L’absence de facteurs de risque cardiovasculaire à 50 ans associée à plus de dix années d’espérance de vie supplémentaire

31 décembre 2025

Par: Comité national contre le tabagisme

Dernière mise à jour : 24 décembre 2025

Temps de lecture : 7 minutes

L’absence de facteurs de risque cardiovasculaire à 50 ans associée à plus de dix années d’espérance de vie supplémentaire

Une vaste étude internationale montre que l’absence, à 50 ans, de cinq facteurs de risque cardiovasculaire majeurs – hypertension artérielle, hypercholestérolémie, diabète, tabagisme et anomalie de l’indice de masse corporelle – est associée à un gain supérieur à dix années d’espérance de vie, comparativement aux personnes cumulant l’ensemble de ces facteurs. Publiés dans The New England Journal of Medicine[1], les résultats reposent sur l’analyse de plus de deux millions de participants suivis dans 39 pays. Chez les femmes ne présentant aucun de ces facteurs à 50 ans, l’espérance de vie sans maladie cardiovasculaire est prolongée de 13,3 ans et l’espérance de vie globale de 14,5 ans. Chez les hommes, ces gains atteignent respectivement 10,6 et 11,8 années.

L’étude s’appuie sur les données harmonisées du Global Cardiovascular Risk Consortium, regroupant 2 078 948 personnes issues de 133 cohortes réparties sur six continents. Les participants, âgés de 18 ans ou plus à l’inclusion, ont été suivis jusqu’à un âge maximal de 90 ans. Les analyses ont porté sur la présence ou l’absence, à l’âge de 50 ans, de cinq facteurs de risque cardiovasculaire modifiables définis selon des seuils cliniques standardisés : une pression artérielle systolique supérieure ou égale à 130 mmHg, un taux de cholestérol non-HDL supérieur ou égal à 130 mg/dl, un indice de masse corporelle inférieur à 20 ou supérieur ou égal à 25, la présence d’un diabète et le tabagisme actuel.

Une réduction marquée du risque cardiovasculaire sur l’ensemble de la vie

L’étude met en évidence une association nette entre l’absence de facteurs de risque cardiovasculaire à l’âge de 50 ans et une diminution substantielle du risque de développer une maladie cardiovasculaire au cours de la vie. Parmi les personnes ne présentant aucun des cinq facteurs de risque analysés, le risque cumulatif de survenue d’un événement cardiovasculaire avant l’âge de 90 ans est estimé à 13 % chez les femmes et à 21 % chez les hommes. À l’inverse, chez les individus cumulant l’ensemble des facteurs de risque à 50 ans, ce risque atteint 24 % chez les femmes et 38 % chez les hommes, traduisant une exposition nettement accrue aux maladies cardiovasculaires sur l’ensemble du parcours de vie.

Au-delà de la probabilité de survenue des événements, l’analyse en termes d’espérance de vie sans maladie cardiovasculaire met en lumière des écarts particulièrement marqués. Les femmes âgées de 50 ans ne présentant aucun facteur de risque bénéficient en moyenne de 13,3 années supplémentaires vécues sans maladie cardiovasculaire par rapport à celles exposées à l’ensemble des facteurs, tandis que ce gain est estimé à 10,6 années chez les hommes. Ces différences illustrent l’impact cumulatif des facteurs de risque classiques sur la durée de vie en bonne santé cardiovasculaire, indépendamment des évolutions ultérieures.

Le tabagisme et le diabète parmi les déterminants les plus impactant

L’analyse par facteur de risque met en évidence le rôle particulièrement déterminant du tabagisme et du diabète dans la réduction de l’espérance de vie et l’augmentation du risque cardiovasculaire à long terme. Parmi l’ensemble des facteurs étudiés, l’absence de tabagisme et l’absence de diabète apparaissent comme les deux variables associées aux gains les plus importants en années de vie, tant en matière de survie globale que de durée de vie sans maladie cardiovasculaire.

L’absence de tabagisme à l’âge de 50 ans est associée à un gain moyen de 5,5 années de vie sans maladie cardiovasculaire chez les femmes et de 4,8 années chez les hommes, comparativement aux personnes fumeuses présentant par ailleurs les autres facteurs de risque. En ce qui concerne la mortalité toutes causes confondues, l’écart d’espérance de vie atteint 5,6 années chez les femmes et 5,1 années chez les hommes en faveur des personnes non fumeuses. Ces résultats soulignent le poids du tabac comme facteur transversal, influençant à la fois la survenue des maladies cardiovasculaires et la mortalité globale, indépendamment des autres déterminants analysés.

Le diabète présente un impact d’ampleur comparable. L’absence de diabète à 50 ans est associée à un gain estimé à 4,7 années de vie sans maladie cardiovasculaire chez les femmes et à 4,2 années chez les hommes. En termes de survie globale, ce différentiel s’élève à 6,4 années chez les femmes et à 5,8 années chez les hommes. Ces écarts reflètent le rôle central du diabète dans l’accélération des processus athéroscléreux et dans l’augmentation du risque de complications cardiovasculaires et métaboliques sur l’ensemble du parcours de vie.

L’étude montre par ailleurs que l’effet du tabagisme et du diabète dépasse celui observé pour d’autres facteurs de risque pris isolément, tels que l’hypertension, l’hypercholestérolémie ou les anomalies de l’indice de masse corporelle, dont les associations avec l’espérance de vie apparaissent plus modestes lorsqu’elles sont considérées individuellement.

Les bénéfices d’une modification des facteurs de risque à l’âge mûr

L’étude met en évidence que la trajectoire des facteurs de risque cardiovasculaire n’est pas figée à l’entrée dans la cinquantaine et que des modifications intervenant à l’âge mûr demeurent associées à des bénéfices significatifs en termes de santé et de longévité. Les analyses montrent que, chez des personnes présentant l’ensemble des facteurs de risque entre 50 et 55 ans, une amélioration de leur profil entre 55 et 60 ans est associée à un gain mesurable en années de vie, tant sans maladie cardiovasculaire que toutes causes confondues.

Parmi les différents facteurs étudiés, la maîtrise de l’hypertension artérielle apparaît comme celle associée au gain le plus important en années de vie sans maladie cardiovasculaire. Les personnes ayant normalisé leur pression artérielle au cours de cette période bénéficient d’une prolongation significative de la durée de vie vécue sans événement cardiovasculaire, soulignant le rôle central de l’hypertension dans la genèse des pathologies cardiovasculaires à long terme. Ce bénéfice est observé chez les femmes comme chez les hommes, bien que son ampleur varie selon le sexe et les contextes géographiques.

En ce qui concerne la mortalité toutes causes confondues, l’arrêt du tabac entre 55 et 60 ans constitue le levier associé au gain le plus élevé en espérance de vie parmi l’ensemble des facteurs analysés. Chez des personnes présentant l’ensemble des facteurs de risque entre 50 et 55 ans, la cessation tabagique sur cette période est associée à un gain moyen d’espérance de vie toutes causes confondues estimé à 2,1 années chez les femmes et 2,4 années chez les hommes, par rapport à celles et ceux qui continuent à fumer sur la même période.

L’étude montre également que la modification simultanée de plusieurs facteurs de risque est associée à des bénéfices cumulatifs. Les personnes parvenant à améliorer conjointement leur pression artérielle, leur statut tabagique et leur contrôle métabolique présentent les augmentations les plus importantes d’espérance de vie, suggérant un effet synergique des stratégies de prévention et de prise en charge à l’âge mûr.

©Génération Sans Tabac

AE


[1] Global Effect of Cardiovascular Risk Factors on Lifetime Estimates, The Global Cardiovascular Risk Consortium, Published March 30, 2025 N Engl J Med 2025;393:125-138 DOI: 10.1056/NEJMoa2415879 VOL. 393 NO. 2

Comité national contre le tabagisme |

Ces actualités peuvent aussi vous intéresser