Pour une majorité de Suisses, l’industrie du tabac a une trop forte influence en politique

2 juin 2025

Par: Comité national contre le tabagisme

Dernière mise à jour : 28 mai 2025

Temps de lecture : 5 minutes

Pour une majorité de Suisses, l’industrie du tabac a une trop forte influence en politique

À l’occasion de la Journée mondiale sans tabac du 31 mai 2025, Unisanté a mené un sondage auprès de 1070 personnes majeures représentatives de la Suisse romande[1]. L’enquête réalisée en mars 2025 par l’institut MIS Trend pour le compte d’Unisanté, dans le cadre du Programme cantonal de prévention du tabagisme, cofinancé par le canton de Vaud et le Fonds de prévention du tabagisme, indique que 90 % des répondants estiment que l’État a la responsabilité de mieux protéger les jeunes contre les stratégies de l’industrie du tabac. 88 % jugent également que les intérêts économiques des cigarettiers ne doivent pas primer sur ceux de la santé publique. L’enquête met en exergue un soutien massif de la population pour des mesures de prévention fortes.

Une demande claire de protéger la population contre l’influence des cigarettiers

Les personnes interrogées dénoncent la forte influence de l’industrie du tabac sur la politique suisse, perçue comme excessive par deux tiers d’entre elles. Une préoccupation majeure réside dans le marketing ciblant les jeunes : 88 % des participants reconnaissent que les arômes, les couleurs attrayantes et les images positives utilisées dans la publicité rendent les produits du tabac et autres produits à la nicotine séduisants pour ce public. Pour 82 %, ces produits donnent à tort l’impression d’être peu dangereux.

Par ailleurs, 83 % des personnes interrogées se souviennent avoir vu de la publicité pour les produits du tabac et autres produits à la nicotine. Par ordre d’importance publicitaire sont mentionnés les supermarchés et kiosques (72 % en ont vu plusieurs fois par mois ou par an), les lieux festifs comme les festivals et les bars (65 %), la presse (50 %), les films et séries (48 %) et internet/les réseaux sociaux (46 %). Parmi ceux qui ont vu des communications concernant ces produits, 54 % se souviennent de communications pour les cigarettes électroniques rechargeables, 47 % pour le tabac à chauffer, 45 % pour les cigarettes de tabac classiques et 41 % pour les cigarettes électroniques jetables.

En outre, 80 % des répondants considèrent que l’industrie du tabac cherche à améliorer son image à travers ses initiatives « d’entreprises responsables ». Dans une même proportion, ils considèrent que l’industrie exerce une trop forte influence sur les politiques publiques. Les deux tiers des Romands estiment notamment que les parlementaires privilégient les intérêts de cette industrie au détriment de la population.

Le public soutient des mesures de prévention antitabac plus strictes

Dans cette enquête d’opinion, 23 % des Romands se sont déclarés fumeurs et/ou consommateurs d’autres produits à la nicotine, avec une majorité chez les hommes, les jeunes adultes de 18-24 ans et en activité[2].

Les sondés étaient invités à donner leur avis et leur degré de soutien ou d’opposition à l’égard d’un ensemble de mesures de prévention du tabagisme et de la consommation d’autres produits à la nicotine non thérapeutiques. L’enquête révèle un soutien massif à un renforcement des mesures de prévention dans son ensemble. 88 % des répondants y sont favorables. Un contrôle rigoureux de l’âge pour les achats en ligne (92 %) est plébiscité mais aussi l’interdiction des cigarettes électroniques jetables (84 %).

Les participants soutiennent également l’interdiction totale de la publicité pour le tabac (78 %), la suppression des étals/linéaires des produits dans les magasins (79 %) ainsi qu’une hausse de leur prix (71 %). Une majorité claire réclame aussi des espaces extérieurs sans tabac, incluant les cours de récréation, les terrains de sport, les aires de jeux et les piscines.

Certaines propositions étaient plus discutées, mais demeuraient soutenues par une majorité de personnes. Ce fut le cas de l’interdiction des distributeurs automatiques de paquets de cigarettes dans les bars et l’introduction du paquet neutre, pour lesquelles 64 % des personnes qui se sont exprimées se disent très ou plutôt favorables, ou encore l’interdiction de fumer à toute heure sur les terrasses des restaurants, pour laquelle 60 % se disent très ou plutôt favorables.

Le projet de loi du Royaume-Uni prévoyant que les personnes nées à partir de 2009 ne pourront se voir vendre tout type de produits du tabac constitue la mesure la moins tranchée. 47 % des répondants de l’échantillon se sont déclarés très ou plutôt favorables à appliquer cette mesure en Suisse contre 43 % qui n’y sont pas favorables et 10 % qui ne savent pas.

Pour huit personnes sur dix, fumer relève davantage de l’addiction que d’un choix personnel, un avis partagé par 70 % des fumeurs. Si les consommateurs et anciens consommateurs pouvaient revenir en arrière, 76 % affirment qu’ils ne recommenceraient probablement ou certainement pas à fumer.

« Ces résultats montrent que la population souhaite des mesures de promotion de la santé plus ambitieuses. C’est très encourageant », conclut Luc Lebon, responsable du Secteur prévention du tabagisme d’Unisanté.

©Génération Sans Tabac

AD


[1]Blick, Prémunir davantage les jeunes contre le marketing des cigarettiers, publié le 26 mai 2025, consulté le 27 mai 2025

[2]M.I.S. Trend, Enquête sur la perception des produits du tabac et des mesures de prévention, Unisanté – Centre universitaire de médecine générale et santé publique de Lausanne, publié en avril 2025, consulté le 27 mai 2025

Comité national contre le tabagisme |

Ces actualités peuvent aussi vous intéresser