et l’Institut national de la statistique (INE). Selon ses résultats, 15,4 % de la population âgée de 15 ans et plus fumait quotidiennement en 2025 contre 16,6 % en 2023. L’association considère cette évolution comme un progrès, mais met en garde contre une interprétation qui conduirait à considérer que le problème de la dépendance à la nicotine est en voie de résolution. Selon elle, la baisse historique du tabagisme traditionnel s’accompagne de la consolidation de nouvelles formes de consommation de nicotine. Les cigarettes électroniques et les autres dispositifs contenant cette substance occupent une place croissante dans les habitudes de consommation, ce qui nécessite, selon l’organisation, d’élargir le champ des politiques de prévention et de réglementation.
Raquel Fernández Megina estime ainsi que la diminution du nombre de personnes fumant des cigarettes constitue une bonne nouvelle, mais ne doit pas être confondue avec la disparition de la dépendance à la nicotine. Elle souligne que les fabricants ont diversifié leurs produits et leurs modes de consommation. Dans ce contexte, Nofumadores.org propose d’élargir la réflexion autour du tabagisme à celle de la dépendance à la nicotine dans son ensemble, afin de tenir compte de toutes les formes de consommation susceptibles d’entretenir cette dépendance. L’association considère donc que les politiques de santé publique doivent dépasser une approche exclusivement centrée sur la cigarette traditionnelle. Elle appelle à intégrer les nouveaux produits nicotiniques dans les mesures de prévention, avec une attention particulière portée aux dispositifs de vapotage et aux risques qu’ils peuvent présenter pour les jeunes.
Le vapotage progresse chez les adolescents
Parmi les principales préoccupations de Nofumadores.org figure l’évolution de l’usage des cigarettes électroniques chez les adolescents. Selon les chiffres cités par l’association, 27,1 % des élèves âgés de 14 à 18 ans ont utilisé une cigarette électronique au cours des 30 derniers jours, contre 26,3 % en 2023. Cette progression contraste avec le recul observé pour le tabac traditionnel chez les jeunes. Sur la même période, la proportion d’adolescents consommant des cigarettes classiques est passée de 21 % à 15,5 %. Par ailleurs, la proportion de jeunes déclarant avoir déjà essayé une cigarette électronique a diminué, passant de 54,6 % à 49,5 %.
Pour Nofumadores.org, ces évolutions doivent être interprétées avec prudence. Malgré la baisse de l’expérimentation au cours de la vie, l’augmentation de l’usage récent montre que les cigarettes électroniques continuent d’occuper une place importante parmi les pratiques de consommation des adolescents. La présidente de l’association souligne qu’il serait contradictoire de se féliciter du recul historique du tabagisme tout en négligeant le fait que plus d’un adolescent sur quatre dans cette tranche d’âge déclare avoir vapoté au cours du dernier mois. Elle précise que tous les dispositifs de vapotage ne contiennent pas nécessairement de nicotine, mais estime que ces données justifient une attention particulière, compte tenu des caractéristiques de produits présentés avec des arômes, des designs et des formats susceptibles d’attirer les jeunes.
La protection des jeunes au cœur des demandes de réforme
Nofumadores.org estime que la diversification des produits et des stratégies commerciales de l’industrie nécessite une adaptation de la réglementation. Selon l’association, les fabricants cherchent à maintenir leur activité en développant de nouvelles formes de consommation, alors que l’usage de la cigarette traditionnelle recule. Raquel Fernández Megina souligne que les produits, les arômes et les stratégies de commercialisation évoluent, mais que la nicotine demeure une substance susceptible d’entraîner une forte dépendance. L’association considère par conséquent que la prévention doit viser à éviter que de nouvelles générations développent une dépendance, quel que soit le produit utilisé. Dans cette perspective, Nofumadores.org demande que la réforme de la loi antitabac couvre un ensemble plus large de produits liés au tabac et à la nicotine. Ses principales demandes portent sur l’encadrement de la publicité, les arômes attractifs pour les adolescents et le renforcement des mesures de protection des mineurs.
L’organisation appelle ainsi les partis politiques à dépasser les divergences électorales pour reprendre les travaux législatifs engagés. Elle souhaite que le prochain gouvernement fasse de cette réforme une priorité de santé publique, afin d’adapter la réglementation à l’évolution des produits et des usages, et de poursuivre les efforts de réduction du tabagisme tout en prévenant l’extension de la dépendance à la nicotine.
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[1]Nofumadores.org urges the next Government to recover the reform of the anti-tobacco law in the new legislature, Democrata, publié le 22 octobre 2026, consulté le 26 octobre 2026