Le Royaume-Uni compte désormais plus de vapoteurs que de fumeurs
10 novembre 2025
Par: Comité national contre le tabagisme
Dernière mise à jour : 7 novembre 2025
Temps de lecture : 4 minutes
De nouvelles estimations officielles publiées par le gouvernement britannique[1] indiquent qu’il y a désormais davantage de vapoteurs que de fumeurs au Royaume-Uni[2]. En 2024, environ 5,4 millions de personnes âgées de 16 ans et plus déclaraient vapoter quotidiennement ou occasionnellement, contre 4,9 millions de fumeurs actuels. Selon les chercheurs, cette évolution témoigne du rôle du vapotage dans l’arrêt du tabac.
Le vapotage devient plus fréquent que le tabagisme au Royaume-Uni
Les données de l’Office for National Statistics (ONS) pour 2024 montrent que le taux de vapotage quotidien chez les adultes de 16 ans et plus est passé de 5,9 % en 2023 à 6,7 % en 2024. Si l’usage a légèrement diminué chez les 16-24 ans (de 6,9 % à 6,1 %), il a augmenté chez les 35-49 ans (de 6,8 % à 9,5 %). La plupart des vapoteurs sont d’anciens fumeurs ou des fumeurs actuels.
L'enquête de l'ONS suggère aussi que 10 % des adultes âgés de 16 ans et plus vapotent quotidiennement ou occasionnellement, soit légèrement plus que les 9,1 % qui déclarent fumer actuellement.
Parallèlement, la proportion de fumeurs de 18 ans et plus a atteint un niveau historiquement bas de 10,6 % au Royaume-Uni, soit environ 5,3 millions de personnes. Les disparités régionales persistent : 10,4 % en Angleterre, 11,4 % au Pays de Galles, 12 % en Écosse et 10,5 % en Irlande du Nord.
Après avoir promu massivement les cigarettes électroniques, le gouvernement britannique poursuit dorénavant une stratégie de maintien du vapotage comme « alternative » au tabac mais est contraint de développer des mesures pour prévenir l’usage des cigarettes électroniques chez les jeunes en forte hausse.
La baisse du tabagisme est saluée mais le vapotage n’est pas la solution à long terme
Pour Hazel Cheeseman, directrice générale de l’organisation ASH (Action on Smoking and Health), ces progrès reflètent les effets d’une politique antitabac cohérente sur le long terme, tout en regrettant que les fumeurs continuent d’être piégés dans une addiction à la nicotine.
Elle souligne que près de cinq millions de Britanniques fument encore, et que le pays doit accélérer les efforts pour atteindre l’objectif fixé en 2019 : parvenir à une Angleterre sans tabac d’ici 2030, soit moins de 5 % de fumeurs, ce qui signifierait une baisse du taux de tabagisme de 0,9 point par an. Pour l’heure, le tabagisme est responsable de 70 000 décès prématurés chaque année et constitue la première cause de mortalité évitable au Royaume-Uni.
Selon Hazel Cheeseman, il est nécessaire d’investir davantage dans le sevrage tabagique, en particulier dans les communautés les plus touchées.
Une grande part de la baisse de la prévalence tabagique au Royaume-Uni résulte des politiques de santé publiques strictes et non de l’effet du vapotage. En 2006-2007, le Royaume-Uni a interdit de fumer dans les lieux publics clos et sur les lieux de travail. En 2015, fumer en voiture en présence d'enfants a été proscrit. En 2017, le paquet de cigarettes neutre a été instauré. Chaque mesure a rendu les conditionnements des cigarettes moins attrayants, notamment pour les jeunes[3]. Enfin, une politique fiscale constante a conduit à fortement limiter l’accessibilité des produits du tabac et a dissuadé l’entrée dans le tabagisme.
Le vapotage, bien qu’en hausse, reste à encadrer. ASH estime que les nouvelles dispositions du Tobacco and Vapes Bill offriront une opportunité de réglementer ces produits, en particulier sur le plan du marketing, afin d’en prévenir l’initiation chez les jeunes et les non-fumeurs.
Dans le Tobacco and Vapes Bill, actuellement débattu à la Chambre des Lords, et qui vise à atteindre une génération sans tabac, se trouvent en effet des dispositions pour restreindre la vente, la promotion, les emballages et les arômes des cigarettes électroniques, notamment ceux ciblant les mineurs, comme les emballages colorés et les saveurs sucrées. Des restrictions sur la teneur en nicotine sont aussi envisagées. Le projet de loi est soutenu par de nombreux experts de santé britannique.
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[1]Office for National Statistics (ONS), ONS website, statistical bulletin, Adult smoking habits in the UK: 2024, publié le 4 novembre 2025, consulté le 6 novembre 2025
[2]ASH, Fall in smoking means more people now vape than smoke, publié le 4 novembre 2025, consulté le 6 novembre 2025
[3]Grand Pinnacle Tribune, Vapers Surpass Smokers In Britain For First Time, publié le 5 novembre 2025, consulté le 6 novembre 2025