Le Belize s’oriente vers l’interdiction de fumer dans les lieux publics fermés

5 août 2025

Par: Comité national contre le tabagisme

Dernière mise à jour : 30 juillet 2025

Temps de lecture : 5 minutes

Le Belize s’oriente vers l’interdiction de fumer dans les lieux publics fermés

Le ministère de la Santé et du Bien-être, avec le soutien de l’Organisation panaméricaine de la santé (OPS) et de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), a organisé à Belize City un important atelier visant à faire avancer le pays vers un environnement sans tabac. Cette initiative s’inscrit dans une dynamique régionale en faveur du renforcement de la législation sur le tabac à travers l’Amérique latine[1].

Un atelier stratégique pour un Belize sans tabac

Bien que le Belize ait ratifié la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac le 15 décembre 2005, les autorités estiment qu’il est temps de passer des engagements à la mise en œuvre concrète. L’atelier a réuni des représentants du gouvernement, de la société civile, du monde universitaire et du secteur privé afin d’échanger sur les stratégies à adopter.

L’objectif revendiqué est de réduire l’usage du tabac, l’une des principales causes évitables de décès prématuré, et promouvoir des espaces de vie plus sains et exempts de fumée.

Le Dr Andrei Chell, directeur de l’Unité d’analyse des politiques et de planification, a précisé que cette semaine est consacrée à des activités centrées sur les environnements sans tabac ni émissions. Selon lui, il s’agit de sauver des vies, de soutenir l’économie et d’améliorer la qualité de vie au Belize. Il a souligné l’importance de la collaboration multisectorielle pour identifier les bonnes pratiques et mettre en place des politiques fondées sur des données probantes.

Les données de la société d'études de marché IndexBox montrent que le Belize a enregistré la consommation par habitant la plus élevée de cigarettes de la région en 2024, avec une moyenne de 50 unités par personne. Les données ont également montré que le Belize figure parmi les trois premiers importateurs de produits du tabac dans la région, avec 52 millions de dollars dépensés en 2024[2].

Une dynamique régionale en faveur de la santé publique

Lors de cet atelier, Rosa Carolina Sandoval, conseillère régionale à l’OPS, a rappelé que la réduction de la consommation de tabac et du tabagisme passif permet non seulement de sauver des vies, citant par exemple les risques de cancers et de maladies cardiovasculaires, mais également de réaliser des économies significatives pour les systèmes de santé. Pour elle, il est essentiel de garantir des espaces non-fumeurs dans les espaces fermés et les lieux de travail pour protéger la santé des travailleurs.

Elle a également insisté sur l’importance de la prévention et du soutien aux pays qui souhaitent adopter des lois anti-tabac. Mme Sandoval a ainsi souligné que 24 pays d’Amérique latine et des Caraïbes ont déjà mis en œuvre des lois interdisant de fumer dans les lieux publics tels que les bars et restaurants, ces lois n’ayant pas impacté le tourisme de pays comme Trinité-et-Tobago, la Jamaïque ou encore la Barbade.

Elle a ajouté que dans un pays comme l'Uruguay, qui a été le premier à mettre en place une politique antitabac en 2005, les lois antitabac ont rapidement augmenté les revenus des bars et restaurants en attirant une clientèle non-fumeuse, majoritaire dans le pays.

L’OPS et l’OMS souhaitent désormais accompagner le Belize dans la mise en place de mesures similaires, dans l’espoir de voir un jour l’ensemble de la région devenir une zone sans tabac.

Avec une mobilisation croissante autour de cette initiative régionale, le Belize cherche désormais à définir une feuille de route claire pour protéger la santé publique des effets néfastes du tabac. Le dialogue entre les différents secteurs devrait permettre de bâtir des alliances solides pour instaurer des environnements sans fumée, au bénéfice de l’ensemble de la population.

Toutefois, le ministère de la Santé et du Bien-être social du Belize a déclaré plus tôt dans le mois de juillet qu'il n'augmenterait pas les taxes sur le tabac et l'alcool, contrairement à ce que recommande l’OMS. Au début du mois, l'organisation a lancé une initiative majeure exhortant les pays à augmenter le prix du tabac, de l'alcool et des boissons sucrées d'au moins 50 % d'ici 2035 par le biais de taxes.

L'OMS affirme que cette augmentation permettrait de réduire les maladies chroniques et de générer des recettes publiques essentielles.

Selon les responsables de la santé, le Belize n'en est pas encore là, mais cherche plutôt à finaliser un projet de loi sur le tabac visant à décourager la vente et la consommation de tabac. La directrice de la santé publique et du bien-être, le Dr Melissa Diaz Musa, a affirmé que ce projet de loi réglementerait également la commercialisation du tabac et que des campagnes de prévention contre les boissons sucrées, le tabac et l’alcool seraient menées dans les écoles.

©Génération Sans Tabac

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[1]Arceo Tanya, Belize Pushes for Smoke-Free Future, Greater Belize, publié le 29 juillet 2025, consulté le 30 juillet 2025

[2]Love FM, Belize Rejects WHO Call for Higher Tobacco and Alcohol Taxes, publié le 24 juillet 2025, consulté le 30 juillet 2025

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