{"id":25414,"date":"2025-11-13T07:00:27","date_gmt":"2025-11-13T06:00:27","guid":{"rendered":"https:\/\/www.generationsanstabac.org\/?post_type=actualites&#038;p=25414"},"modified":"2025-11-13T12:16:11","modified_gmt":"2025-11-13T11:16:11","slug":"lingerence-de-lindustrie-du-tabac-sintensifie-dans-le-monde","status":"publish","type":"actualites","link":"https:\/\/www.generationsanstabac.org\/fr\/actualites\/lingerence-de-lindustrie-du-tabac-sintensifie-dans-le-monde\/","title":{"rendered":"L\u2019ing\u00e9rence de l\u2019industrie du tabac s\u2019intensifie dans le monde"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify\"><em>Le Global Tobacco Industry Interference Index 2025<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\"><strong>[1]<\/strong><\/a>, publi\u00e9 par le Global Center for Good Governance in Tobacco Control (GGTC)<\/em><em>, dresse un constat pr\u00e9occupant : dans pr\u00e8s de la moiti\u00e9 des 100 pays \u00e9valu\u00e9s, l\u2019ing\u00e9rence de l\u2019industrie du tabac dans les politiques publiques de sant\u00e9 s\u2019est aggrav\u00e9e. Malgr\u00e9 les obligations inscrites \u00e0 l\u2019article 5.3 de la Convention-cadre de l\u2019OMS pour la lutte antitabac (CCLAT), de nombreux gouvernements continuent de c\u00e9der \u00e0 la pression des fabricants, retardant ou affaiblissant les mesures de sant\u00e9 publique. La France, du fait de l\u2019interf\u00e9rence massive des buralistes dans les politiques publiques recule dans les classements mais demeure encore parmi les bons \u00e9l\u00e8ves. Le contexte mondial est marqu\u00e9 cependant par des reculs significatifs, o\u00f9 les partenariats de responsabilit\u00e9 sociale d\u2019entreprise (RSE) compromettent la protection des politiques de sant\u00e9.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019Indice mondial d\u2019interf\u00e9rence de l\u2019industrie du tabac est une \u00e9valuation men\u00e9e tous les deux ans par la soci\u00e9t\u00e9 civile. La derni\u00e8re \u00e9dition a concern\u00e9 100 pays pour lesquels l\u2019analyse a couvert la p\u00e9riode entre avril 2023 et mars 2025. Cet indice mesure la mani\u00e8re dont les gouvernements appliquent les directives de l\u2019article 5.3 de la CCLAT, cet article constituant une obligation g\u00e9n\u00e9rale pour les Parties \u00e0 prot\u00e9ger leurs politiques publiques de sant\u00e9 des int\u00e9r\u00eats commerciaux de l\u2019industrie du tabac. Les donn\u00e9es sont issues de sources publiques puis v\u00e9rifi\u00e9es et r\u00e9vis\u00e9es. Un score plus faible indique une meilleure r\u00e9sistance \u00e0 l\u2019ing\u00e9rence. L\u2019\u00e9dition 2025 montre que 46 pays ont vu leur situation se d\u00e9t\u00e9riorer, 34 ont progress\u00e9, et seulement 18 ont adopt\u00e9 de nouvelles mesures ou renforc\u00e9 la mise en \u0153uvre de l\u2019article 5.3 dans l\u2019ensemble de leurs administrations. Le Comit\u00e9 national contre le tabagisme (CNCT) a r\u00e9alis\u00e9 l\u2019\u00e9tude pour la France.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">La France se classe 13\u1d49 sur les 100 pays \u00e9valu\u00e9s par l\u2019Index 2025, figurant ainsi parmi les nations les plus r\u00e9sistantes \u00e0 l\u2019ing\u00e9rence de l\u2019industrie du tabac. En t\u00eate du classement mondial, on retrouve des pays comme le Brunei Darussalam, Palaos, le Botswana, la Finlande, les Pays-Bas et l\u2019\u00c9thiopie, qui se distinguent par une application stricte des dispositions associ\u00e9es \u00e0 l\u2019article 5.3 de la Convention-cadre de l\u2019OMS. \u00c0 l\u2019inverse, les pays les plus expos\u00e9s \u00e0 l\u2019influence de l\u2019industrie sont la R\u00e9publique dominicaine, la Suisse, les \u00c9tats-Unis, la G\u00e9orgie et le Japon, o\u00f9 les cigarettiers b\u00e9n\u00e9ficient encore d\u2019un acc\u00e8s privil\u00e9gi\u00e9 aux d\u00e9cideurs et de r\u00e9glementations plus permissives.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\"><strong>Une ing\u00e9rence persistante dans les d\u00e9cisions publiques<\/strong><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019\u00e9dition 2025 du <em>Global Tobacco Industry Interference Index<\/em> montre que, dans la majorit\u00e9 des pays \u00e9valu\u00e9s, les fabricants de tabac continuent d\u2019interf\u00e9rer activement dans l\u2019\u00e9laboration et la mise en \u0153uvre des politiques de sant\u00e9 publique. En exploitant les failles de gouvernance, l\u2019absence de transparence et le manque de coordination interminist\u00e9rielle, l\u2019industrie parvient encore \u00e0 influencer des l\u00e9gislations cl\u00e9s, \u00e0 retarder les r\u00e9formes fiscales et \u00e0 affaiblir les mesures de pr\u00e9vention.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Dans plusieurs \u00c9tats, les parlementaires, ministres et hauts fonctionnaires ont ouvertement soutenu les int\u00e9r\u00eats de l\u2019industrie. En Malaisie, le Parlement a adopt\u00e9 en 2023 une loi sur les produits du tabac sans la clause du \u00ab g\u00e9n\u00e9ration sans tabac \u00bb initialement pr\u00e9vue, apr\u00e8s un intense lobbying des fabricants de tabac et de vapotage. Au Guatemala, des repr\u00e9sentants ont rencontr\u00e9 les industriels pour co-r\u00e9diger un texte de loi limitant les interdictions de vente de produits nicotiniques. En Slov\u00e9nie, des d\u00e9put\u00e9s ont copi\u00e9 des arguments fournis par les lobbys du tabac pour justifier le report de l\u2019entr\u00e9e en vigueur du paquet neutre, tandis qu\u2019en Suisse, plusieurs \u00e9lus ont remis leurs badges parlementaires \u00e0 des repr\u00e9sentants de l\u2019industrie, leur permettant d\u2019acc\u00e9der directement aux espaces r\u00e9serv\u00e9s du Parlement f\u00e9d\u00e9ral.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Les pressions de l\u2019industrie ont \u00e9galement permis de retarder ou d\u2019affaiblir la fiscalit\u00e9 sur le tabac. En Pologne, l\u2019administration fiscale a mis en place un programme de \u00ab coop\u00e9ration \u00bb avec les entreprises, incluant les cigarettiers, aboutissant \u00e0 des conditions plus favorables pour le secteur. En G\u00e9orgie, le Parlement a r\u00e9duit de 50 % la taxe sur le tabac \u00e0 chiquer, le snus et le tabac \u00e0 chicha sous influence directe des fabricants. \u00c0 l\u2019inverse, quelques gouvernements ont r\u00e9sist\u00e9 : le Chili et la Turquie ont relev\u00e9 les taxes sur le tabac malgr\u00e9 d\u2019importantes pressions, et ont fait de la fiscalit\u00e9 un levier central de leur politique de sant\u00e9 publique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019ing\u00e9rence s\u2019exerce aussi par la voie judiciaire. Au Mexique et au Panama, les cigarettiers ont saisi les tribunaux pour tenter d\u2019annuler les interdictions de cigarettes \u00e9lectroniques et de produits du tabac chauff\u00e9, illustrant la strat\u00e9gie mondiale d\u2019\u00ab harm reduction \u00bb utilis\u00e9e pour retarder les r\u00e9glementations. En Belgique, les fabricants ont multipli\u00e9 les recours contre les arr\u00eat\u00e9s royaux interdisant les ar\u00f4mes ou interdisant les sachets de nicotine.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00c0 l\u2019inverse, certains \u00c9tats font figure d\u2019exemples en mati\u00e8re de gouvernance. Le Brunei Darussalam, la Finlande, les Pays-Bas et le Botswana occupent les premi\u00e8res places du classement, gr\u00e2ce \u00e0 une application stricte des dispositions de l\u2019article 5.3 de la Convention-cadre de l\u2019OMS. A titre d\u2019illustrations, ces pays se sont particuli\u00e8rement engag\u00e9s \u00e0 des interactions strictement limit\u00e9es \u00e0 ce qui est essentiel (r\u00e9glementation des produits et de l\u2019industrie) et lorsqu\u2019elles ont lieuintervenant dans la transparence avec le d\u00e9tail des sujets abord\u00e9s, les circonstances de la rencontre, les participants\u00a0; \u00a0interdiction des dons en particulier aux acteurs publics et refus syst\u00e9matique de toute collaboration avec les fabricants. Ces pays d\u00e9montrent par l\u2019\u00e9volution favorable de leur politique de sant\u00e9 publique qu\u2019une application effective de cette obligation g\u00e9n\u00e9rale est cruciale.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Les contrastes entre pays illustrent en revanche une fracture croissante entre les pays qui r\u00e9sistent ou pas aux pressions exerc\u00e9es par les fabricants de tabac et leurs alli\u00e9s. \u00a0Cet indice de l\u2019interf\u00e9rence de l\u2019industrie du tabac met \u00e9galement en exergue que des pays qui pouvaient avoir effectu\u00e9 de gros progr\u00e8s dans ce domaine de la protection des politiques publiques \u00e0 l\u2019\u00e9gard du lobby du secteur tabac ne sont pas exempts de fort reculs ainsi qu\u2019en atteste la situation actuelle de la Nouvelle Z\u00e9lande.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\"><strong>La RSE et le greenwashing, vecteurs majeurs d\u2019influence<\/strong><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">Dans le prolongement de la pr\u00e9c\u00e9dente \u00e9dition publi\u00e9e \u00e0 la suite de la crise sanitaire du Covid 19, l\u2019Indice 2025 met en lumi\u00e8re une tendance inqui\u00e9tante : alors que les l\u00e9gislations nationales deviennent plus restrictives envers les fabricants de tabac, ces derniers multiplient les strat\u00e9gies de contournement sous couvert d\u2019actions de \u00ab responsabilit\u00e9 sociale d\u2019entreprise \u00bb (RSE) ou de \u00ab durabilit\u00e9 environnementale \u00bb. Ces initiatives, qui devraient \u00eatre interdites conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019article 13 et aux directives d\u2019application de l\u2019article 5.3 de la Convention-cadre de l\u2019OMS, sont utilis\u00e9es en vue de \u00a0restaurer l\u2019image de l\u2019industrie tout en maintenant son acc\u00e8s privil\u00e9gi\u00e9 aux d\u00e9cideurs publics.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Derri\u00e8re des programmes pr\u00e9sent\u00e9s comme \u00e9cologiques ou philanthropiques, les cigarettiers cherchent \u00e0 normaliser leurs activit\u00e9s et \u00e0 l\u00e9gitimer leur pr\u00e9sence dans l\u2019espace public. Les actions se concentrent sur quatre axes principaux : des activit\u00e9s de nettoyage de m\u00e9gots dans l\u2019espace public, les programmes de reboisement des for\u00eats, le soutien aux agriculteurs et les dons aux communaut\u00e9s locales. Dans tous les cas, elles permettent \u00e0 l\u2019industrie d\u2019obtenir une visibilit\u00e9 politique, voire de nouer des partenariats directs avec les autorit\u00e9s publiques.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">En Europe, plusieurs exemples illustrent la profondeur de cette infiltration. En Belgique, malgr\u00e9 l\u2019existence d\u2019un syst\u00e8me officiel de contribution financi\u00e8re des producteurs au nettoyage des d\u00e9chets de tabac, l\u2019Agence flamande des d\u00e9chets (OVAM) a sign\u00e9 un accord parall\u00e8le avec Philip Morris International et la F\u00e9d\u00e9ration des fabricants de cigarettes pour co-organiser une campagne de sensibilisation contre les d\u00e9chets. Au Danemark, des municipalit\u00e9s ont collabor\u00e9 avec des fabricants via l\u2019ONG <em>Keep Denmark Clean<\/em> pour concevoir des cendriers publics, donnant \u00e0 l\u2019industrie un r\u00f4le dans la gestion locale des d\u00e9chets qu\u2019elle g\u00e9n\u00e8re elle-m\u00eame. En Suisse, le minist\u00e8re f\u00e9d\u00e9ral de l\u2019Environnement a \u00e9t\u00e9 critiqu\u00e9 pour sa participation r\u00e9guli\u00e8re \u00e0 des tables rondes sur la pollution des m\u00e9gots en pr\u00e9sence directe de repr\u00e9sentants de l\u2019industrie, remettant en cause la neutralit\u00e9 de l\u2019\u00c9tat.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">En Am\u00e9rique latine, les initiatives de \u00ab nettoyage \u00bb et de \u00ab reforestation \u00bb servent de vitrines \u00e0 des entreprises accus\u00e9es de pratiques destructrices. Aux Philippines, le gouvernement a accept\u00e9 la donation de laboratoires mobiles de Philip Morris International dans le cadre d\u2019un programme de r\u00e9ponse aux catastrophes naturelles. Toute une op\u00e9ration de communication a \u00e9t\u00e9 associ\u00e9e \u00e0 cette remise en pr\u00e9sence de la Premi\u00e8re dame et de plusieurs ministres. Au Mexique, Philip Morris a parrain\u00e9 en 2024 le <em>World Cleanup Day<\/em> sur l\u2019\u00eele d\u2019Isla Mujeres, \u00e9v\u00e9nement soutenu par les autorit\u00e9s locales. Au Nicaragua et au Br\u00e9sil, les minist\u00e8res de l\u2019Environnement ont soutenu ou cofinanc\u00e9 des programmes de reforestation organis\u00e9s par les filiales locales de Philip Morris et British American Tobacco, permettant \u00e0 ces entreprises de se positionner comme partenaires des politiques nationales de d\u00e9veloppement durable, alors m\u00eame que des ONG environnementales pointaient l\u2019effet contreproductif des initiatives des fabricants.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Sur le continent africain, des exemples similaires montrent que la RSE devient un moyen d\u2019acc\u00e8s privil\u00e9gi\u00e9 aux gouvernements. \u00c0 Madagascar, le minist\u00e8re de l\u2019Environnement a collabor\u00e9 avec Imperial Brands dans un projet de restauration foresti\u00e8re, tandis qu\u2019au Pakistan et au Sri Lanka, les administrations publiques ont particip\u00e9 \u00e0 des programmes de reboisement financ\u00e9s par les fabricants de tabac. En Zambie, un d\u00e9put\u00e9 a publiquement soutenu un programme de plantation d\u2019arbres parrain\u00e9 par Japan Tobacco International (JTI), rebaptis\u00e9 initiative \u00ab \u00e9cologique \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Ces pratiques de <em>greenwashing<\/em> visent \u00e0 d\u00e9tourner l\u2019attention des v\u00e9ritables dommages environnementaux du tabac : la d\u00e9forestation, l\u2019utilisation massive de pesticides dans la culture du tabac, et la pollution li\u00e9e aux filtres, qui repr\u00e9sentent \u00e0 eux seuls environ 4 500 milliards de d\u00e9chets chaque ann\u00e9e. Comme le souligne le rapport, ces programmes ne r\u00e9duisent pas l\u2019impact environnemental du tabac ; ils cherchent au contraire \u00e0 \u00e9viter des mesures structurelles telles que l\u2019interdiction des filtres ou l\u2019exclusion des fabricants du cadre des dispositifs de responsabilit\u00e9 \u00e9largie des producteurs (REP).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Certains gouvernements ont toutefois r\u00e9agi pour contrer ces strat\u00e9gies. En \u00c9thiopie, les autorit\u00e9s r\u00e9gionales ont ordonn\u00e9 la fermeture d\u2019un centre communautaire financ\u00e9 par Japan Tobacco International, rappelant que la l\u00e9gislation nationale interdit toute contribution caritative de la part de l\u2019industrie. En Finlande, la soci\u00e9t\u00e9 civile a obtenu la r\u00e9vision d\u2019un projet initial qui confiait la gestion des d\u00e9chets de m\u00e9gots \u00e0 l\u2019industrie : le Parlement a finalement limit\u00e9 son r\u00f4le au seul financement des co\u00fbts, conform\u00e9ment \u00e0 la logique du pollueur-payeur et aux dispositions du trait\u00e9 de la CCLAT incluant ces dimensions environnementales.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Ces exemples confirment que les initiatives de RSE li\u00e9es au secteur tabac ne rel\u00e8vent pas d\u2019une d\u00e9marche de responsabilit\u00e9, mais constituent une strat\u00e9gie d\u2019influence. En d\u00e9tournant la notion m\u00eame de durabilit\u00e9, l\u2019industrie du tabac cherche \u00e0 redorer son image, \u00e0 retarder les r\u00e9glementations environnementales et \u00e0 s\u2019inviter dans les politiques publiques sous pr\u00e9texte de coop\u00e9ration. Seule une application stricte de l\u2019article 5.3 et l\u2019exclusion syst\u00e9matique des cigarettiers des partenariats publics peuvent mettre fin \u00e0 cette forme de d\u00e9sinformation institutionnelle.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\"><strong>Focus sur la France : progr\u00e8s l\u00e9gislatifs, vigilance n\u00e9cessaire<\/strong><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">La France se classe 13\u1d49 sur les 100 pays \u00e9valu\u00e9s par le <em>Global Tobacco Industry Interference Index 2025<\/em>, mais son classement s\u2019est l\u00e9g\u00e8rement d\u00e9grad\u00e9 par rapport \u00e0 l\u2019\u00e9dition pr\u00e9c\u00e9dente, traduisant une insuffisante mise en \u0153uvre de l\u2019ensemble des dispositions de l\u2019article 5.3 de la Convention-cadre de l\u2019OMS pour la lutte antitabac (CCLAT). Si elle demeure parmi les pays les plus r\u00e9sistants \u00e0 l\u2019ing\u00e9rence de l\u2019industrie du tabac stricto sensu, la France conna\u00eet une \u00e9rosion de sa position, dans un contexte o\u00f9 les fabricants redoublent d\u2019efforts pour s\u2019immiscer dans les politiques publiques, notamment environnementales mais aussi en raison du lobby exerc\u00e9 par les buralistes utilis\u00e9s comme tierces parties par les fabricants pour d\u00e9fendre leurs int\u00e9r\u00eats.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Il reste que la France fait partie des rares pays \u00e0 interdire totalement les dons en particulier aux partis politiques de la part de l\u2019industrie du tabac. Cette mesure, inscrite dans la loi fran\u00e7aise sur la transparence de la vie publique, constitue un rempart important contre l\u2019influence financi\u00e8re des fabricants sur les d\u00e9cideurs politiques. Par ailleurs, le gouvernement a instaur\u00e9 des r\u00e8gles pr\u00e9cises encadrant les interactions entre les repr\u00e9sentants de l\u2019\u00c9tat et les acteurs \u00e9conomiques du secteur, limitant celles-ci au strict n\u00e9cessaire pour la mise en \u0153uvre de la r\u00e9glementation. Les agents publics sont \u00e9galement sensibilis\u00e9s \u00e0 l\u2019application de l\u2019article 5.3, ce qui reste une exception au sein de l\u2019Union europ\u00e9enne.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Le rapport salue \u00e9galement la fermet\u00e9 des autorit\u00e9s fran\u00e7aises face aux campagnes de communication et de responsabilit\u00e9 sociale des entreprises (RSE) men\u00e9es par les cigarettiers. La France a en effet interdit la participation de l\u2019industrie du tabac \u00e0 toute action de m\u00e9c\u00e9nat ou de partenariat public, conform\u00e9ment aux directives internationales. L\u2019Autorit\u00e9 de r\u00e9gulation professionnelle de la publicit\u00e9 (ARPP) et la Mission interminist\u00e9rielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (MILDECA) ont renforc\u00e9 la surveillance des contenus publicitaires et promotionnels li\u00e9s aux produits du tabac et du vapotage, y compris sur les r\u00e9seaux sociaux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Si la France affiche des avanc\u00e9es notables sur le plan de la sant\u00e9 publique, le rapport souligne cependant une vuln\u00e9rabilit\u00e9 croissante dans le champ des politiques environnementales. L\u2019industrie du tabac tente d\u2019y reprendre pied en se pr\u00e9sentant comme un acteur de la \u00ab transition \u00e9cologique \u00bb, notamment via l\u2019\u00e9co-organisme Alcome, agr\u00e9\u00e9 en 2021 pour la gestion des d\u00e9chets de m\u00e9gots dans le cadre de la Responsabilit\u00e9 \u00e9largie des producteurs (REP).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Cette d\u00e9l\u00e9gation de mission publique \u00e0 un organisme financ\u00e9 et pilot\u00e9 par les fabricants de tabac a \u00e9t\u00e9 critiqu\u00e9e par de nombreuses organisations de sant\u00e9 publique, dont le CNCT, \u00a0qui y voient une forme de <em>greenwashing <\/em>Les liens peuvent \u00eatre encore plus \u00e9troits avec les d\u00e9cideurs publics locaux avec lesquels l\u2019\u00e9co-organisme entretient des liens \u00e9troits avec des financements associ\u00e9s. Le rapport du GGTC alerte ainsi sur la n\u00e9cessit\u00e9 pour la France d\u2019\u00e9tendre les exigences de transparence et de pr\u00e9vention de l\u2019ing\u00e9rence \u00e0 l\u2019ensemble des politiques publiques, y compris celles relatives \u00e0 la pollution des m\u00e9gots et \u00e0 la gestion des d\u00e9chets.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Le rapport note \u00e9galement que la France, bien que globalement exemplaire, doit rester vigilante face \u00e0 la mont\u00e9e en puissance des nouveaux produits nicotiniques (sachets oraux, produits chauff\u00e9s, e-cigarettes \u00e0 usage unique), que l\u2019industrie tente de pr\u00e9senter comme des alternatives \u00ab \u00e0 risque r\u00e9duit \u00bb. Les cigarettiers cherchent \u00e0 influencer le d\u00e9bat public sur la r\u00e9glementation de ces produits, en s\u2019appuyant sur des arguments pseudo-scientifiques ou des campagnes de communication visant \u00e0 fragiliser les mesures de pr\u00e9vention.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">La vigilance des pouvoirs publics et des acteurs de sant\u00e9 de la soci\u00e9t\u00e9 civile reste donc essentielle pour \u00e9viter que ces strat\u00e9gies de <em>\u00ab\u00a0r\u00e9duction des risques\u00a0\u00bb<\/em> ne servent de levier d\u2019influence dans les sph\u00e8res politiques et m\u00e9diatiques.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong style=\"text-align: justify\"><a href=\"https:\/\/www.generationsanstabac.org\/\">\u00a9G\u00e9n\u00e9ration Sans Tabac<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: right\"><em><strong>AE<\/strong><\/em><\/p>\n<hr \/>\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> Communiqu\u00e9, <a href=\"https:\/\/exposetobacco.org\/news\/global-tobacco-index-2025\/\">Government Efforts to Protect Policy from Tobacco Industry Interference Deteriorate in 46 Countries<\/a>, publi\u00e9 le 12 novembre 2025, consult\u00e9 le jour-m\u00eame<\/p>\n<p><strong style=\"color: #999999\"><a style=\"color: #999999\" href=\"http:\/\/www.cnct.fr\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Comit\u00e9 national contre le tabagisme |<\/a><\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le Global Tobacco Industry Interference Index 2025, publi\u00e9 par le Global Center for Good Governance in Tobacco Control (GGTC), dresse un constat pr\u00e9occupant : dans pr\u00e8s de la moiti\u00e9 des 100 pays \u00e9valu\u00e9s, l\u2019ing\u00e9rence de l\u2019industrie du tabac dans les politiques publiques de sant\u00e9 s\u2019est aggrav\u00e9e. Malgr\u00e9 les obligations inscrites \u00e0 l\u2019article 5.3 de la Convention-cadre de l\u2019OMS pour la lutte antitabac (CCLAT), de nombreux gouvernements continuent de c\u00e9der \u00e0 la pression des fabricants, retardant ou affaiblissant les mesures de sant\u00e9 publique. La France, du fait de l\u2019interf\u00e9rence massive des buralistes dans les politiques publiques recule dans les classements mais demeure encore parmi les bons \u00e9l\u00e8ves. Le contexte mondial est marqu\u00e9 cependant par des reculs significatifs, o\u00f9 les partenariats de responsabilit\u00e9 sociale d\u2019entreprise (RSE) compromettent la protection des politiques de sant\u00e9.<\/p>\n","protected":false},"featured_media":25417,"template":"","tags":[],"thematique":[499],"class_list":["post-25414","actualites","type-actualites","status-publish","has-post-thumbnail","hentry","thematique-lobby"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.generationsanstabac.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/actualites\/25414","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.generationsanstabac.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/actualites"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.generationsanstabac.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/actualites"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.generationsanstabac.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/actualites\/25414\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":25424,"href":"https:\/\/www.generationsanstabac.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/actualites\/25414\/revisions\/25424"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.generationsanstabac.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/25417"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.generationsanstabac.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=25414"}],"wp:term":[{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.generationsanstabac.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=25414"},{"taxonomy":"thematique","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.generationsanstabac.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/thematique?post=25414"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}