France : nuances socioéconomiques et territoriales de la consommation de tabac et de vapotage
25 mai 2025
Par: Comité national contre le tabagisme
Dernière mise à jour : 28 mai 2025
Temps de lecture : 5 minutes
En 2023, un échantillon représentatif de 14 984 adultes âgés de 18 à 75 ans vivant en France hexagonale a été interrogé dans le cadre de l’Enquête sur les représentations, opinions et perceptions sur les psychotropes (EROPP) conduite par l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT) depuis 1999[1]. L’OFDT, en partenariat avec Santé publique France, a dévoilé les niveaux de consommation de tabac par région au sein de la population adulte de France métropolitaine[2]. Cette étude complète les résultats de l’enquête nationale de l’OFDT publiés en novembre 2024 en détaillant également les niveaux de consommation du tabagisme en fonction des principaux facteurs socioéconomiques. Elle révèle notamment que moins d’un Français sur quatre fume quotidiennement, la plus faible proportion depuis plus de 30 ans mais qui demeure à un niveau particulièrement élevé par comparaison avec la plupart des pays. Le vapotage est en hausse mais sa consommation reste plus limitée.
Recul du tabagisme, progression du vapotage et fortes disparités sociales
Entre 2021 et 2023, le tabagisme quotidien a diminué, avec 23,1 % de fumeurs quotidiens en 2023 contre 25,3 % en 2021. À cela s’ajoutent 8 % de la population des 18-75 ans qui fument occasionnellement. C’est la proportion de fumeurs quotidiens la plus basse depuis la fin des années 1990. Néanmoins, par rapport à la prévalence tabagique mondiale, comprenant fumeurs quotidiens et occasionnels, de 21,7 % en 2020[3], le problème du tabagisme en France demeure majeur.
Les cigarettes manufacturées restent les plus fumées devant les cigarettes à rouler. Les cigarillos, les cigares ou la chicha sont beaucoup moins consommés, avec moins de 5 % d’usagers, dont très peu de façon quotidienne[4].
La récente baisse du tabagisme quotidien est plus marquée chez les chômeurs. Par rapport à 2021, la proportion de fumeurs quotidiens parmi les personnes au chômage a baissé de 10 points, passant de 45,8 % (contre 20 % chez les actifs occupés) à 35,7 %.
Les personnes sans diplôme ou ayant un diplôme inférieur au baccalauréat fument beaucoup plus (28,9 %) que celles déclarant un diplôme supérieur au baccalauréat (16,6 %). La prévalence du tabagisme quotidien est presque deux fois plus élevée parmi les personnes déclarant des revenus inférieurs à 1 160 euros (30,3 %) que parmi celles dont le revenu est supérieur à 2 510 euros (17 %).
La part des fumeurs quotidiens diminue nettement avec l’âge jusqu’à atteindre une personne sur dix entre 65 et 75 ans. En revanche, le tabagisme culmine entre 25 et 44 ans, où il concerne trois personnes sur dix. Les hommes restent plus nombreux à fumer quotidiennement que les femmes, 25,4 % contre 20,9 %.
Concernant le vapotage, la proportion d’adultes déclarant avoir déjà vapoté au cours de leur vie a presque doublé en neuf ans, passant de 25,7 % en 2014 à 41,8 % en 2023. En 2023, le vapotage actuel concerne 8,3 % des 18-75 ans. Il s’agit le plus souvent d’un usage quotidien (6,1 % des 18-75 ans) qui touche toutes les catégories de la population française adulte. Les hommes sont plus nombreux à vapoter quotidiennement (6,8 %) que les femmes (5,4 %).
Enfin, 4,8 % des adultes disent à la fois fumer du tabac et vapoter, la moitié d'entre eux de manière quotidienne, soit 2,1 % des 18-75 ans. Le vapotage quotidien est presque aussi répandu parmi les fumeurs occasionnels (11,2 %) que parmi les fumeurs quotidiens (9,1 %).
L’étude révèle également des différences territoriales du tabagisme et du vapotage
Quatre régions se distinguent concernant le pourcentage de fumeurs quotidiens. L’Île-de-France (19,6 %) et la Bretagne (19,5 %) sont les deux régions où le tabagisme quotidien est relativement plus faible que celui de la France métropolitaine. Les régions Provence-Alpes-Côte d'Azur (26,5 %) et Bourgogne-Franche-Comté (26,8 %) affichent les taux les plus élevés avec un écart d’environ 7 points. En 2023, le vapotage quotidien est plus fréquent dans deux régions de France hexagonale que sont la Bretagne (8,5 %) et la Normandie (8,1 %).
Entre 2021 et 2023, la Bretagne, l’Île-de-France et la région Auvergne-Rhône-Alpes sont celles qui ont connu la baisse la plus significative de la prévalence du tabagisme quotidien. En 2021, la Bretagne avait une prévalence de 23,1 % et l’Île-de-France de 22,4 %. En 2023, ces chiffres ont diminué respectivement à 19,5 % et 19,6 %. La région Auvergne-Rhône-Alpes a également enregistré une baisse notable, passant de 24,9 % en 2021 à 21,6 % en 2023, soit une diminution d’environ 3,3 points.
Bien que certaines spécificités régionales puissent exister, plusieurs facteurs peuvent contribuer à les expliquer. Ces facteurs peuvent être culturels, comme la perception des usages influencée par la représentation du tabac à l’écran ou l’implication de l’industrie du tabac dans les actions locales. Ils peuvent aussi être socio-économiques, liés aux conditions de vie ou aux modes d’approvisionnement. Enfin, les politiques locales de lutte et de prévention contre le tabagisme jouent également un rôle important.
AD
[1]Le Nézet O., Pasquereau A., Guignard R. Philippon A., Nguyen-Thanh V., Spilka S., « Tabagisme et vapotage parmi les 18-75 ans en 2023 », Tendances, OFDT, 2025, n° 168, https://www.ofdt.fr/sites/ofdt/files/2025-05/tendances_168_0.pdf
[2]Observatoire français des drogues et des tendances addictives, Tabagisme et vapotage parmi les 18-75 ans en 2023, publié le 20 mai 2025, consulté le 20 mai 2025
[3]Génération sans tabac, Evolution de la consommation tabagique dans le monde (2000-2030), publié le 25 janvier 2024, consulté le 21 mai 2025
[4]De La Chesnais Éric, La consommation de cigarettes continue de chuter, Le Figaro, publié le 20 mai 2025, consulté le 20 mai 2025