Une mobilisation internationale appelle à l’interdiction des filtres de cigarettes en plastique

16 mai 2025

Par: Comité national contre le tabagisme

Dernière mise à jour : 13 mai 2025

Temps de lecture : 4 minutes

Une mobilisation internationale appelle à l’interdiction des filtres de cigarettes en plastique

Lancée le 13 mai 2025, la campagne mondiale « No Plastic Filter » fédère une large coalition d’acteurs scientifiques, institutionnels, associatifs et citoyens pour exiger l’interdiction des filtres de cigarettes en plastique, identifiés comme l’une des sources les plus massives, toxiques et persistantes de pollution environnementale. Cette initiative s’inscrit dans le contexte des négociations internationales sur le Traité mondial sur les plastiques, de l’évaluation de la directive européenne sur les plastiques à usage unique (SUP) et de plusieurs réformes législatives en cours au niveau national.

Un appel coordonné contre une pollution évitable et omniprésente

Les filtres de cigarettes sont composés d’acétate de cellulose, une matière plastique non biodégradable. Une fois jetés dans l’environnement, ces filtres se fragmentent en microplastiques, libérant des milliers de substances chimiques toxiques, parmi lesquelles figurent des métaux lourds, des pesticides et de l’arsenic. Leur présence est systématique : des plages aux aires de jeux, des hôpitaux aux cours d’eau, ils constituent aujourd’hui la forme de pollution plastique la plus répandue à l’échelle mondiale.

L’ampleur du phénomène est telle qu’il est estimé que plus de 100 000 filtres sont jetés chaque seconde dans le monde. Leur dissémination n’est pas un hasard : elle résulte directement du design du produit, conçu pour être jeté. La stratégie de responsabilisation individuelle promue par l’industrie du tabac, notamment à travers le financement de dispositifs de nettoyage ou de recyclage, ne peut être considérée comme une solution durable face à cette pollution structurelle.

Un artefact marketing aux conséquences sanitaires

Contrairement aux idées reçues, les filtres de cigarettes ne réduisent pas les risques liés au tabagisme. Ils peuvent au contraire contribuer à les aggraver, en favorisant des inhalations plus profondes, sans pour autant filtrer efficacement les substances toxiques. Cette réalité est aujourd’hui bien documentée. Depuis leur introduction et diffusion à partir des années 1950, les filtres ont avant tout constitué une réponse marketing des fabricants destinée à rassurer les fumeurs et à en recruter de nouveaux fumeurs, en particulier les femmes et les jeunes.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) qualifie désormais ces filtres de « plastique problématique et évitable » et appelle les gouvernements à adopter des mesures d’interdiction.

Une campagne mondiale structurée pour porter la demande d’interdiction

La campagne « No Plastic Filter » s’articule autour de plusieurs temps forts, avec pour objectif de fédérer les soutiens et de créer une dynamique politique propice à l’adoption de mesures législatives. Elle mobilise les citoyennes et citoyens du monde entier, les organisations de la société civile et les responsables publics autour d’un appel commun, relayé sur le site officiel de la campagne. Elle encourage également l’organisation d’une journée mondiale de sensibilisation, prévue le 5 juillet 2025, visant à illustrer l’ampleur du problème par des actions de ramassage coordonnées à l’échelle internationale. Un programme de suivi environnemental sera également mis en place à l’automne pour documenter la présence des filtres dans différents pays européens et appuyer les recommandations politiques par des données empiriques solides.

En parallèle de la mobilisation citoyenne, la campagne entend fournir aux décideurs publics des arguments scientifiques et opérationnels pour accélérer l’adoption de lois nationales et internationales interdisant la fabrication et la mise sur le marché des filtres plastiques.

L’engagement du CNCT pour une interdiction des filtres

Le Comité national contre le tabagisme (CNCT) soutient depuis plusieurs années l’interdiction des filtres à cigarettes, qu’il considère à la fois comme une source majeure de pollution et comme un leurre sanitaire[1]. En France, le CNCT plaide en faveur de leur retrait dans le cadre d’une approche globale de la lutte contre les déchets du tabac, conjuguant objectifs de santé publique et protection de l’environnement.

Dans le cadre des négociations du futur Traité mondial sur les plastiques, le CNCT, membre de la Stop Tobacco Pollution Alliance (STPA), défend activement l’intégration des filtres dans la liste des produits plastiques à usage unique devant être interdits à l’échelle mondiale. Il rappelle que seule une réglementation ambitieuse, fondée sur les données scientifiques disponibles, permettra de rompre avec l’impunité environnementale dont bénéficie encore l’industrie du tabac.

©Génération Sans Tabac

AE


[1] Communiqué, INC5.2 – Une opportunité d’avoir un traité plastique audacieux, aligné sur les objectifs de santé et incluant la pollution des produits du tabac, CNCT, publié le 2 décembre 2024, consulté le 13 mai 2025

Comité national contre le tabagisme |

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