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L’Angleterre continue de s’éloigner de ses objectifs de lutte contre le tabagisme

L’Angleterre s’éloigne de plus en plus de son objectif de parvenir sans tabac d’ici 2030, selon un rapport publié par la Cancer Research UK. Prévu pour 2030, l’objectif de santé publique pourrait être retardé de neuf ans, en l’absence d’un renforcement significatif des mesures de lutte contre le tabagisme[1].

Ces dernières décennies, l’Angleterre a obtenu des résultats incontestables en matière de lutte contre le tabagisme, qui semblent fortement ralentir depuis quelques années. Pour cette raison, en 2018, la Cancer Research UK alertait déjà l’opinion et les pouvoirs publics sur le fait qu’au regard de la trajectoire en cours, l’objectif d’une Angleterre sans tabac ne serait pas atteint avant 2037. La dégradation de la situation amène l’ONG à interpeller le Secrétaire d’Etat à la Santé et aux Affaires sociales sur la nécessité d’établir un plan de lutte contre le tabagisme ambitieux, intégrant autant des mesures de soutien au sevrage tabagique, que des dispositions visant à prévenir l’entrée des jeunes générations dans le tabagisme.

Un retard coûteux pour l’ensemble de l’Angleterre

Si la prévalence tabagique continue de décroître en Angleterre, cette diminution devrait être 70% plus intense pour permettre à l’Angleterre d’atteindre son objectif dans les délais escomptés. Si les tendances actuelles persistent, un retard de neuf ans se traduirait par un coût humain élevé, puisque le tabagisme pourrait être à l’origine d’un million de cas de cancers supplémentaires d’ici 2040. A l’heure actuelle, l’Angleterre compte encore 5,4 millions de fumeurs, tandis que 75 000 à 100 000 personnes décèdent en raison de leur tabagisme chaque année dans le pays, et que plus de 500 000 admissions par an à l’hôpital sont attribuables au tabac. Par ailleurs, en dépit d’un déclin relativement constant du tabagisme depuis les années 70, cette baisse cache de fortes disparités sociales : les niveaux de tabagisme étant plus élevés auprès des catégories précaires, les cas de cancers occasionnés par le tabagisme sont près de deux fois plus élevés dans les zones défavorisées que dans les zones favorisées. Enfin, la prévalence tabagique des 18-21 ans demeure plus élevée que la prévalence nationale. L’ensemble de cette situation se traduit par des coûts particulièrement élevés pour le contribuable.

Les recommandations de la mission de lutte contre le tabagisme restées lettre morte

En juin 2022, une mission indépendante, mandatée par le ministère de la Santé pour formuler des recommandations visant à lutter contre le tabagisme, avait rendu ses conclusions, proposant ainsi une batterie de douze mesures. Parmi les dispositions évoquées, la mission envisageait le relèvement progressif de l’âge légal de vente des produits du tabac, une augmentation « significative et brutale » des niveaux de fiscalité sur l’ensemble des produits, ou encore l’instauration d’un système de licence visant à réduire l’accessibilité du tabagisme, notamment auprès des plus jeunes. Malgré ces recommandations et la feuille de route de cette mission, le gouvernement anglais n’a pas encore répondu à ces propositions. Pourtant, un récent sondage pour la Cancer Research UK témoignait du soutien de la population à la lutte contre le tabagisme : 70% des personnes interrogées se déclaraient favorables à ce que les pouvoirs publics investissent plus de moyens dans l’objectif d’une Angleterre sans tabac.

Mots-clés : Angleterre

©Génération Sans Tabac

FT


[1] Cancer Research UK, Smoking prevalence projections for England based on data to 2021, 12/2022, (consulté le 04/01/2022)

Comité national contre le tabagisme |

Publié le 5 janvier 2023