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Les industriels du tabac profitent de l’inflation pour augmenter leurs marges

Les nouveaux tarifs des produits du tabac, publiés en France le 11 décembre 2023 et applicables au 1er janvier 2024, montrent que les industriels du tabac profitent des hausses prévues au titre de l’inflation pour augmenter leurs marges sur certains produits. Philip Morris France, qui majore ses cigarettes de 50 centimes de plus que ses concurrents, dénonce pourtant fréquemment les hausses des taxes sur le tabac.

La prochaine hausse des prix des produits du tabac en France est prévue le 1er janvier 2024. Il ne s’agit pas d’une nouvelle augmentation de la taxation spécifique au tabac, mais d’un simple alignement sur le niveau de l’inflation[1]. Cette mesure d’alignement sur l’inflation a été actée fin 2022 par le gouvernement dans la loi de financement de la Sécurité Sociale. Elle vise à ce que le prix des produits du tabac ne devienne pas plus abordable en raison de la dépréciation monétaire.

Le prix des produits étant fixé par les fabricants, la plupart des industriels du tabac ont augmenté de 50 centimes le prix de leur paquet de cigarettes, d’un euro le paquet des bâtonnets de tabac chauffé, et d’un euro à 1,20 euros celui du tabac à rouler. Philip Morris France (PMF) se distingue de ses concurrents en augmentant le prix de ses cigarettes d’un euro par paquet, portant ainsi le paquet de Marlboro à 12,50 euros.

Des augmentations disparates selon les produits du tabac mais supérieures à l’inflation

S’ils se déclarent publiquement opposés aux augmentations des taxes sur le tabac en objectant qu’elles génèreraient de la contrebande, les industriels du tabac sont favorables à des hausses limitées de prix qui confortent leurs marges. La hausse du prix du paquet liée à l’inflation est de 4,5 %, soit un paquet de cigarettes de 11,00 Euros qui passe à 11,50 Euros. Avec une hausse de 1 euro par paquet, PMF s’accorde donc une marge additionnelle.

Sur un paquet de tabac à rouler à 16 euros, l’augmentation de 4,5 % liée à l’inflation représente 70 centimes. Pourtant, les industriels augmentent leurs prix de 1 à 1,20 euros, soit 30 à 50 centimes supplémentaires par paquet. Les bâtonnets (ou « sticks ») de tabac chauffé Heets (PMF) et Néo (British American Tobacco) augmentent pour leur part d’un euro, ce qui tient compte du relèvement de la taxation sur ces produits décidée fin 2022[2]. Ce relèvement n’avait pas été répercuté jusqu’ici sur le prix de vente par les fabricants, afin de maintenir ces produits de tabac chauffé à des prix attractifs.

Ces hausses limitées des prix bénéficient ainsi aux fabricants mais aussi aux buralistes, dont les revenus liés à la vente des produits du tabac correspondent à un pourcentage du prix de vente appelé redevance. L’Etat perçoit également une partie des hausses via les recettes fiscales. En revanche, il n’est pas établi que la consommation baisse avec des hausses de prix limitées et un contexte de rattrapage inflationniste.

Mots-clés : prix du tabac, inflation, droits d’accise, Philip Morris, Marlboro, taxes

©Génération Sans Tabac

MF


[1] Les prix du tabac vont augmenter en 2024, Service-Public.fr, publié le 17 décembre 2023, consulté le 18 décembre 2023.

[2] Jacquot G, Budget de la Sécu : le Sénat rétablit une taxation plus forte du tabac à chauffer, Public Sénat, publié le 8 décembre 2022, consulté le 18 décembre 2023.

Comité national contre le tabagisme |

Publié le 20 décembre 2023