Le CNCT soutient le projet d’extension du paquet neutre à tous les produits du tabac et du vapotage

17 avril 2026

Par: Comité national contre le tabagisme

Dernière mise à jour : 17 avril 2026

Temps de lecture : 5 minutes

Le CNCT soutient le projet d’extension du paquet neutre à tous les produits du tabac et du vapotage

À l’Assemblée nationale, les députés Nicolas Thierry (Les Écologistes) et Pierre Cazeneuve (Ensemble pour la République), aux côtés du Comité national contre le tabagisme (CNCT), ont présenté une proposition de loi transpartisane visant à généraliser le paquet « neutre et uniformisé » à l’ensemble des produits du tabac et du vapotage[1].

Inscrite dans le Programme national de lutte contre le tabac (2023–2027), cette mesure vise à limiter l’usage des conditionnements à des fins promotionnelles, notamment auprès des jeunes.

Des produits dangereux et addictifs qui ciblent la jeunesse

D’une part, seuls les cigarettes classiques et le tabac à rouler sont concernés par l’instauration du paquet neutre en vigueur depuis le 1er janvier 2017. Le CNCT a appelé à élargir cette mesure à d’autres produits du tabac comme le tabac chauffé et le narguilé, dont la toxicité et l’attrait auprès des jeunes sont également reconnus.

D’autre part, cette initiative intervient dans un contexte de hausse de l’usage de la cigarette électronique chez les jeunes. Les données récentes indiquent une expérimentation répandue et une progression notable de l’usage quotidien, soulevant des inquiétudes quant à une diffusion accrue de la consommation de nicotine chez les adolescents. En effet, selon l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT), 46 % des lycéens français ont déjà expérimenté la cigarette électronique en 2024, tandis que 6,8 % d’entre eux indiquent consommer quotidiennement ce produit, soit une augmentation de 79 % en seulement deux ans.

L’enjeu est d’autant plus important que près d’un collégien sur cinq déclare avoir déjà expérimenté la cigarette électronique, soulignant le risque d’un développement rapide d’une nouvelle épidémie nicotinique chez les adolescents.

Cette progression résulte tout particulièrement des stratégies marketing déployées par les fabricants, lesquelles ciblent un public jeune. Elles reposent notamment sur des conditionnements attractifs (couleurs vives et contrastées, visuels dynamiques), inspirés de produits de consommation courante. Le conditionnement est ainsi utilisé comme un « vendeur muet ».

Un enjeu de santé publique prioritaire

L’extension du conditionnement neutre aux autres produits du tabac (tabac chauffé, chicha…) apparaît sans appel dans un contexte où le tabagisme reste responsable de plus de 68 000 décès prématurés en 2023, soit 11 % de la mortalité totale, ce qui en fait toujours la première cause de mortalité prématurée et évitable en France[2].

Par ailleurs, des experts de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) ont récemment rappelé que le vapotage n’est pas inoffensif, et ce même sans nicotine : celui-ci présente des risques pour la santé, notamment sur les plans respiratoire, cardiovasculaire et neurologique. Bien que les études ne bénéficient pas d’un recul encore suffisant pour en tirer toutes les conséquences, celles-ci ont déjà pointé des effets probables du vapotage sur une augmentation de la pression artérielle et de la fréquence cardiaque ainsi que des effets possibles sur la BPCO, la cancérogenèse (une hypothèse d’ailleurs appuyée par une étude australienne) et pour les femmes enceintes, sur le développement cardiovasculaire et respiratoire du fœtus.

La nicotine en elle-même est extrêmement addictive et ce dès les premières semaines de consommation.

Enfin, la littérature scientifique montre qu’un jeune vapoteur encourt un risque deux à quatre fois plus élevé de consommer du tabac par rapport à un jeune non vapoteur.

Une mesure de prévention éprouvée et nécessaire

Le CNCT rappelle que le paquet neutre a démontré son efficacité sanitaire et sociale. Les recherches menées en France montrent en effet que le paquet neutre tend à renforcer l’opinion négative à l’égard du tabagisme en mettant notamment mieux en exergue les avertissements sanitaires : ces derniers empêchent l’utilisation du packaging comme support publicitaire et les fabricants de laisser entendre que certains produits seraient moins toxiques que d’autres. Ce faisant, ils contribuent à diminuer l’initiation tabagique ou encore à augmenter les tentatives de sevrage chez les consommateurs.

Son extension s’inscrit ainsi dans une logique de prévention et de meilleure réglementation des produits nicotiniques. Elle est soutenue par l’alliance contre le tabac Contre-Feu, qui réunit les organisations de la société civile engagées dans la lutte contre le tabagisme[3].

Les deux députés souhaitent maintenant que leur mesure fasse consensus dans d’autres partis afin de l’inscrire à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale en juin 2026[4]. Le paquet neutre pour les produits du tabac tend à se généraliser dans le monde entier et certains pays, comme l’Israël, et des pays nordiques, comme le Danemark, ont déjà instauré un emballage neutre sur les produits de vapotage.

©Génération Sans Tabac

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[1]Généralisation du paquet neutre : le CNCT soutient la proposition de loi de Nicolas Thierry, Comité national contre le tabagisme, publié le 15 avril 2026, consulté le 16 avril 2026

[2]Tabagisme en France : 68 000 décès évitables en 2023, une baisse encourageante mais un fardeau toujours trop important, Santé Publique France, publié le 16 février 2026, consulté le 17 avril 2026

[3]Cigarette électronique : la nouvelle machine à cash des industriels, Contre-Feu, publié le 14 avril 2026, consulté le 16 avril 2026

[4]Cigarette électronique : deux députés veulent imposer le paquet neutre au vapotage, Le Monde, publié le 15 avril 2026, consulté le 16 avril 2026

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