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L’Afrique, nouvel eldorado de la culture du tabac ?

Un rapport de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) montre que la production de feuilles de tabac est en croissance en Afrique, allant à l’encontre de la tendance mondiale[1].

La part de l’Afrique dans la production mondiale de feuilles de tabac semble s’intensifier. Couplé avec des pratiques marketing agressives de la part de l’industrie, ce phénomène participe, selon les auteurs, à expliquer la hausse des niveaux de consommation sur le continent. Ainsi, entre 2000 et 2018, le nombre de fumeurs est passé de 64 millions à 73 millions, là où il a diminué de 60 millions à travers le monde dans la même période.

Un secteur en croissance

Comme le souligne le rapport de l’OMS, l’Afrique semble prendre le contre-pied des dynamiques mondiales actuelles. Alors que la surface de culture dédiée aux feuilles de tabac a décliné dans le monde de 15,7% entre 2012 et 2018, celle-ci a augmenté de 3,4% en Afrique dans le même intervalle de temps. De la même manière, la production africaine de feuilles de tabac a enregistré une hausse de 10,6% en six ans, là où la production mondiale s’est affaissée de près de 14%. De ce fait, le centre de gravité de la culture de tabac semble se déplacer d’années en années vers l’Afrique qui représente désormais 18,1% des surfaces tabacoles et 11,4% de la production mondiale.

L’Afrique de l’est, principale productrice du continent

Alors qu’en 1995, le Zimbabwe et le Malawi concentraient près de 69% de la production africaine de tabac, cette dernière est désormais également portée par de nouveaux concurrents, comme la Zambie, le Mozambique ou la Tanzanie. Dans l’ensemble, plus de 90% de la production africaine est aujourd’hui issue de l’est du continent. Entre 2012 et 2018, le continent africain a sensiblement réduit ses importations de feuilles de tabac, en même temps qu’il a vu accroître ses exportations : en six ans, l’excédent commercial de l’Afrique a augmenté de 89% dans ce secteur.  Toutefois, le déficit de la balance commerciale africaine relative aux cigarettes s’est quant à lui considérablement creusé entre 2012 et 2018, passant de 322 à 701 millions d’euros.

Un obstacle au développement durable

Bien que la part du secteur tabacole dans l’économie africaine demeure encore résiduelle, à de rares exceptions près comme le Malawi, cette hausse d’activité n’est toutefois pas le signe d’une croissance durable. La culture du tabac, peu rentable et particulièrement polluante et dangereuse pour les populations comme pour la faune ou la flore locale, est une menace à la fois économique comme environnementale. Opposée aux objectifs de développement durable de l’ONU, la culture du tabac est identifiée comme un vecteur de pauvreté endémique. A ce titre, la Convention-cadre de l’OMS incite les Parties à privilégier autant que possible les cultures de substitution.

©Génération Sans Tabac

Mots clés : Afrique, Culture du tabac, environnement, développement durable

Crédit photo : Reuters


[1] Organisation mondiale de la santé, Status of tobacco production and trade in Africa, 12 février 2021 (Rapport en anglais)

Comité National Contre le Tabagisme |

Publié le 18 février 2021