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Les progrès mondiaux dans la lutte antitabac menacés par les nouveaux produits de la nicotine

Un nouveau rapport publié par l’Organisation mondiale de la santé (OMS)[1] constate que les pays ont fait des progrès significatifs dans la lutte contre l’épidémie de tabagisme. Cependant, ces progrès sont menacés par l’ingérence continue de l’industrie du tabac et ses efforts pour introduire de nouveaux produits à base de nicotine, produits que de nombreux pays ne parviennent pas à réglementer efficacement.

Parallèlement, ce rapport note que les principaux fabricants de tabac, comme Philip Morris International et British American Tobacco, ont exploité la pandémie mondiale du covid pour commercialiser agressivement des produits du tabac et de la nicotine auprès des jeunes du monde entier.

De plus en plus de pays adoptent des mesures efficaces de lutte antitabac

Dans le monde, 5,3 milliards de personnes sont désormais protégés par au moins une mesure de lutte antitabac recommandée par l’OMS (MPOWER), soit 5 fois plus par rapport à 2007. Près de 100 pays, soit la moitié de la population mondiale, sont couverts par au moins deux de ces mesures.

Ces six mesures de la Convention Cadre de l’OMS pour la Lutte Anti-Tabac (CCLAT) reprise dans MPOWER visent par des interventions efficaces à réduire la consommation de tabac en : monitorant la consommation de tabac, protégeant la population contre la fumée passive du tabac, offrant une aide à ceux qui veulent arrêter de fumer, mettant en garde contre les dangers du tabagisme, en faisant respecter l’interdiction de toute publicité, parrainage et promotion du tabac, et en augmentant les taxes sur les produits du tabac.

En 2020, 49 pays n’avaient encore pas adopté une seule mesure MPOWER, laissant 2,4 milliards de personnes directement vulnérables aux tactiques et marketing de l’industrie du tabac.

L’adoption des différentes mesures se fait à des rythmes différents selon les pays. L’OMS insiste sur l’importance de l’interdiction de toutes publicité, parrainage et promotion du tabac, de l’offre d’une aide à l’arrêt et de l’augmentation régulière et significative des taxes sur le tabac. Un récent rapport de l’Alliance pour la lutte contre le tabagisme en Asie du Sud-Est (SEATCA) a démontré que des politiques fiscales efficaces sur le tabac dans 5 pays en Asie auraient pu sauver 1,3 millions de vies[2].

Des progrès menacés par la commercialisation des nouveaux produits de la nicotine

Alors que les ventes de cigarettes manufacturées continuent de chuter, les compagnies de tabac commercialisent de manière agressive de nouveaux produits – cigarettes électroniques, tabac grillé/chauffé et pochettes de nicotine – en faisant pression sur les gouvernements pour limiter leur réglementation.

L’industrie du tabac justifie la vente de ces nouveaux produits comme des « alternatives plus sûres » au tabac fumé, voire comme des aides à l’arrêt (ce qui n’est pas démontré) avec comme seul objectif la poursuite de ses profits en recrutant de nouveaux consommateurs en rendant les jeunes addicts à la nicotine. A ce titre, l’OMS dénonce le marketing de ces compagnies de tabac ciblé vers les jeunes en ayant recours en particulier à une grande variété d’arômes : environ 16 000 saveurs sont proposées sur les différents marchés des cigarettes électroniques. Des études étatsuniennes confirment que les arômes jouent un rôle majeur dans l’initiation puis l’usage régulier des cigarettes électroniques par les adolescents. L’OMS rappelle que la consommation de nicotine par les enfants et les adolescents augmente leur risque de consommer ultérieurement des produits du tabac.

De nouveaux produits qui doivent être inclus dans une approche globale de la lutte antitabac

L’OMS rappelle le pouvoir addictif majeur de la nicotine, en particulier chez les enfants et adolescents, ce qui justifie de protéger les jeunes contre la consommation des cigarettes électroniques de la même façon que contre celle des produits du tabac. D’ailleurs, les industriels utilisent les mêmes stratégies pour cibler les jeunes qu’il s’agisse des cigarettes électroniques ou des produits du tabac. Les restrictions concernant l’ensemble de ces produits qui contiennent de la nicotine doivent être identiques.

La « dénormalisation » du tabagisme mise en place ces dernières années commence à porter ses fruits rendant ainsi la consommation de tabac moins banale et acceptable. En réaction, la promotion de ces nouveaux produits vise à renormaliser la consommation de nicotine par et chez jeunes et dans les lieux où il est interdit de fumer[3].

Mots clés : OMS, Lutte antitabac, ingérence industrie du tabac, nouveaux produits, vapotage, jeunes, marketing

©Génération Sans Tabac

A.E


[1] WHO report on the global tobacco epidemic 2021: addressing new and emerging products. Geneva: World Health Organization; 2021. Licence: CC BY-NC-SA 3.0 IGO.

[2] Génération Sans Tabac, Asie du Sud-Est : des politiques fiscales efficaces sur le tabac auraient pu sauver 1,3 millions de vies, 26 juillet 2021, consulté le 28 juillet 2021

[3] Génération Sans Tabac, Les stratégies marketing de R. J. Reynolds pour promouvoir le snus aux États-Unis, 17 février 2021, consulté le 28 juillet 2021

Comité National Contre le Tabagisme |

Publié le 29 juillet 2021