Le Myanmar interdit les cigarettes électroniques et le tabac chauffé

27 février 2026

Par: Comité national contre le tabagisme

Dernière mise à jour : 27 février 2026

Temps de lecture : 5 minutes

Le Myanmar interdit les cigarettes électroniques et le tabac chauffé

Les autorités du Myanmar (ex-Birmanie) ont instauré une interdiction des cigarettes électroniques, du tabac chauffé et des e-chichas. La mesure a été annoncée le 18 février 2026 par le ministère de la Santé, après approbation du gouvernement[1].

Le Myanmar rejoint les pays asiatiques qui interdisent le tabac chauffé et les produits du vapotage

Le ministère de la Santé a publié l'arrêté n°8/2026 du 18 février 2026, interdisant le tabac chauffé, les cigarettes électroniques et leurs accessoires, ainsi que les chichas électroniques dans le cadre de la loi relative aux biens et services essentiels. L'importation, l'exportation, le commerce, la détention, le stockage, le transport, la distribution, l'utilisation et la consommation de ces produits sont interdits[2]. Jusqu’à maintenant, ces « nouveaux » produits n’étaient peu voire pas encadrés.

Les autorités estiment que l’usage de ces produits s’est développé ces dernières années, au Myanmar comme dans d’autres pays. Bien qu'il n'existe pas de données précises sur l'utilisation et l'importation de produits de vapotage au Myanmar, ceux-ci sont disponibles à l'achat à Nay Pyi Taw, Yangon et Mandalay, ainsi que dans d'autres régions, États, villes et villages et les cigarettes électroniques sont notamment accessibles en ligne.

Selon les autorités, cette interdiction s’inscrit dans un contexte de préoccupations croissantes concernant les effets de ces produits sur la santé publique, notamment chez les jeunes. Le tabac chauffé est un produit du tabac et tant que tel particulièrement toxique. L'aérosol utilisé dans les cigarettes électroniques pour sa part n’est pas non plus anodin. Les risques pour les poumons ont été démontrés et la dépendance à la nicotine est particulièrement puissante. Les produits sont déclinés en une variété de couleurs, d'odeurs et de saveurs pour séduire les utilisateurs, tout particulièrement les adolescents et enfants. Les dispositifs de vapotage sont également produits et vendus dans des designs et des couleurs attrayants et innovants, donnant l'impression que le vapotage est tendance.

L’interdiction vise ainsi à protéger la santé publique, en particulier celle des jeunes. La surveillance et les inspections sont renforcées et toute personne qui enfreint l'interdiction d'importer, d'exporter, de vendre, de stocker, de distribuer ou d'utiliser des cigarettes électroniques s'expose à des poursuites judiciaires[4].

L’Asie du Sud-Est à la pointe de la lutte contre le tabagisme classique et les nouveaux produits

En Asie du Sud-Est, de nombreux pays ont totalement interdit les cigarettes électroniques et/ou les produits du tabac chauffé, notamment la Thaïlande, Singapour, le Laos, le Brunei, le Cambodge, la Malaisie, et le Vietnam, avec des experts de santé publique appelant l’Indonésie et les Philippines à en faire de même.

Par ailleurs, l'Asie du Sud-Est est à la pointe des efforts mondiaux de réduction du tabagisme classique. En 2010, l'OMS s'est fixée pour objectif de réduire la consommation de tabac dans chaque région du monde de 30 % en 15 ans : on estime que la consommation de tabac a diminué de 40 % en Asie du Sud-Est depuis[5].

La région, qui abrite environ un quart de la population mondiale, a connu autrefois des taux de tabagisme extrêmement élevés : au début des années 2000, 70 % des hommes d'Asie du Sud-Est de 15 ans et plus consommaient du tabac, mais depuis, les dernières données de l'OMS montrent une baisse globale de la consommation de tabac. Aujourd'hui, ce chiffre est presque deux fois moins élevé, principalement en raison de l'arrêt du tabac chez les hommes.

D'ici 2030, il est même estimé que la prévalence tabagique devrait tomber sous la barre des 20 % en Asie du Sud-Est.

Ce progrès a été rendu possible grâce aux stratégies de réduction de la consommation déployées avec l’application des différentes mesures du traité de l’OMS, la Convention-cadre pour la lutte antitabac (CCLAT) : fiscalité, développement des lieux sans tabac, interdiction de la publicité, réglementation des produits, etc.

Il reste que l’un des obstacles majeurs à la réduction de la consommation de tabac est l’influence de l’industrie qui pèse sur les politiques publiques. Celle-ci est démontrée comme particulièrement puissante en Asie du Sud-Est et les acteurs de santé publique appellent tout particulièrement à protéger les politiques publiques de cette interférence.

©Génération Sans Tabac

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[1]Myanmar imposes nationwide ban on e-cigarettes, VietnamPlus, publié le 21 février 2026, consulté le 23 février 2026

[2]Vape နှင့် လမ်းခွဲ, Myanmar National Portal, publié le 23 février 2026, consulté le même jour

[3]E-cigarette vaping in Myanmar, Global State of Tobacco Harm Reduction, mis à jour le 2 septembre 2022, consulté le 23 février 2026

[4]Myanmar cracks down on vaping, Global New Light of Myanmar, publié le 22 février 2026, consulté le 23 février 2026

[5]An Bình, Thêm một quốc gia Đông Nam Á cấm thuốc lá điện tử, Báo Điện tử Chính phủ, publié le 21 février 2026, consulté le 23 février 2026

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