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« Petit fumeur » ne signifie pas « petits risques », bien au contraire

Le terme « petit fumeur » laisse penser que fumer quelques cigarettes par jour est peu dangereux pour la santé, ce qui n’est pas le cas ; en effet, par comparaison avec les jamais-fumeurs, les « petits fumeurs » meurent deux fois plus de maladies respiratoires et huit fois plus de cancer du poumon, selon une étude[1] présentée au Congrès annuel de l’European Respiratory Society.

Les Dr Pallavi Balte et Elizabeth Oelsner, du Columbia University Irving Medical Center à New York ont suivi 18 730 personnes pendant environ 17 ans et comparé les risques de mourir de maladies respiratoires et de cancer du poumon en fonction du tabagisme ainsi quantifié : jamais-fumeurs, « petits fumeurs » (moins de 10 cigarettes/jour) et « gros fumeurs » (plus de 20 cigarettes/jour), tout en tenant compte de l’âge, du poids, du sexe, de l’origine ethnique et du niveau de scolarité des personnes.

Les chercheuses ont constaté que, comparés au jamais-fumeurs, les « petits fumeurs » étaient 2,5 fois plus à risque de mourir d’une maladie respiratoire et 8,6 fois plus susceptibles de mourir d’un cancer du poumon. Ainsi, si 0,6% des jamais-fumeurs sont décédés d’un cancer du poumon, ce sont 4,7% des « petits fumeurs » qui en sont morts, et 12,9% des « gros fumeurs ». Elles précisent que réduire le nombre de cigarettes fumées, avec ou sans vapotage, réduit peu les risques et que seul l’arrêt complet du tabac a des effets bénéfiques nets sur la santé.

Cette étude confirme l’observation classique selon laquelle, le risque de cancer du poumon augmente beaucoup plus en fonction du nombre d’années de tabagisme que du nombre de cigarettes fumées par jour[2] et elle vient en complément des données récentes sur les risques cardiovasculaires qui montrent que,  par comparaison avec les jamais-fumeurs, une cigarette fumée par jour augmente le risque d’infarctus de 57 % chez la femme et de 48% chez l’homme, et le risque d’AVC respectivement de 31% et 25%[3].

Le Pr Jørgen Vestbo, président du European Respiratory Advocacy Council et Pneumologue à l’Université de Manchester (RU) insiste : « Bien que la proportion de personnes qui fument quotidiennement diminue dans de nombreux pays, il faut toujours se préoccuper de ceux qui s’identifient comme des petits fumeurs ou des fumeurs sociaux …  il est clair qu’il n’y a pas de niveau sûr de tabagisme ».

Mots clés : Santé, maladies respiratoires, cancer du poumon, tabagisme

©Génération Sans Tabac


[1] Oelsner, E. C., Balte, P. P., et Al.. (2020). Lung function decline in former smokers and low-intensity current smokers: a secondary data analysis of the NHLBI Pooled Cohorts Study. The Lancet Respiratory Medicine8(1), 34-44. https://doi.org/10.1016/S2213-2600(19)30276-0

[2] Doll R, Peto R Cigarette smoking and bronchial carcinoma: dose and time relationships among regular smokers and lifelong non-smokers Epidemiol Community Health 1978 ; 32 :303-13, DOI: 10.1136/jech.32.4.303

[3] Hackshaw A , Morris JK , Boniface S , Tang J-L , Milenković D Low cigarette consumption and risk of coronary heart disease and stroke: meta-analysis of 141 cohort studies in 55 study reports BMJ 2018 ;360 :j5855 DOI: 10.1136/bmj.j5855

Comité National Contre le Tabagisme |

Publié le 10 septembre 2020