Belgique : près d’un commerçant sur deux vend du tabac et des produits du vapotage aux mineurs

11 avril 2026

Par: Comité national contre le tabagisme

Dernière mise à jour : 10 avril 2026

Temps de lecture : 5 minutes

Belgique : près d’un commerçant sur deux vend du tabac et des produits du vapotage aux mineurs

En Belgique, une enquête récente conduite par le SPF Santé publique met en évidence un non-respect massif de l’interdiction de vente de produits du tabac et du vapotage aux mineurs. Fondée sur des contrôles en conditions réelles via des « clients mystères », l’étude révèle que 54 % des commerçants acceptent de vendre ces produits à des mineurs, soit un niveau sans commune mesure avec les 3 à 4 % d’infractions détectées lors des simples contrôles administratifs classiques. Les résultats, issus de 902 inspections réalisées en 2025, mettent également en lumière de fortes disparités territoriales[1]-[2].

Plus de la moitié des commerçant en infraction en Belgique

L’enquête récente menée en Belgique par le SPF Santé publique, sur la base de contrôles réalisés à l’aide de « clients mystères », met en évidence un niveau particulièrement élevé de non-respect de l’interdiction de vente de produits du tabac et du vapotage aux mineurs.

Ces opérations ont été conduites en 2024 dans 902 points de vente répartis sur l’ensemble du territoire belge.

Selon les données communiquées par le ministre de la Santé Frank Vandenbroucke à la demande de la députée Els Van Hoof, 54 % des commerçants acceptent de vendre ces produits à des mineurs dans des conditions réelles d’achat, contre seulement 3 à 4 % d’infractions détectées lors des simples contrôles administratifs classiques, limités par exemple au contrôle de la signalétique ou à la vérification de la formation des vendeurs.

Elles mettent également en évidence de fortes disparités régionales : la Wallonie apparaît comme la région la plus concernée par les infractions, avec 75 % des commerces contrôlés ayant vendu du tabac ou des produits de vapotage à des mineurs, contre 57 % dans la région de Bruxelles-Capitale et 48 % en Flandre.

Au-delà de ces écarts territoriaux, les résultats soulignent un problème structurel d’application de la réglementation. Dans la majorité des cas, les ventes sont réalisées sans vérification de l’âge, en contradiction avec une législation pourtant renforcée en 2019 par le relèvement de l’âge légal de 16 à 18 ans. L’écart particulièrement marqué entre les résultats des contrôles traditionnels et ceux issus des « clients mystères » met en évidence les limites des dispositifs actuels de surveillance, ces derniers ne permettant pas de refléter fidèlement les pratiques réelles de vente.

Ces constats s’inscrivent dans un phénomène plus large de non-respect des interdictions de vente aux mineurs. Des contrôles similaires menés en 2025 sur la vente d’alcool, dans 1 065 établissements, ont révélé des infractions dans 76 % des cas. Ce parallèle met en évidence des défaillances transversales dans l’application des réglementations destinées à protéger les mineurs, soulignant la nécessité de renforcer les dispositifs de contrôle et leur caractère dissuasif.

En France, un phénomène également documenté

La situation observée en Belgique trouve un écho direct en France, où le non-respect de l’interdiction de vente de produits du tabac aux mineurs est également largement établi. Une enquête récente menée pour le Comité national contre le tabagisme (CNCT)[3], reposant sur une méthodologie de type « client mystère », met en évidence des niveaux préoccupants d’infraction dans les points de vente.

Réalisée par l’institut Audirep, cette étude s’appuie sur 1 000 visites effectuées en binôme, un mineur accompagné d’un adulte, dans des bureaux de tabac et des enseignes de vapotage répartis sur l’ensemble du territoire. Les résultats indiquent que 31 % des buralistes acceptent de vendre des produits du tabac à des mineurs, tandis que 32 % vendent des produits du vapotage, le plus souvent sans procéder à une vérification d’identité. Dans les boutiques spécialisées, la situation est très similaire avec 34% d’acceptation de vente à un mineur et une absence de contrôle de l’âge dans 77 % des établissements contrôlés.

Ces données mettent en évidence un niveau significatif de non-conformité à la réglementation, pourtant en vigueur depuis plusieurs décennies - l’interdiction de vente de tabac aux mineurs ayant été instaurée en 2003 puis étendue aux moins de 18 ans en 2009, et celle concernant les produits du vapotage en 2015. Elles révèlent également des disparités territoriales, avec des taux d’infraction plus élevés dans les grandes agglomérations et dans certaines régions, notamment en Île-de-France et dans le Grand Est.

Au-delà du constat, ces résultats confirment que le non-respect de l’interdiction de vente aux mineurs constitue un phénomène structurel, observé dans plusieurs pays en raison de contrôles insuffisants et aussi d’infractions non dissuasives en cas de poursuites.

Pourtant de nombreux pays dans le monde appliquent cette mesure avec des taux d’effectivité particulièrement élevés contribuant à restreindre l’accès aux produits du tabac et du vapotage aux mineurs et ce faisant à la baisse de la prévalence de l’utilisation de ces produits[4].

©Génération Sans Tabac

AE


[1] Cigarettes and vapes are sold to minors by 50% of retailers despite ban, The Brussels Times, publié le 9 avril 2026, consulté le jour-même

[2] A Bruxelles, plus d'un commerçant sur deux vend du tabac à des mineurs, Bruxelles Today, publié le 9 avril 2026, consulté le jour-même

[3] Communiqué, Un buraliste sur trois accepte encore de vendre aux mineurs sans aucun contrôle d’identité, CNCT, publié le 12 novembre 2025, consulté le 10 avril 2026

[4] Pour qu’acheter du tabac ne soit plus un jeu d’enfant ! Xavier Elharrar, Emmanuelle Béguinot, Karine Gallopel-Morvan, Christian Ben Lakhdar, Yves Martinet, La Revue du Praticien 17 Février 2020 - 70(2);191

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