Tabac et usages de substances psychoactives chez les jeunes : des niveaux en baisse en France

3 mars 2026

Par: Comité national contre le tabagisme

Dernière mise à jour : 27 février 2026

Temps de lecture : 9 minutes

Tabac et usages de substances psychoactives chez les jeunes : des niveaux en baisse en France

Les résultats 2024 de l’enquête nationale EnCLASS, publiés par l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT)[1], confirment une diminution globale des consommations de substances psychoactives chez les collégiens et les lycéens en France, notamment pour le tabac et le cannabis. En 2024, 7,7 % des collégiens et 30,6 % des lycéens déclarent avoir déjà fumé une cigarette, tandis que le tabagisme quotidien concerne respectivement 0,9 % et 5,6 % d’entre eux. En quinze ans environ, l’expérimentation du tabac a été divisée par quatre chez les collégiens et par deux chez les lycéens, et le tabagisme quotidien par cinq chez ces derniers. Ces tendances favorables s’accompagnent toutefois d’une diffusion toujours importante de la cigarette électronique et ne sont pas homogènes selon les catégories sociales. Par ailleurs, l’enquête fait état d’un rebond de l’expérimentation de l’alcool après la période de baisse observée durant la pandémie de Covid-19.

L’enquête EnCLASS (Enquête nationale en collège et en lycée chez les adolescents sur la santé et les substances) est un dispositif mené tous les deux ans en milieu scolaire. L’édition 2024 a été réalisée entre mars et juin auprès de plus de 11 000 élèves de la sixième à la terminale, scolarisés dans des établissements publics et privés sous contrat. Le questionnaire, anonyme et auto-administré en ligne, porte sur les consommations de tabac, d’alcool, de cannabis et d’autres substances, ainsi que sur les perceptions d’accessibilité et de dangerosité. L’échantillon final analysé comprend 11 397 élèves, avec un taux de participation d’environ 80 %.

Recul du tabagisme chez les jeunes, augmentation du vapotage

Les résultats 2024 confirment la poursuite du recul du tabagisme chez les adolescents, tout en mettant en évidence une diffusion importante de la cigarette électronique, devenue un produit largement expérimenté dans cette population.

Moins d’un collégien sur dix (7,7 %) et moins d’un lycéen sur trois (30,6 %) déclarent avoir déjà fumé une cigarette en 2024. Le tabagisme quotidien concerne désormais 0,9 % des collégiens et 5,6 % des lycéens, des niveaux en baisse sensible au regard des décennies précédentes. Entre 2022 et 2024, l’expérimentation du tabac a continué à reculer, tandis que l’usage quotidien est resté globalement stable, après avoir déjà fortement diminué lors des vagues d’enquête précédentes. Sur une période plus longue, les évolutions sont particulièrement marquées : depuis 2010, l’expérimentation du tabac a été divisée par quatre chez les collégiens et par deux chez les lycéens, tandis que le tabagisme quotidien parmi ces derniers a été divisé par cinq. Ces tendances témoignent d’une transformation profonde des comportements des jeunes générations vis-à-vis du tabac et des résultats des politiques publiques mises en place.

En revanche, la cigarette électronique occupe une place de plus en plus importante dans les pratiques actuelles des adolescents. En 2024, 19 % des collégiens et 46,% des lycéens ont déclaré avoir déjà expérimenté le vapotage, soit des niveaux nettement supérieurs à ceux pour les produits du tabac. Si l’expérimentation est restée globalement stable entre 2022 et 2024, l’usage quotidien progresse chez les lycéens, atteignant 6,8 %, avec une augmentation plus rapide sur la période récente que lors des années précédentes. Ces résultats indiquent que le vapotage constitue désormais un mode d’entrée possible dans les usages de nicotine chez les jeunes, même si les trajectoires individuelles restent diverses.

Alcool, cannabis et autres substances : des évolutions contrastées chez les adolescents

En 2024, 54% des collégiens et 72,7 % des lycéens déclarent avoir déjà consommé de l’alcool. Cette hausse de l’expérimentation entre 2022 et 2024 intervient après une baisse particulièrement marquée observée entre 2018 et 2022, période durant laquelle les restrictions sociales liées à la pandémie avaient profondément modifié les modes de socialisation des adolescents. Malgré ce rebond, les usages réguliers demeurent relativement limités, notamment au collège, et les alcoolisations ponctuelles importantes tendent globalement à diminuer chez les lycéens.

Les indicateurs relatifs au cannabis continuent de s’inscrire dans une tendance à la baisse. En 2024, 16,1 % des lycéens ont déclaré avoir expérimenté le cannabis, contre 22,5 % en 2022, tandis que les usages dans l’année et dans le mois précédent l’enquête reculent également. Les usages réguliers restent peu fréquents, autour de 2 %, et concernent davantage les garçons que les filles. Sur le long terme, l’ensemble des indicateurs d’usage du cannabis chez les lycéens montre une diminution continue depuis le début des années 2010.

Concernant les autres substances illicites, les niveaux d’expérimentation demeurent faibles et en diminution. En 2024, 4,9 % des lycéens ont déclaré avoir expérimenté au moins une substance illicite autre que le cannabis, proportion significativement plus faible qu’en 2022 et plus de deux fois inférieure à celle observée en 2011. Les substances les plus fréquemment expérimentées restent la cocaïne et la MDMA/ecstasy, chacune autour de 2 %, tandis que les autres produits ont des niveaux de prévalence marginaux

Une accessibilité perçue en diminution mais toujours élevée pour l’alcool et le tabac

Les résultats de l’enquête mettent en évidence une diminution globale de l’accessibilité perçue des principales substances psychoactives par les adolescents au cours de la dernière décennie. Entre 2011 et 2024, la part des lycéens estimant qu’il était « très facile » de se procurer des cigarettes, de l’alcool ou du cannabis a significativement reculé, traduisant l’impact possible des politiques publiques de prévention et de contrôle de l’accès aux produits.

Néanmoins, malgré cette évolution favorable, l’alcool demeure la substance jugée la plus accessible par les jeunes. En 2024, près des trois quarts des lycéens (73,4 %) considèrent qu’il leur serait « assez facile » ou « très facile » de s’en procurer, alors même que sa vente est interdite aux mineurs. Plus précisément, 68,5 % estiment qu’il serait facile d’obtenir de la bière, 62,2 % du vin ou du champagne, 60,2 % du cidre et 56,1 % des spiritueux ou cocktails.

Les produits du tabac restent également perçus comme facilement accessibles : 53,3 % des lycéens déclarent qu’il leur serait « assez facile » ou « très facile » d’obtenir des cigarettes. La cigarette électronique est perçue comme encore plus accessible, avec 58,8 % des lycéens partageant cette perception qui rejoint la réalité de produits disponibles dans un très grand nombre de lieux de vente et où les interdictions de vente sont aux mineurs peu respectées. La chicha est jugée accessible par un tiers des lycéens (33%) et le tabac à priser par près de trois sur dix (29,4 %).

L’accessibilité perçue du cannabis apparaît plus limitée mais demeure notable, avec 30,8 % des lycéens estimant qu’il leur serait facile de s’en procurer. Les autres substances illicites sont perçues comme nettement moins accessibles : 13,5 % pour la cocaïne, 9,5 % pour la MDMA/ecstasy et 8 % pour les amphétamines

Des tendances positives liées aux politiques publiques, mais des efforts à poursuivre

Les évolutions observées dans l’enquête EnCLASS s’inscrivent dans un contexte de renforcement progressif des politiques publiques de prévention et de contrôle des consommations de substances psychoactives, en particulier en matière de lutte contre le tabagisme. La baisse marquée du tabagisme chez les adolescents au cours de la dernière décennie constitue un indicateur encourageant de l’impact des mesures mises en œuvre, telles que les hausses de fiscalité, le paquet neutre, l’interdiction de publicité, la suppression des arômes, l’extension des lieux sans tabac etc. Ces résultats contribuent à préparer l’instauration de génération sans tabac.

Toutefois, ces tendances favorables s’accompagnent de signaux qui appellent à la vigilance. La diminution n’est pas homogène avec des différences marquées selon les catégories sociales. La progression du vapotage chez les jeunes et la diffusion importante des produits nicotiniques alternatifs témoignent d’une recomposition des usages de nicotine, susceptible de maintenir une exposition des nouvelles générations à la dépendance nicotinique voire à un risque de reprise du tabagisme dans l’hypothèse confirmée d’un effet passerelle de ces produits.

Par ailleurs, la perception d’une accessibilité aisée aux différents produits est un facteur reconnu d’initiation aux consommations. Elle confirme l’importance de poursuivre les actions visant à réduire l’exposition et l’accès des jeunes à ces produits, notamment par le renforcement des contrôles.

Dans ce contexte, la hausse du vapotage chez les jeunes et la facilité d’accès aux produits ont récemment été dénoncées par le Comité national contre le tabagisme (CNCT). Dans un rapport[2] consacré aux pratiques promotionnelles et commerciales autour des produits du vapotage, l’association met en évidence une exposition importante des mineurs aux produits et aux communications marketing, ainsi que des infractions fréquentes à l’interdiction de vente aux mineurs, notamment en ligne. Le CNCT appelle outre la généralisation de l’interdiction des arômes à un renforcement du cadre réglementaire, incluant l’instauration d’un conditionnement neutre pour l’ensemble des produits du tabac et les produits du vapotage et l’interdiction de leur vente sur internet, afin de limiter leur attractivité et leur accessibilité auprès des jeunes publics.

©Génération Sans Tabac

AE


[1] Communiqué, Les usages de substances psychoactives chez les collégiens et les lycéens - Résultats EnCLASS 2024, OFDT, publié le 25 février 2026, consulté le 27 février 2026

[2] Communiqué, Vapotage : le CNCT demande un conditionnement neutre et l’interdiction de la vente en ligne, CNCT, publié le 19 février 2026, consulté le 27 février 2026

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