En Israël, le tabagisme reste beaucoup plus élevé que la moyenne mondiale
7 juin 2025
Par: Comité national contre le tabagisme
Dernière mise à jour : 4 juin 2025
Temps de lecture : 5 minutes
Le rapport 2024 du ministre de la Santé israélien sur le tabagisme révèle que le taux de fumeurs en Israël est nettement supérieur à la moyenne mondiale, notamment chez les jeunes[1]. Environ un adulte sur cinq (20,5 %) fume, un chiffre stable depuis une décennie. Ce taux est 30 % plus élevé que la moyenne mondiale, tandis que le taux d’arrêt du tabac en Israël est deux fois inférieur à la moyenne de l’OCDE. Le tabagisme reste particulièrement élevé chez les hommes arabes (40,3 %). Par ailleurs, environ un quart des non-fumeurs déclarent être exposés au tabagisme passif, une exposition presque deux fois plus fréquente dans la population arabe que dans la population juive.
Le tabagisme et le vapotage, notamment celui des jeunes, inquiète les autorités sanitaires
Le rapport met en lumière la permanence d’une prévalence tabagique et une hausse préoccupante de l’usage des cigarettes électroniques chez les jeunes. Ce rapport s’appuie sur une enquête nationale qui indique que 53 % des adolescents qui expérimentent le tabac commencent par la cigarette électronique. De plus, les produits aromatisés sont massivement consommés par les adolescents, 88 % consomment de la chicha et 82 % des cigarettes électroniques aromatisées, alors que 45 % consomment des cigarettes classiques ou du tabac à rouler.
« Malheureusement, l'utilisation des cigarettes électroniques, en particulier chez les jeunes, gagne du terrain, ce qui affecte également l'ampleur du tabagisme », a déclaré le directeur général du ministère de la santé, Moshe Bar Siman Tov.
Une enquête inédite dans la population jeune ultra-orthodoxe (haredi) révèle aussi des taux d’expérimentation élevés : 54 % dans les yeshivot ketana, 70 % dans les yeshivot gedola et jusqu’à 80 % dans les établissements alternatifs pour jeunes à risque, âgés de 12 à 17 ans.
Par ailleurs, une enquête de l'Association israélienne contre le cancer a révélé qu'environ un tiers des Israéliens ont récemment commencé ou recommencé à fumer, en grande partie à cause du stress et de l'anxiété liés à la guerre[2]. Environ 5 % des fumeurs actuels ont déclaré avoir augmenté leur consommation de tabac depuis le début du conflit.
Une mobilisation renforcée contre le tabagisme
Le ministre de la Santé, Uriel Buso, a déclaré que « L’épidémie de tabagisme reste l’un des principaux facteurs de risque sanitaire en Israël. Nous menons une lutte active pour réduire l’exposition, la dépendance et l’accessibilité aux produits du tabac, en particulier chez les jeunes. C’est une priorité nationale de santé publique. »
Conformément à la loi, ce rapport a été soumis à la Knesset pour faire le point sur les dégâts sanitaires liés au tabac. Il vise à sensibiliser le public et à soutenir la lutte contre le tabagisme, à travers une série d’initiatives menées par le ministère de la Santé, en partenariat avec l’armée (Tsahal), les écoles, les caisses de santé, les collectivités locales et la société civile.
Parmi les actions majeures se trouvent la promotion d’environnements sans tabac, la création d’une ligne téléphonique nationale et gratuite pour le sevrage tabagique, la surveillance ciblée et des interventions personnalisées auprès de certains groupes de population et enfin le lancement de campagnes d'information et d’éducation ainsi que le développement de programmes scolaires.
Toutefois, alors que 82 autorités locales et régionales ont fait état d'activités dans le cadre de la loi sur la prévention du tabagisme, le ministère a noté que plus de 65 % des municipalités n'ont pas fourni les données requises, et nombre de celles qui ont fourni des données n'ont pas réussi à faire appliquer la loi de manière efficace.
En 2024, de nouvelles réglementations ont été adoptées, imposant des avertissements graphiques sur les paquets de cigarettes (le paquet neutre a été instauré le 8 janvier 2020[3]), y compris pour les conditionnements de produits du vapotage. Des mesures supplémentaires sont prévues, telles que l’interdiction prochaine des cigarettes électroniques jetables et les produits du vapotage et de la nicotine aromatisés.
Si la loi israélienne interdit la vente aux mineurs de tabac depuis 2004 et de cigarettes électroniques depuis 2019, de nombreux jeunes y ont encore accès, souvent en achetant dans des kiosques, des épiceries ou par l'intermédiaire de leurs pairs. Le ministère de la Santé, qui avait déjà lancé un plan d’action en 2023 face à l’épidémie de tabac et de vapotage notamment chez les jeunes, est ainsi appelé à intensifier ses efforts.
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[1]Dov Yehuda, 1 In 5 Israeli Adults Smokes, 30% Above Global Average, VINnews, publié le 3 juin 2025, consulté le 4 juin 2025
[2]Benson Pesach, Israel’s smoking rate 30% above global average, government report finds, World Israel News, publié le 3 juin 2025, consulté le 4 juin 2025
[3]Génération sans tabac, Le Laos adopte le paquet neutre pour les cigarettes, publié le 9 octobre 2024, consulté le 4 juin 2025