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Angleterre : le coût des soins prématurés aux fumeurs pèse sur les services locaux

Un nouveau rapport publié par Action on Smoking and Health (ASH)[1] montre qu’en moyenne, les fumeurs en Angleterre ont besoin de soins 10 ans plus tôt que les non-fumeurs, ce qui impose une charge considérable aux services locaux de santé et sociaux.

Le tabagisme est la principale cause de décès prématurés et évitables dans le pays. En 2019, l’évaluation de la mortalité attribuable au tabac dans le pays représentait 74 600 décès. Pour une personne qui décède de son tabagisme, au moins 30 autres souffrent d’une maladie et d’un handicap graves liés à leur tabagisme. En moyenne, les fumeurs en Angleterre ont besoin de soins à l’âge de 63 ans, soit dix ans plus tôt que les non-fumeurs. L’analyse, réalisée par Landman Economics pour ASH, établit qu’1,6 million de personnes ont besoin d’aides, dans leur quotidien, en raison d’une maladie liée au tabagisme.

Pour mesurer l’impact du tabagisme sur les services sociaux, Landman Economics a mis à jour les précédentes analyses des coûts de la protection sociale des années 2014, 2017 et 2019. A cette fin, les économistes ont pris en compte l’étude longitudinale anglaise sur le vieillissement (ELSA) et les données d’enquêtes sur la santé en l’Angleterre (HSE). Ils ont ainsi pu estimer le nombre de fumeurs et ex-fumeurs dans le pays, âgés de plus de 50 ans, pour les données de l’enquête ELSA et de plus de 65 ans pour les données de l’HSE, nécessitant des soins et un accompagnement social à domicile et en résidence. Et ils ont comparé ces données avec la population de personnes n’ayant jamais fumé.

Le coût élevé du tabagisme pour le système de protection sociale britannique

On évalue à 102 500, le nombre de personnes recevant des soins financés par les autorités locales britanniques en raison d’une maladie liée au tabagisme (85 000 à leur domicile et 17 500 en établissement). Près d’1,1 million de personnes reçoivent des soins par d’autres biais, tels les soins prodigués par les proches : parents, amis. Enfin, 450 000 personnes ont actuellement besoin d’une aide sociale mais n’en reçoivent aucune. Ce niveau élevé de prise en charge par les collectivités locales a un impact significatif sur leurs budgets : £1,2 milliard par an, soit 8% du budget des services sociaux du pays consacrés aux soins à domicile et en établissement pour adultes.

Si tous les soins actuellement fournis par d’autres intervenants (cf proches etc.) étaient assurés par la puissance publique, cela coûterait £8,16 milliards supplémentaires chaque année. Et si les soins actuellement non satisfaits des personnes qui en ont besoin étaient pris en charge, le coût additionnel serait de £5,91 milliards chaque année. Au total, la valeur de la prise en charge nécessaire représente plus de £14 milliards.

L’importance de poursuivre des actions globales pour réduire le fardeau du tabagisme

L’étude souligne que les estimations sur le coût du tabagisme fournies ici sont uniquement celles découlant des besoins de protection sociale chez les adultes de 50 ans et plus pour les soins à domicile et de 65 ans et plus pour les soins en établissement. Cela signifie que le véritable impact du tabagisme pourrait être bien plus élevé encore que celui indiqué dans l’étude.   Cette analyse conforte la nécessité d’une action nationale, régionale et locale pour lutter contre le tabagisme grâce à des stratégies complètes. L’objectif est d’améliorer la santé et la qualité de vie de la population et de réduire la pression sur un système de protection sociale surchargé tout en dégageant des perspectives pour la protection sociale en Angleterre. En 2018, le gouvernement britannique avait annoncé son objectif d’augmenter l’espérance de vie en bonne santé de 5 ans d’ici 2035, tout en réduisant l’écart d’espérance de vie entre les groupes les plus riches et les plus pauvres. Pour Deborah Arnott, directrice générale d’ASH, « mettre fin au tabagisme est une priorité pour parvenir à cet objectif d’ici 2035 »

Le Royaume-Uni, notamment l’Angleterre, ont fait des progrès importants dans la lutte contre l’épidémie tabagique grâce à des politiques complètes alliant des hausses de taxes, l’introduction du paquet neutre, le développement d’espaces sans tabac, la suppression des étals dans les lieux de vente et récemment une interdiction de fumer dans les véhicules en présence d’enfants. Ces politiques publiques ont des résultats : le taux de tabagisme chez les adultes en Angleterre continue de baisser depuis ces dernières années et se rapproche de l’objectif du gouvernement d’une génération sans tabac d’ici 2030.

Mots clés : Angleterre, Tabagisme, Coût social, ASH

©Génération Sans Tabac


[1] Action for Smoking and Health, Over 1.5 million people need social care because of smoking, 23 mars 2021, consulté le 24 mars 2021

Comité National Contre le Tabagisme |

Publié le 24 mars 2021