Tabac : plus de 68 000 décès attribuables en France en 2023

16 février 2026

Par: Comité national contre le tabagisme

Dernière mise à jour : 16 février 2026

Temps de lecture : 5 minutes

Tabac : plus de 68 000 décès attribuables en France en 2023

Les dernières estimations publiées par Santé publique France[1] confirment le poids toujours majeur du tabagisme dans la mortalité en France. En 2023, plus de 68 000 décès prématurés lui sont attribuables, soit près de 11 % de l’ensemble des décès. Les cancers concentrent plus de la moitié de ces morts, suivis des maladies cardiovasculaires et respiratoires chroniques. Malgré une légère baisse par rapport aux années précédentes, le fardeau sanitaire reste considérable pour une cause évitable, soulignant la nécessité de poursuivre et renforcer les politiques de prévention et de réduction du tabagisme

Une mortalité massive, principalement par cancers

En 2023, le nombre estimé de décès attribuables au tabagisme s’élève à un peu plus 68 000, dont 49 361 chez les hommes et 18 660 chez les femmes. Le tabac représente ainsi 16 % de l’ensemble des décès masculins et 6 % des décès féminins

Les cancers constituent de loin la première cause de mortalité attribuable au tabac. En 2023, près de 39 000 décès par cancer sont liés au tabagisme, soit 57 % du total des décès attribuables et plus d’un décès par cancer sur cinq. Si le cancer du poumon reste le risque le plus connu, l’impact du tabac s’étend à de nombreuses autres localisations : voies aérodigestives supérieures, pancréas, vessie, rein, foie, estomac, colo-rectaux ou encore leucémies. Les pathologies cardiovasculaires arrivent en deuxième position avec plus 14 000 décès attribuables (environ 10 % des décès cardiovasculaires), devant les maladies respiratoires chroniques (près de 13 000 décès), pour lesquelles le tabac est impliqué dans plus d’un tiers des décès. Des décès sont également observés pour des affections respiratoires aiguës et le diabète.

Dans leur ensemble, ces données traduisent les conséquences sanitaires très lourdes à court terme et dans le temps du tabagisme sur la santé quel que soit l’organe concerné. A ces statistiques de mortalité s’ajoutent celles de la morbidité avec des centaines de milliers de patients dont les conditions de vie sont considérablement altérées en raison de leur maladie attribuable au tabagisme. En contribuant à la survenue de multiples maladies chroniques graves, le tabac altère durablement la qualité de vie, augmente les années vécues avec incapacité et réduit l’espérance de vie d’environ dix ans chez les fumeurs.

Des inégalités territoriales marquées

Le poids du tabac varie fortement selon les territoires. Après standardisation sur l’âge et le sexe, les taux de mortalité attribuable les plus élevés sont observés dans les Hauts-de-France, le Grand Est et la Corse, avec plus de 115 décès pour 100 000 habitants. À l’inverse, l’Île-de-France présente le taux le plus faible en métropole (83 pour 100 000), soit un niveau inférieur d’environ 40 % à celui observé dans les régions les plus touchées.

Dans les territoires ultra-marins, la situation apparaît plus contrastée. La part des décès attribuables au tabac est plus faible en Guadeloupe, en Martinique et en Guyane, où elle reste inférieure à 5 %, en cohérence avec des niveaux historiques de consommation plus bas. La Réunion se rapproche en revanche des niveaux hexagonaux avec près de 500 décès attribuables et une proportion d’environ 9 % des décès totaux. Ces écarts reflètent les déterminants sociaux, économiques et historiques du tabagisme, et soulignent la nécessité d’actions ciblées.

Une baisse encore trop lente face à un fardeau évitable

Les estimations actuelles sont en diminution par rapport à celles réalisées pour 2015, où environ 75 000 décès étaient attribués au tabac. Cette évolution traduit en partie les effets des politiques de prévention et la baisse progressive du tabagisme dans certaines générations.

Alors que la France s’est engagée à atteindre une génération sans tabac d’ici 2032, ces résultats rappellent que chaque ralentissement des politiques publiques retarde des gains sanitaires majeurs. Fiscalité élevée et continue, accès facilité au sevrage, protection des jeunes, application stricte des interdictions de publicité et de promotion, encadrement des nouveaux produits nicotiniques et prévention de l’ingérence de l’industrie du tabac demeurent des leviers essentiels pour réduire durablement cette

Parce que ces décès sont évitables, cette situation souligne la nécessité de poursuivre et d’intensifier les efforts engagés rappelle le Comité national contre le tabagisme (CNCT). L’atteinte d’une baisse plus rapide avec la nécessité de réduire la surmortalité au sein de certaines catégories de la population plus vulnérables suppose le maintien de politiques publiques fortes, cohérentes et fondées sur les preuves. Elles combinent hausse régulière et significative de la fiscalité, incitation et prise en charge des fumeurs, application stricte des interdits protecteurs en particulier à l’égard des jeunes (vente aux mineurs, publicité, réglementation alignée des produits du vapotage, disparition de la commercialisation des produits interdits).

©Génération Sans Tabac

AE


[1] Communiqué, Tabagisme en France : 68 000 décès évitables en 2023, une baisse encourageante mais un fardeau toujours trop important, Santé Publique France, publié le 16 février 2026, consulté le jour-même

Comité national contre le tabagisme |

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