Nouvelle-Zélande : vers une prise en charge de la dépendance à la cigarette électronique

4 février 2026

Par: Comité national contre le tabagisme

Dernière mise à jour : 2 février 2026

Temps de lecture : 5 minutes

Nouvelle-Zélande : vers une prise en charge de la dépendance à la cigarette électronique

Un traitement de prise en charge de l’arrêt du vapotage, Nicorette QuickMist, a été autorisé par l'Autorité néo-zélandaise de sécurité des médicaments et des dispositifs médicaux, Medsafe[1]. Il s’agit du premier traitement de substitution nicotinique (TSN) également indiqué pour la dépendance à la nicotine liée à la cigarette électronique. Jusqu’à présent, ce produit, disponible depuis des années, était autorisé uniquement pour le sevrage tabagique classique.

Selon la Fondation de l'asthme et des maladies respiratoires de Nouvelle-Zélande, cette reconnaissance officielle marque une étape importante, en tenant compte du fait que la dépendance à la nicotine ne concerne plus seulement les fumeurs, mais aussi les vapoteurs. En revanche, si la Fondation souhaite mieux encadrer le vapotage et prévenir davantage son initiation, cela semble peu probable sous un gouvernement pro-vapotage dont les liens avec l’industrie sont avérés.

La nécessité d’une prise en charge de la dépendance nicotinique liée au vapotage, en progression, notamment chez les jeunes

La Fondation souligne que la dépendance à la nicotine induite par le vapotage constitue un problème de santé publique en croissance, et que cette décision le souligne.

Les chiffres de l'enquête nationale de la Fondation sur le vapotage menée chez plus de 11 300 jeunes scolarisés en 2024 ont révélé que 19,7 % des élèves de première et 26,1 % des élèves de terminale ont déclaré avoir vapoté au cours des sept jours précédant l’enquête, soit une augmentation significative par rapport à l’enquête 2021 où ces chiffres étaient respectivement de 16,8 % et 12,6 %[2].

Ces résultats renforcent, selon l’organisation, la nécessité de disposer de traitements cliniquement validés pour prendre en charge les personnes dépendantes aux cigarettes électroniques et qui veulent cesser cet usage.

Appels à un encadrement plus strict du vapotage

L’autorisation de Nicorette QuickMist par l’agence Medsafe, qui dépend du ministère de la Santé, constitue un infléchissement dans le domaine des politiques publiques du pays relatives aux produits du vapotage.

Tout en saluant cette décision, la Fondation rappelle que ces dispositifs relatifs au sevrage n’empêchent pas l’initiation au vapotage, en particulier pour les non-fumeurs.

Elle continue ainsi de plaider pour un renforcement de la réglementation, incluant un gel de l’ouverture de nouveaux points de vente spécialisés, l’interdiction de la vente de cigarettes électroniques dans les commerces généralistes, un investissement accru dans les programmes éducatifs et une révision du modèle de prescription des produits de vapotage.

Cette décision s’inscrit dans un contexte international de renforcement drastique de la réglementation des produits du vapotage en raison de l’évolution des usages et de la connaissance progressive relative à la toxicité de ces produits. Quand les pays n’interdisent pas purement et simplement ces produits, ils développent des restrictions inspirées des dispositions appliquées aux produits du tabac réunies au sein de la Convention-cadre pour la lutte antitabac de l’OMS.

Est notamment appliquée une taxation spécifique pour en limiter l’accessibilité mais également mieux en contrôler l’offre. À cela s’ajoutent des mesures relatives à la composition des produits avec l’interdiction des arômes, la limitation des teneurs en nicotine, la présentation de ces produits à travers un conditionnement neutre et, d’une manière générale, une interdiction complète de toute publicité.

Des mesures de règlementation qui ne rencontrent pas le soutien de gouvernements pro-vapotage

La Nouvelle-Zélande, à l’instar du Royaume-Uni, a pendant longtemps considéré les cigarettes électroniques dans une perspective de sevrage éventuel des fumeurs. En revanche, le précédent gouvernement avait adopté en matière de lutte contre le tabagisme une position très claire avec l’annonce de la première interdiction générationnelle du tabac.

L’actuelle ministre de la Santé, Casey Costello, dont les liens avec l’industrie du tabac sont établis, a néanmoins aboli cette législation. Sa position concernant les nouveaux produits du tabac et de la nicotine a été particulièrement critiquée dans la mesure où elle a par exemple fait la promotion des cigarettes électroniques et du tabac chauffé comme substituts aux cigarettes, faisant un amalgame de ces produits.

Les mesures prises par l’actuel gouvernement néo-zélandais ont ainsi empêché le pays d’atteindre son objectif « Smokefree 2025 », visant à atteindre moins de 5 % de fumeurs quotidiens pour l’ensemble des groupes de population à l’horizon fin 2025.

L’une des explications principales à ce constat est que la hausse du vapotage a contribué à enrayer la baisse du tabagisme classique chez les jeunes.

©Génération Sans Tabac

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[1]Health organisation welcomes first medically-approved quit vaping product, renews call for tougher laws, New Zealand Doctor Rata Aotearoa Online, publié le 30 janvier 2026, consulté le même jour

[2]Vaping in New Zealand Youth Survey 2024, Asthma Respiratory Foundation NZ, consulté le 30 janvier 2026

Comité national contre le tabagisme |

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