Royaume-Uni : vers une possible interdiction des filtres de cigarettes
23 février 2026
Par: Comité national contre le tabagisme
Dernière mise à jour : 19 février 2026
Temps de lecture : 5 minutes
Le gouvernement britannique envisage de franchir une nouvelle étape dans la lutte contre le tabagisme en ouvrant la voie à une interdiction des filtres de cigarettes, dans le cadre de son projet de loi sur le tabac et les produits du vapotage. Présentée comme une mesure de santé publique et environnementale majeure, cette orientation s’inscrit dans une stratégie globale visant à réduire l’attractivité des produits du tabac, à corriger la perception erronée d’un risque réduit associé aux filtres et à limiter la pollution massive liée aux mégots. Les organisations de santé publique saluent une initiative susceptible de constituer une première mondiale si elle était adoptée[1].
Une mesure envisagée dans le cadre d’une stratégie globale de lutte contre le tabagisme
Le Royaume-Uni pourrait devenir le premier pays au monde à interdire les filtres de cigarettes, à la suite du dépôt par le gouvernement d’un amendement dans le cadre du projet de loi relatif au tabac et aux produits de vapotage, actuellement examiné au Parlement. Cette initiative s’inscrit dans une dynamique parlementaire déjà engagée, après des amendements déposés par des membres du groupe parlementaire multipartite sur le tabagisme et la santé, appelant les autorités à agir contre la présentation trompeuse des filtres comme un dispositif de réduction des risques., Ces propositions ont été portées par le député Jim Dickson à la Chambre des communes et par la baronne Natalie Bennett à la Chambre des Lords[2].
L’amendement gouvernemental vise à introduire dans le projet de loi des pouvoirs réglementaires étendus permettant d’encadrer les filtres et, le cas échéant, d’aller plus loin. Il ouvrirait la possibilité de mesures portant sur la publicité, le conditionnement et la manière dont ces produits sont présentés, notamment dans les commerces. Il permettrait également, en fonction des éléments de preuve et des travaux complémentaires annoncés par les autorités, d’envisager une interdiction de la fabrication, de la vente ou de la détention en vue de la fourniture de filtres de cigarettes. Le ministère britannique de la Santé et des Affaires sociales indique avoir pris en compte les préoccupations exprimées par la Chambre des Lords concernant les effets potentiellement nocifs des filtres, tout en précisant que les décisions ultérieures seraient fondées sur des recherches et une évaluation des données disponibles.
Cette orientation s’inscrit dans le cadre du projet de loi relatif au tabac et aux produits de vapotage, déjà présenté au Royaume-Uni comme un texte majeur. En effet, il devrait permettre de prévenir l’entrée des nouvelles générations dans le tabagisme. La suppression des filtres est, dans cette perspective, abordée à la fois comme un enjeu de santé publique, en raison de la perception erronée de moindre danger qu’ils contribuent à entretenir, et comme un enjeu environnemental, compte tenu de leur composition plastique et de leur contribution majeure à la pollution par les mégots. La dynamique observée au Parlement britannique témoigne ainsi d’un élargissement des réponses politiques au tabagisme, intégrant plus directement la question des dommages environnementaux.
Une revendication portée au niveau international, européen et français
La question de l’interdiction des filtres de cigarettes émerge désormais de manière croissante dans les débats internationaux, portée par la société civile et les acteurs de santé publique. En France, le Comité national contre le tabagisme (CNCT), membre de la coalition Stop Tobacco Pollution Alliance (STPA) défend activement cette mesure dans plusieurs cadres stratégiques, notamment dans les négociations du traité mondial sur la pollution plastique, lors des Conférences des Parties à la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac (CCLAT), ainsi que dans les processus de révision des directives européennes relatives au tabac et aux plastiques à usage unique.
L’interdiction des filtres apparaît comme une mesure structurelle permettant d’agir simultanément sur la réduction de l’attractivité des produits du tabac, la protection de la santé publique et la prévention de la pollution environnementale. L’initiative britannique illustre ainsi une dynamique internationale croissante, dans laquelle les organisations de santé publique appellent à dépasser les approches de gestion des déchets pour s’orienter vers des mesures de prévention à la source.
AE
[1] Communiqué de presse, UK Government Takes World-Leading Steps to Enable a Ban on So-Called Cigarette ‘Filters’ to End the Harm from Smoking, ASH UK, publié le 18 février 2026, consulté le jour-même
[2] Government proposes ban on smoking 'accessory' as part of landmark bill, Manchester Evening News, publié le 18 février 2026, consulté le jour-même
Comité national contre le tabagisme |