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L’Asie du Sud-Est doit renforcer sa lutte antitabac selon l’OMS

Bien que la consommation de tabac ait réduit de près de 30 % en Asie du Sud-Est depuis 2000, cette région reste la plus consommatrice au monde. L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) dresse un tableau de la situation de cette région et invite les pays à engager davantage d’efforts pour réduire la consommation de produits du tabac et de la nicotine.

Dans un communiqué de presse, l’agence régionale de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) pour l’Asie du Sud-Est estime que ce phénomène concerne actuellement 411 millions de personnes[1]. Pour 280 millions d’entre elles, il s’agit surtout de produits du tabac oraux. 77 % de la consommation mondiale de ces produits sont réalisés dans ces pays.

Des progrès significatifs dans certains pays en matière de consommation de tabac

La prévalence tabagique est ainsi passée de 68,9 % en 2000 à 43,7 % en 2022 pour les hommes, et de 33,5 % en 2000 à 9,4 % en 2022 pour les femmes. En continuant sur cette lancée, l’Asie du Sud-Est devrait atteindre son objectif de réduire de 30 % les maladies non transmissibles d’ici 2030, en particulier en Inde et au Népal. Si un « Bangladesh sans tabac » est prévu pour 2040, le projet d’une sortie du tabagisme est espéré en Inde dès 2030, dans le cadre de l’agenda du développement durable.

Plein essor des cigarettes électroniques, malgré certaines interdictions totales

Selon Saima Wazed, directrice régionale de l’OMS pour le Sud-Est asiatique, « des mesures urgentes sont également nécessaires pour réguler les cigarettes électroniques, dont l’efficacité dans le sevrage tabagique n’a pas été démontrée ». La prolifération des usages de cigarettes électroniques est visible en Asie du Sud-Est, mais les données scientifiques manquent encore pour l’établir. Tous les pays ne prennent en effet pas en compte la prévalence du vapotage dans leurs études et les données sur ce sujet restent parcellaires[2].

Parmi les 34 pays au monde ayant interdit les cigarettes électroniques, plusieurs d’entre eux se situent en Asie du Sud-Est (Inde, Sri Lanka, Népal, Thaïlande, Corée du Nord, Timor-Leste). Ceci n’empêche pourtant pas l’augmentation de la prévalence d’usage de ces produits, que ce soit isolément ou couplé avec des cigarettes fumées. En Thaïlande, la prévalence du vapotage chez les 13-15 ans est ainsi passée de 3,5 % en 2015 à 17,6 % en 2022.

Des efforts à renforcer, selon l’OMS

La plupart des pays de cette région ont mis en œuvre une stratégie de réduction de la demande en référence à la Convention cadre de l’OMS pour la lutte antitabac (CCLAT), laquelle inclut les dispositions importantes du programme MPOWER. Le niveau d’interférence de l’industrie du tabac étant cependant élevé, le bureau régional de l’OMS insiste pour que tous les pays de la région poursuivent l’adoption de mesures volontaires et engageantes pour réduire le tabagisme et le vapotage. Seules de telles mesures permettraient de diminuer significativement les cas de cancers, de troubles cardiovasculaires et de maladies respiratoires imputables aux produits du tabac.

Mots-clés : Organisation Mondiale de la Santé, Asie du Sud-Est, produits du tabac oraux, cigarettes électroniques, MPOWER

©Génération Sans Tabac

MF


[1] Accelerate tobacco and e-cigarette control measures: WHO, WHO South-East Asia Region, communiqué de presse, publié le 20 février 2024, consulté le jour même.

[2] WHO global report on trends in prevalence of tobacco use 2000–2030. WHO, rapport, janvier 2024, 144 p.

Comité national contre le tabagisme |

Publié le 25 février 2024