Surpoids et obésité : un facteur clé de la hausse des cancers chez les moins de 50 ans en Angleterre

4 mai 2026

Par: Comité national contre le tabagisme

Dernière mise à jour : 4 mai 2026

Temps de lecture : 6 minutes

Surpoids et obésité : un facteur clé de la hausse des cancers chez les moins de 50 ans en Angleterre

Une étude récente menée par l’Imperial College London et l’Institute of Cancer Research[1]-[2] met en évidence le rôle majeur du surpoids et de l’obésité dans l’augmentation des cancers chez les adultes de moins de 50 ans en Angleterre. Entre 2001 et 2019, l’incidence de 11 types de cancers a progressé dans cette tranche d’âge, dont la grande majorité est associée à un indice de masse corporelle élevé. Le surpoids serait impliqué dans 10 de ces 11 cancers, parmi lesquels les cancers colorectaux, du pancréas, de l’ovaire, du rein ou encore de l’endomètre. Les chercheurs estiment par exemple qu’une part significative de certains cancers pourrait être évitée par le maintien d’un poids sain, avec des proportions pouvant atteindre environ 20 % pour le cancer colorectal et jusqu’à 35 % pour le cancer de l’endomètre.

Une hausse documentée chez les jeunes adultes

L’analyse met en évidence une progression significative des cancers chez les 20–49 ans sur près de deux décennies. Sur les types de cancers étudiés, 11 présentent une augmentation dans cette tranche d’âge, avec des hausses notables pour les cancers colorectaux, du rein, du pancréas, de l’ovaire ou encore de l’endomètre. En 2023, environ 31 000 cas ont été diagnostiqués chez les jeunes adultes en Angleterre, soit près d’une personne sur 1 000. Parmi les cancers les plus fréquents figurent le cancer du sein (environ 8 500 cas), le cancer colorectal (3 000 cas) et le mélanome (2 800 cas).

Cette dynamique est d’autant plus notable qu’elle intervient dans un contexte de diminution du tabagisme, en particulier chez les jeunes. Historiquement, le tabac constituait le principal facteur de risque évitable de cancer, et son recul a contribué à la baisse ou à la stabilisation de plusieurs cancers dans les générations plus âgées, notamment les cancers du poumon et des voies aérodigestives supérieures. La hausse observée chez les jeunes adultes suggère ainsi un déplacement du profil de risque, avec une moindre contribution relative du tabac mais d’autres déterminants émergents.

Certaines évolutions se révèlent particulièrement marquées chez les jeunes générations. Le cancer colorectal, en particulier, connaît une progression rapide dans cette tranche d’âge, contrastant avec les tendances observées chez les populations plus âgées. Chez ces dernières, les politiques de prévention et les programmes de dépistage ont permis des diagnostics plus précoces et une amélioration des pronostics. À l’inverse, les jeunes adultes, moins concernés par ces dispositifs, sont souvent diagnostiqués à un stade plus avancé de la maladie.

Le surpoids, un facteur en expansion pouvant se cumuler à d’autres facteurs de risques

Les travaux identifient le surpoids et l’obésité comme le principal facteur de risque en augmentation sur la période étudiée. Contrairement au tabagisme, à la consommation d’alcool, qui ont globalement diminué ou se sont stabilisés, l’excès de poids est le seul déterminant ayant connu une progression continue chez les jeunes adultes.

Sur le plan biologique, l’excès de poids agit via des mécanismes inflammatoires, hormonaux et métaboliques favorisant le développement tumoral, en particulier pour certains cancers digestifs et hormonodépendants.

La progression du surpoids et de l’obésité s’impose comme un facteur de risque en nette augmentation, avec des répercussions directes sur l’incidence de plusieurs cancers. Les données montrent notamment que, chez les jeunes femmes, les cancers colorectaux associés à un indice de masse corporelle élevé progressent plus rapidement que ceux qui ne lui sont pas liés, passant de 0,9 à 1,6 cas pour 100 000 personnes. De manière plus globale, environ 15 à 20 % des cancers colorectaux chez les jeunes pourraient être attribuables au surpoids. Comme l’a souligné Montse Garcia-Closas, ces cancers s’inscrivent dans un ensemble de facteurs de risque cumulés : entre 40 % et 50 % des cas seraient liés à des déterminants combinés tels que l’obésité, la sédentarité, la consommation d’alcool et le tabagisme.

Adapter les politiques de prévention à un nouveau paysage des risques

L’évolution observée met en évidence la nécessité d’adapter les politiques de prévention à ces évolutions du profil de risque. La hausse des cancers chez les moins de 50 ans apparaît multifactorielle et encore partiellement expliquée. Si le surpoids constitue un déterminant majeur, il ne suffit pas à lui seul à rendre compte de l’ensemble des tendances observées. Les progrès du dépistage et du diagnostic pourraient également contribuer à identifier davantage de cancers à un âge plus précoce.

Dans ce contexte, la lutte contre le tabagisme demeure un pilier central des politiques de prévention, celui-ci restant l’une des principales causes de cancer, y compris chez les adultes de moins de 50 ans. L’adoption récente du Tobacco and Vapes Bill au Royaume-Uni, qui prévoit notamment des mesures ambitieuses pour limiter l’accès et l’attractivité des produits du tabac et de la nicotine, s’inscrit dans une logique de protection renforcée de la santé publique, en particulier des jeunes générations, et de réduction de leur exposition à des produits fortement addictifs et cancérogènes.

Parallèlement, les stratégies de prévention doivent intégrer de manière plus systématique les déterminants liés au surpoids. Ceci passe par l’adoption de politiques structurelles visant à encadrer la publicité et la promotion des produits alimentaires défavorables à la santé, à améliorer l’accès à une alimentation équilibrée et à favoriser des environnements propices à des modes de vie plus sains. Ces dispositions renvoient dans une large mesure aux politiques de prévention éprouvées adoptée pour lutter contre le tabagisme.

©Génération Sans Tabac

AE


[1] Jane Kirby, Cancer in the under-50s: Obesity is an important driver, researchers warn, The Independent, publié le 29 avril 2026, consulté le jour-même

[2] Tobi Thomas, Obesity a key factor for rising cancer rates in young people in England, study finds, The Guardian, publié le 29 avril 2026, consulté le jour-même

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