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Australie : les taux de tabagisme chez les aborigènes en baisse

En 2019, la prévalence tabagique chez les aborigènes et les populations insulaires du détroit de Torres était de 40% (âge et sexe confondus). Un taux qui reste très élevé malgré la diminution de près de 10% au cours des 15 dernières années, selon une nouvelle étude de l’Australian National University (ANU). Pour le co-auteur de la revue, le professeur agrégé de l’ANU, Ray Lovett, cette baisse sauverait des dizaines de milliers de vies.

La consommation de tabac liée à un environnement complexe

L’usage du tabac parmi ces populations est influencé par une série de facteurs, y compris la colonisation[1] et ses conséquences au long cours, le racisme et la précarisation sociale en particulier en matière d’emploi et d’éducation. Pendant la colonisation et jusqu’à la fin des années 1960, les Autochtones étaient payés pour leurs travaux avec du tabac et utilisaient le tabac pour le troc en vue d’adopter le même mode de vie que les Européens[2]. Le tabac est la première cause de morbidité parmi les Autochtones et les insulaires du détroit de Torres. Pour lutter plus efficacement contre le tabagisme, il est essentiel de tenir compte de ce contexte. Ces populations restent encore aujourd’hui victimes de discrimination et connaissent des obstacles pour accéder à l’éducation, à un emploi. Elles sont également difficiles à toucher en matière de sensibilisation à de nombreux sujets de santé publique. Ces facteurs peuvent contribuer au tabagisme ou rendre plus difficile l’arrêt du tabac. Cependant, les progrès de santé susceptibles d’être réalisés par une réduction de la consommation de tabac sont majeurs.

Des politiques publiques spécifiques pour ces populations

L’étude comprend des mesures clés détaillées pour poursuivre la baisse enregistrée de consommation de tabac. En plus des politiques nationales s’appliquant à tous les Australiens (telles que les augmentations de taxes, les emballages neutres et les étiquettes de mise en garde sanitaires, ou encore le développement de lieux sans tabac), certaines politiques locales engagées visent spécifiquement les peuples aborigènes et insulaires du détroit de Torres. Ces politiques récentes s’insèrent ainsi dans les cadres suivants :

  • Un plan national de santé des Autochtones et des insulaires du détroit de Torres 2013–2023[3]
  • Une stratégie nationale sur le tabac 2012-2018 dont l’objectif était de réduire de moitié le taux de tabagisme quotidien des adultes aborigènes et insulaires du détroit de Torre, de 48% en 2008 à 24% en 2018[4].
  • Une stratégie nationale antidrogue pour les aborigènes et les insulaires du détroit de Torres 2014-2019.[5][6]

©Génération Sans Tabac


[1] van der Sterren, A., Greenhalgh, E. M., Knoche, D., Winstanley, M. H., Scollo, M. M., & Winstanley, M. H. (2016). History of tobacco use among Aboriginal peoples and Torres Strait Islanders Tobacco in Australia: facts and issues. Melbourne: Cancer Council Victoria.

[2] Brady , M., & Long, J. (2003). Mutual exploitation?: Aboriginal Australian encounters with Europeans, Southeast Asians, and tobacco. In W. Jankowiak & D. Bradburd (Eds.), Drugs, labor and colonial expansion (pp. 31-58). Tucson: University of Arizona Press.

[3] Australian Government Department of Health and Ageing. (2013). National Aboriginal and Torres Strait Islander Health Plan 2013-2023. Canberra: Australian Government Department of Health and Ageing.

[4] Intergovernmental Committee on Drugs. (2012). National tobacco strategy 20Un12-2018. Canberra: National Drug Strategy.

[5] Australian Government Department of Health. (2017). National drug strategy 2017-2026. Canberra: Australian Government Department of Health.

[6] Intergovernmental Committee on Drugs. (2015). National Aboriginal and Torres Strait Islander peoples’ drug strategy 2014-2019. Canberra: National Drug Strategy.

©Comité National Contre le Tabagisme |

Publié le 26 juin 2020