D’après l’OMS, les enfants dont les parents fument courent un risque plus élevé de retard de croissance

29 septembre 2025

Par: Comité national contre le tabagisme

Dernière mise à jour : 22 septembre 2025

Temps de lecture : 5 minutes

D’après l’OMS, les enfants dont les parents fument courent un risque plus élevé de retard de croissance

Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), les enfants dont les parents fument courent un risque nettement accru de souffrir de retard de croissance[1]. L’exposition au tabac avant et après la naissance peut entraver le développement et la santé, en particulier dans les pays à revenu faible et intermédiaire. En 2022, environ 148 millions d’enfants dans le monde étaient concernés, dont 52 % en Asie et 43 % en Afrique.

Comment le tabac influence la croissance humaine

Le retard de croissance se définit par une taille nettement inférieure à la norme pour un âge donné. Ce retard est souvent la conséquence d’une malnutrition chronique. Le tabagisme pendant la grossesse est également associé aux naissances prématurées, au faible poids de naissance et à une croissance fœtale limitée, qui sont des facteurs prédictifs d’un retard de croissance.

La fumée de tabac contient plus de 7 000 substances chimiques (dont au moins 69 sont connues pour provoquer des cancers chez les adultes) qui nuisent au développement du fœtus et de l'enfant. L'exposition pendant la grossesse contribue à un retard de croissance, à des anomalies congénitales et à des maladies chroniques ultérieures. L'exposition au tabagisme passif après la naissance aggrave les infections respiratoires et les problèmes de développement, et nuit à l’absorption des nutriments essentiels, augmentant encore le risque de retard de croissance. Les nourrissons et les jeunes enfants sont particulièrement vulnérables à ces effets.

Selon l'OMS, en 2024, plus de 150 millions d'enfants de moins de 5 ans étaient trop petits pour leur âge, ou souffraient d'un retard de croissance[2]. Cela représente environ 23 % de tous les enfants de cette tranche d'âge. À l'échelle mondiale, des pays africains tels que le Burundi et l'Érythrée ont signalé certains des taux les plus élevés de retard de croissance, environ la moitié des enfants âgés de 5 ans ou moins étant considérés comme trop petits pour leur âge.

En Inde, bien que les taux de retard de croissance aient diminué selon l'enquête nationale sur la famille et la santé (2019-2021) par rapport à la période précédente, ils s'élèvent toujours à 35,5 %.

« Le retard de croissance prive les enfants de leur droit de grandir, d'apprendre et de s'épanouir », a déclaré le Dr Etienne Krug, directeur du Département des déterminants de la santé, de la promotion et de la prévention à l'OMS. « Les enfants dont les parents fument courent un risque plus élevé de souffrir d'un retard de croissance. ».

En ce qui concerne les effets du tabagisme pré-conceptuel, « des études suggèrent que le tabagisme avant la grossesse peut avoir des répercussions sur la santé maternelle, la fertilité et le développement embryonnaire précoce. Cependant, il n'existe actuellement aucune preuve définitive que le fait de fumer uniquement avant la conception, sans continuer pendant la grossesse, augmente directement le risque de retard de croissance. Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour établir un lien clair et parvenir à des conclusions définitives », a déclaré le Dr Tarjnee Tiwari, médecin résident en médecine communautaire à l'hôpital Sion de Mumbai[3].

L’appel de l’OMS à faire appliquer rigoureusement les mesures antitabac

L’OMS appelle les gouvernements à renforcer la lutte contre le tabac en appliquant pleinement la Convention-cadre pour la lutte antitabac (CCLAT). Plus de 6,1 milliards de personnes sont protégées par au moins une mesure MPOWER visant à réduire le tabagisme, cependant l’organisation appelle à appliquer toutes ces dispositions MPOWER (surveillance, protection, aide à l’arrêt, avertissements, interdiction de la publicité et augmentation des taxes) et également à appliquer l’ensemble des dispositions du traité de la CCLAT.

Les priorités incluent la protection des femmes enceintes et les enfants contre le tabagisme passif, un accès élargi aux services d'aide au sevrage tabagique, en accordant une attention particulière aux femmes enceintes, une assurance que tous les lieux publics fermés soient entièrement non-fumeurs, un renforcement de la réglementation sur le tabac, une sensibilisation du public, l’utilisation d’avertissements sanitaires illustrés, une augmentation des taxes sur le tabac et enfin une interdiction stricte de la publicité, la promotion et le parrainage.

Agir contre le tabac permet non seulement de soutenir les droits des enfants à la santé, à la croissance et à l'éducation, de contribuer à réduire les problèmes de santé (infections, baisse de l'immunité) et à améliorer les taux de survie, mais aussi de diminuer le nombre de nombreuses autres maladies liées au tabac, responsables de plus de sept millions de décès mondiaux chaque année.

©Génération Sans Tabac

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[1]World Health Organization, WHO warns that tobacco use is linked to child stunting, publié le 9 septembre 2025, consulté le 17 septembre 2025

[2]Sakshi Srivastava, WHO report: Tobacco use identified as major driver of child stunting globally, The Week, publié le 16 septembre 2025, consulté le 17 septembre 2025

[3]Sarjna Rai, Children with parents who smoke face higher risk of stunting: WHO, Business Standard, publié le 16 septembre 2025, consulté le 17 septembre 2025

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